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Les exportateurs des fruits et légumes dans l’impasse

Les exportateurs des fruits et légumes dans l’impasse
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Aéroports du Cameroun            

Le mouvement d’humeur engagé en début d’année par le Réseau des opérateurs horticoles du Cameroun à la suite de la taxe introduite par les Adc n’a toujours pas porté les fruits escomptés.

 

En début janvier 2017, le Réseau des opérateurs horticoles du Cameroun (Rhorticam), principale organisation reconnue par les pouvoirs publics pour défendre les intérêts des acteurs de toute la chaîne de filière horticole, allant de  la production à la commercialisation s’est opposée par la taxe qualifiée de «trop» que les Aéroports du Cameroun (Adc) a introduit dans le paiement des frais du fret des fruits et légumes exportés en Europe. En effet, le mois de juin 2016 les Adc ont contraint les exportateurs à un paiement d’une taxe d’un montant de 18 Fcfa par kg de fruits à exporter. Malgré sa contestation, les exportateurs des fruits et légumes se sont exécutés privilégiant le dialogue pour convaincre les dirigeants des Adc à son retrait. Butant au refus catégorique du Directeur général des Adc de les rencontrer, les exportateurs des fruits et légumes regroupés au sein de Rhorticam ont fait une coalition avec les compagnies aériennes, les transitaires, les producteurs afin de mettre en exécution une menace de grève qui était projeté pour la mi-janvier 2016.

Après une semaine de débrayage, le Ministre du Commerce et le Ministre des Transports étaient entrés en négociation pour convaincre les dirigeants de Rhorticam de lever la grève. Dans la mouvance de la crise anglophone, et afin d’éviter une éventuelle irrigation, ils avaient promis de prendre personnellement le dossier en main pour faire entendre raison au Directeur général des Adc. Un mois plus tard, les récriminations des exportateurs n’ont toujours connu de suite favorable. Les exportateurs continuent de croupir sur la taxe «illégale» de 18Fcfa/Kg, des Adc. «Une taxe arbitraire qui ne s’adosse sur aucune base légale», soutiennent les membres de Rhorticam. Ces derniers s’appuient sur le décret du Premier Ministre numéro 2015/232 du 25 mai 2015 portant organisation et fonctionnement de l’Autorité Aéronautique  pour démontrer que cette redevance est payable par la compagnie qui transporte le fret. Raison pour laquelle, les dirigeants de Rhorticam se promettent de revenir à la charge pour faire annuler cette taxe qui plombe dangereusement cette activité économique. Notamment dans la balance des échanges commerciaux entre le Cameroun et l’Europe.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

Décryptage

Les statistiques indiquaient qu’en 2015, les échanges commerciaux entre le Cameroun et l’Union Europenne (UE) étaient d’un montant de 3,2 milliards d’euros  (environ 2 092,8 milliards Fcfa). Soit 1,67 milliard d’euros (environ 1 092,18 milliard Fcfa) effectué à l’importation et 1,58 milliard d’euros (environ 1000,62 milliard Fcfa) réalisé à l’exportation. Les principales exportations du Cameroun vers l’UE sont des produits agricoles avec 883 millions d’euros (environ 557 482 000 Fcfa) de recettes engrangées, contre 597 millions d’euros (environ 390 438 000 Fcfa) obtenus des produits pétroliers et 103 millions d’euros (environ 67 362 000 Fcfa) des métaux non ferreux. Le Rhorticam revendique à lui seul 80% des exportations des fruits et légumes du Cameroun. Ce qui en fait un partenaire très important pour le gouvernement. Surtout avec l’entrée en vigueur depuis le 3 aout 2016 de l’Accord de partenariat économique (APE) entre Yaoundé et Bruxelles.

Conduisant au démantèlement progressif des barrières douanières imposées aux importations de l’UE et un libre accès au marché européen pour tous les produits made in Cameroun.  Ce qui était déjà le cas pour les ananas, le cacao, la Banane du Cameroun. Le démantèlement des barrières douanières camerounaises va s’étaler sur 15 années et entrainera des pertes de près de 115 milliards de Fcfa au bout de huit ans pour le gouvernement camerounais et chaque année selon les experts économiques. Le Rhorticam ne comprend pas cette décision des ADC qui a pour conséquence de fermer la frontières de l’Europe aux produits agricoles camerounais et avec comme corollaire la baisse des exportations. Pourtant ce sont ces exportations qui permettent d’équilibrer la balance commerciale entre le Cameroun et l’UE.

M.N. NJOG

Publié à CamerPress

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