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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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Une nouvelle ère, la même dépendance à la France

Sommet France-Afrique

 

Le sommet s’est achevé le 1er Juin à Nice en France, Sarkozy annonce la naissance d’une nouvelle ère, mais l’Afrique en profitera-t-elle ? Bilan.

  

Pour la majorité des africains, à cet énième sommet France-Afrique, Il était question de faire le bilan de l’inféodation des pays africains au pays colonisateurs ou sous tutelle européens. Et de se demander : Est-ce qu’on continue dans la même voie ? Est-ce qu’on change de stratégie? Est-ce qu’on change de cap ? Et si on décide de changer de cap qu’est-ce qu’on devient ? C’est à ces questions qu’il faut répondre. Pour l’intelligentsia africaine, le changement de cap était inéluctable. Il signifiait simplement de matérialiser l’affranchissement des pays africains au joug des pays européens en général et français en particulier. Parce que le joug français, c’est quoi ? C’est que nous n’avons pas les moyens de notre destin, l’argent que nous utilisons n’est pas notre monnaie. C’est le principal problème camerounais aujourd’hui et que personne ne veut effectivement aborder. De manière de faire en sorte que le Cameroun soit en mesure d’exploiter en autonomie ses richesses naturelles du sol et du sous-sol, de mettre en mouvement ses hommes pour en faire des moteurs de développement, de croissance, de bonheur de notre peuple. Et au regard du bilan de cette coopération, il ne fait pas de doute que les pays africains ont brillé par une décadence systémique. Les pays africains sont passés d’un Etat apparemment autoritaire vers un Etat apparemment libéral, abritant les valeurs éthiques, démocratiques, humanitaires,… C’est donc une tristesse pour un continent qui est nanti de valeurs humaines et naturelles, mais qui n’arrive toujours pas à décoller. C’est un grand paradoxe.

Car les peuples africains d’une manière générale se sentent indépendants, mais les gouvernements eux ont signé des accords avec les puissances coloniales qui font en sorte que l’indépendance n’est pas totale. Pis encore, le sommet France-Afrique devrait résoudre le problème du rapport entre la France et les pays francophones africains. D’autant plus qu’aucune puissance colonisatrice n’a fait une décolonisation comme celle des français, qui consiste à dire que vous avez un drapeau vous avez un siège aux Nations Unies, mais le sort de votre économie et de votre gouvernance dépend de la France. La preuve quand un chef d’Etat ne leur plait pas on le chasse. Elle va même jusqu’à couvrir toutes les violations des droits de l’Homme, avec les assassinats, si elle ne les encourage. Parce que si un autre régime arrive au pouvoir il peut devenir une menace pour les intérêts colossaux de la France. Et si la France est riche c’est parce qu’il y a les colonies qui lui fournissent de la matière première. D’ailleurs notre argent, notre or est déposé à la caisse de consignation de dépôt en France. Il y a toute la forme d’économie néocoloniale qui est encore là. Ainsi qu’il y a encore les grands groupes comme Bolloré qui tient beaucoup de choses dans notre économie. Il y a en somme cette dépendance à la France. Lorsqu’on voit la recolonisation du pays avec les privatisations et les cessions de notre patrimoine national à des investisseurs étrangers, cela suscite des interrogations. Et puis, les organismes comme la Banque mondiale et le Fmi ne sont pas en reste dans cette recolonisation des pays africains. On est encore dans la bataille de la conquête d’une seconde indépendance.

 

Des promesses fallacieuses

Ce sommet marque une étape, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à la fin du 25ème sommet France-Afrique, qui s’est déroulé du 31 mai au 1er juin à Nice en France. Il a aussi indiqué qu’il était heureux d’avoir supprimé le traditionnel dîner avec les pays francophones. Pour les observateurs ce n’est que de la paille aux yeux. Puisque, l’ensemble de ces chefs d’Etats seront présent le 14 juillet en France, pour défiler avec leurs troupes dans le cadre de la célébration du cinquantenaire des indépendances de ces pays. Contournant l’absence de déclaration claire sur le thème de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. C’est la preuve que la France est encore maître de ses quatorze pays d’Afrique francophone. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a promis de travailler avec les pays africains sur les questions de maintien de la paix ou de lutte contre la piraterie et le terrorisme, estimant que l'Afrique ne pouvait pas s'en sortir seule. Sur toutes ces questions, nous allons travailler ensemble, a déclaré Nicolas Sarkozy. Nous avons décidé, nous la France, que sur 2010-2012, nous allons consacrer 300 millions d'euros pour former 12.000 soldats africains pour les forces de maintien de la paix en Afrique, a-t-il confirmé. Ça nous semble beaucoup plus intelligent, car la quasi-totalité des crises régionales et sous régionales seront mieux résolues si les Africains prennent en charge eux-mêmes ces questions plutôt que d'autres, a expliqué devant ses pairs le président français.

Les échanges économiques ont aussi été au cœur de ce 25e sommet Afrique-France de Nice, marquée par la présence de près de 300 chefs d’entreprises français et africains. Dans un élan visant à faire reconnaître ses avantages comparatifs, le patronat français a adopté à Nice, ainsi que plusieurs entreprises africaines, une charte définissant leur responsabilité sociétale et leur volonté de contribuer au progrès de l’Afrique, de ses entreprises, de ses habitants. Les signataires promettent notamment de refuser toute forme de pratique corruptive et toute pratique ayant pour objet ou pour effet de fausser la concurrence saine et loyale. Elles s’engagent aussi à recruter majoritairement de la main-d’œuvre locale et à privilégier le recours à des partenaires locaux. Cette démarche vise pour les patrons à mettre l’homme et le respect de l’homme, au cœur de leur projet d’entreprise, a affirmé Laurence Parisot, présidente du Medef, qui a noté un enthousiasme nouveau. La création d’une association des patronats d’Afrique et de France a été annoncée. L’un des reproches fait à la Françafrique d’avant était de privilégier les seuls intérêts des entreprises françaises.

 

Soutenir l’environnement

Sur le dossier de l’environnement, la France a promis lorsqu’elle exigera le G20 d'y associer l'Union Africaine. Quand on sait qu’au récent sommet de la terre à Copenhague, le président de la République française a parlé au nom des pays qui font partie des pays du bassin de Congo de la forêt équatoriale. C’est tout simplement ridicule. Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui représentera l'Afrique à la conférence de Cancun de décembre, avait même menacé mi-mai de bloquer tout traité sur le climat. Si les pays développés continuaient de ne pas respecter leurs engagements pris à Copenhague de fournir 30 milliards sur la période 2010-2012. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Nice ont annoncé un accord de principe pour aller au-delà, en préparant un système de financement à long terme permettant de passer à un financement de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. 

Il s’agit d’impliquer davantage le secteur privé dans la lutte contre le changement climatique via le renforcement des marchés carbone, ajoute le texte. Qui avance aussi le principe d'une taxe sur les transactions financières internationales au profit du développement et de la lutte contre le changement climatique que Paris défendra. La création d'une Organisation mondiale de l'environnement a aussi être réclamée. Tout comme l'élaboration d'un plan électricité renouvelable et le lancement d'un plan solaire à travers le projet Africasol. Pour aider les entreprises en Afrique, la France s'engage aussi, toujours selon le projet de texte final, à soutenir un fonds européen de garantie des investissements. Elle entend soutenir l'agriculture africaine à travers un fonds d'investisseurs de 120 millions de dollars, financé par une taxe sur les transactions financières. Une initiative qui sera difficile de mener jusqu’au bout, compte tenu de l’échec de cette tentative à Copenhague.

 

Les sujets oubliés du sommet

Plusieurs grands dossiers ont été absents de ce 25é sommet France-afrique, tel que la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire. La France avait fait de ce dernier dossier l’une de ses priorités, après les émeutes de la faim du printemps 2008. S’il n’a pas vraiment été débattu, le sujet est toutefois évoqué dans la déclaration finale (au 20e point sur 24). La France appelle de ses vœux la constitution d’un fonds d’investisseurs - le Fonds pour l’Agriculture africaine - destiné à soutenir des projets agricoles en Afrique, qui mobilisera, à terme, 300 millions de dollars. Présentée comme innovant, ce projet est pourtant acté depuis longtemps. En avril 2009, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, et la Banque du continent africain avaient en effet annoncé la mise en place d’un Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique. Aussi occultée, la question des droits de l’Homme a peu été évoquée. Nicolas Sarkozy a estimé que le déficit de démocratie et les violations des droits de l’Homme alimentent les violences et l’instabilité. Mais aucun huis clos sur ce dossier n'a toutefois été organisé. De l’avis de Nicolas Sarkozy, c’est plutôt une bonne idée de faire des sommets qui ne parlent pas de tout, parce que sinon on ne discute de rien. Enfin l’indépendance monétaire de l’Afrique francophone surtout qui est revendiquée par de plus en plus d’intellectuels n’a non plus été évoquée.

 

André Som

 

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