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Cameroun
La firme allemande va à nouveau gagner le jackpot en voyant une de ses trois équipes nationales qu’elle a sponsorisées dans cette Can Total 2017 remporter le trophée de la compétition.
Pour un équipementier, le plus important dans une compétition comme la Can n’est pas le nombre d’équipes sponsorisées, mais le nombre d’équipe qu’on aligne dans le dernier carré d’as. Et plus encore, d’avoir la sélection nationale victorieuse du trophée. Dans ce cas, contrairement à ce qu'on peut penser, il y a une exposition médiatique qui permet aux sponsors d'avoir une grande partie de l'exposition désirée. Pour cela, les firmes ambitieuses paient le prix. Avec la victoire du Cameroun à la Can Total Gabon 2017 et celle de la Côte d’Ivoire à la Can Guinee Equatoriale 2015, Puma gagne aussi la compétition que les firmes se livrent sur le plan marketing et de la visibilité médiatique.
Pour y parvenir, Puma débourse des montants importants. Il y a d’abord le contrat, les primes de performances et les primes du port de la marque afin d’éviter qu’un joueur porte maillot ou chausse un godasse différente. En mal de démarcation sur le marché occidental, Puma s’est depuis dix-sept ans lancé à la conquête de l’Afrique. Au moment où les fédérations africaines pour la plus part se contentaient d’acheter des équipements des firmes à qui elles offraient gratuitement une importante visibilité. Au point de devenir l’équipementier historique du football africain. Sponsorisant le ballon officiel des compétitions de la Caf et en habillant plus d’une dizaine d’équipes nationales. Alignant même, à certaines éditions de la Can une dizaine de sélections nationales qualifiées.
Depuis deux éditions, d’autres équipementiers ont décidé de venir concurrencer Puma sur le continent. Réduisant considérablement son nombre des sélections nationales sponsorisées. A la dernière Can total 2017, Puma s’est retrouvé aux côtés de «seulement» trois sélections ; - Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun. Non seulement c’est l’une de ses équipes nationales qui a remporté le trophée, mais encore, la firme allemande a réussi à aligner deux équipes dans le dernier carré : Ghana et Cameroun. Faisan ainsi du sponsoring gagnant. Comme à l’édition précédente lorsque les deux finalistes étaient vêtus de la marque Puma. Combien débourse l’équipementier Allemand sur chaque équipe nationale africaine ? Difficile de le dire. Les contrats sont disproportionnés. Tout dépend de : - la notoriété du pays dans le football continentale, - la cote de l’heure de la sélection nationale sur l’échiquier, - la notoriété de ses joueurs et stars dans les meilleurs championnats d’Europe.
Flou permanent
On sait ainsi que de 2000 à 2002, c’est la Côte d’Ivoire qui était la sélection africaine la mieux rémunérée par Puma. Avec une cagnotte officielle déclarée de 500 millions Fcfa. Pendant que le Cameroun se contentait officiellement d’un contrat expérimental sur la performance des Lions Indomptables. La Fécafoot se contentait de bénéficier d’un approvisionnement en équipement. Avec les victoires du Cameroun aux éditions de la Can 2000 et 2004, en plus de la médaille olympique aux JO d’Athènes, il y a eu une levée de bouclier pour clarifier ce contrat dont les discréditions révélaient l’inconsistance. C’est ainsi que lors du renouvellement du bail pour la période 2004 – 2008, le contrat qui était exclusivement en rédigé en allemand et sans l’inscription du moindre montant va passer à 500 millions Fcfa. Avec en option l’habillement exclusive des Lions indomptables et la recherche des matches amicaux de préparation. Les autres sélections nationales n’étaient pas concernées. Même si la Fédération réussissait soit dans leurs réserves, soit dans des deals avec le Directeur Afrique de Puma d’obtenir des approvisionnements spéciaux.
C’est lors du renouvellement du contrat pour la période 2009 – 2013 que la Fécafoot va obtenir une revalorisation plus consistante. Officiellement le montant passe à Un (01) milliard Fcfa avec en option l’habillement de toutes les sélections nationales de football, la recherches des matches amicaux, le paiement des primes de performances et de port de la marque. Ces deux dernières options ont été obtenues par la génération Mboma et Foé après avoir la Can 2002 menacé de mettre les sparadraps sur le logo de Puma. Ce qu’ils avaient déjà mises en exécution sur les maillots d’entrainements et de ballades. Des primes qui ne sont plus ni officiellement ni entièrement reversées aux différentes sélections nationales depuis l’après Coupe du monde Brésil 2014. Toutefois certaines indiscrétions, notamment l’audit de la gestion du comité de normalisation de 2013 en 2015, font état d’un montant qui s’élèverait à deux (02) milliards Fcfa. 500 millions seraient retenus par une société écran dite de négoce qui aurait joué une intermédiaire «fictive» dans le renouvellement de ce contrat. Une autre somme de 500 millions Fcfa serait reversée dans un compte en Allemagne au profit des différents présidents des exécutifs de la Fécafoot. Ce qui justifie la déclaration officielle de la somme de un milliard Fcfa.
Cette révision du contrat Puma est le fruit de la levée de bouclier des observateurs avertis des questions de sport. Ils avaient dénoncé ce contrat l’éolien contrairement à celui plus prestigieux que les autres fédérations africaines avaient avec Puma, à l’instar de la Côte d’Ivoire dont le contrat est passé depuis de 500 millions Fcfa à près de deux (02) milliards Fcfa avec en option l’habillement de toutes les sélections nationales, la recherche des matches amicaux et de préparation, le paiement des primes des différentes qualifications,… ou le Sénégal dont le contrat a couru de 2014 en 2016, certes avec un montant en moins, mais avec en options habiller toutes les sélections nationales du Sénégal, les clubs de première et deuxième division et même les arbitres. Rendre opérationnelle le marchandising avec l’ouverture d’une boutique à Dakar où étaient vendus les originaux des maillots des Lions de la Teranga. En plus du paiement des mêmes primes.
Encadré
Mafia
C’est dire que c’est une grosse mafia qui se joue autour des contrats qui lient les équipementiers et les fédérations africaines de football. Certaines rumeurs entretenues dans les couloirs de Tsinga, font même état de ce que les présidents successifs des exécutifs de la Fécafoot bénéficient en guise de rétrocommissions de Puma une carte blue de police maladie afin de recevoir des soins dans les meilleurs hôpitaux allemands et même un avion médicalisé en cas de besoin si le bénéficiaire s’écroulait au Cameroun. Ceci peut expliquer pourquoi, l’entrée de la firme américaine Nike a été bloqué de quatre fers pourtant l’offre était plus alléchante que Puma proposait pour son renouvellement. «Mieux vaut un diable qu’on connait qu’un ange qu’on ne connait pas encore», lancent goguenards certains dirigeants de la Fécafoot pour justifier leur fidélité à la firme allemande Puma. Dans tous les cas, quelqu’en soit l’équipementier, il est loin de sortir perdant dans un contrat de sponsoring. Comme l’affirme Gérard Coudert, chercheur au Centre de droit et d'économie du sport : «Avant, pendant et après une compétition majeure, les équipementiers rentrent dans leur investissement à travers la vente de maillots».
M.N.N