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Très peu connue et par ricochet très peu appliquée sur le continent, l’absence d’une gouvernance d’entreprise fait perdre aux pays africains comme le Cameroun l’attraction des investisseurs et les capitaux pour financer la croissance.
Avec la signature des Accords de partenariats économique (Ape) qui livrent le tissu économique camerounais déjà très fragile à une concurrence féroce des industries de production européenne, il est plus qu’urgent pour le gouvernement et le patronat de se lancer dans la gouvernance d’entreprise. Un atout pour combler le gap que le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMNE) et la Bourse de sous-traitance et de partenariat (BSPT) ne sont pas parvenu à combler afin de permettre aux entreprises camerounaises de pouvoir répondre aux normes du marché international. En Afrique de l’Ouest, les décideurs ont compris l’intérêt de lancer un Programme de gouvernance d’entreprise dans l’optique de promouvoir les bonnes pratiques et renforcer les capacités des acteurs clés du marché. Ce d’autant plus qu’une bonne gouvernance d’entreprise rend les entreprises plus performantes, plus efficaces et plus responsables. Il ne fait aucun doute qu’en mettant en place de bonnes structures et de bonnes pratiques de gouvernance, les entreprises réduisent leur risques, se protègent contre la mauvaise gestion et sont en mesure d’attirer des investisseurs étrangers et implicitement des financements pour booster l’économie nationale.
Curieusement la gouvernance d’entreprise est peu connue, peu appliquées et les règlementations en la matière sont encore très basiques en Afrique subsaharienne. Le constat est cinglant, très peu d’entreprises en Afrique noire dispose d’une forte culture et disposent d’une forte culture, de structures et de bonnes pratiques en matière de gouvernance d’entreprise. Or indispensable dans cette région du continent où on observe qu’elle dispose le score moyen le plus bas en matière de protection des investisseurs minoritaires dans le classement Doing Business (Groupe de la Banque mondiale). Une institution du Groupe de la Banque Mondiale telle que la SFI a lancé ce programme dans plusieurs pays dans la perspective de facilité la promotion et l’accompagnement des entreprises. A ce jour, elle déclare avoir déjà aidé plus de 11 000 entreprises dans plus de 3à pays dans la mise en œuvre des meileures pratiques de gouvernance, ce qui leur a permis d’obtenir plus de 3,2 milliards de dollars US (environ 2 080 milliards Fcfa) de nouveaux financements.
Pour le Cameroun qui a défini en…son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) dans la perspective de rendre le pays « Emergence à l’Horizon 2035 », le programme Gouvernance d’Entreprise est un levier économique important pour améliorer la performance des entreprises et accroître la capacité des marchés à attirer et retenir les investissements. La Dsce mettant un accent sur l’investissement et une nouvelle dynamique de développement du Cameroun. Mais pour y parvenir, il faut qu’aujourd’hui plus qu’hier les entreprises relèvent les multiples défis : - la globalisation, - l’accélération des avancées technologiques, - une compétition accrue et ardue, - le respect de normes, - des contraintes règlementaires, sociales et environnementales plus fortes,… Or il se trouve que des investisseurs qui, pour de multiples raisons, sont de plus en plus vigilants sur les critères de sélection, mettent en avant la gouvernance comme un prérequis. Il s’agit plus qu’hier d’exiger aux entreprises dont la gestion était jusque-là épicière, opaque, de rendent des comptes sur leurs activités et l’impact qu’elles ont sur les sociétés et les cadres naturels ou elles opèrent.
C’est dire que la bonne gouvernance d’entreprise devient une démarche essentielle pour bâtir des relations de confiance avec les investisseurs et la société dans son ensemble. «En somme, se conformer aux standards devient donc un enjeu majeur», soutient Aliou Maiga, Responsable Secteur Financier, Afrique Sub-Saharienne, de l’IFC. Par ailleurs, il est établi qu’aujourd’hui que les banques et les agences de notation prennent en considération les aspects de gouvernance dans leurs considérations de crédit, pour les unes, ou de notation pour les autres. Les Bourses de valeurs et les Banques centrales sont les premières cibles de ce programme gouvernance d’entreprise afin de renforcer leurs propres capacitives et à revoir ou améliorer les cadres et dispositions de gouvernance des entreprises et institutions financières sous leur supervision. Il ne fait plus de doute que c’est la clé pour renforcer le secteur privé et d’assurer un développement économique stable, pérenne et inclusif.
M. N. NJOG