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Un mouvement demande la protection de la jeunesse contre les sectes

Déviance

 

Le Rassemblement de la Jeunesse Camerounaise a écrit au ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation pour dénoncer le recrutement massif des jeunes dans les organisations secrètes. Il en a profité pour marquer une action visant à faire prendre conscience à ces laissés pour compte des enjeux de 2011.

 

Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise (Rjc) vient de clôturer une enquête sur l’impact  de la présence des sectes maléfiques sur la jeunesse. Entamée depuis 2009, et menée sur toute l’étendu du territoire camerounais avec le concours de ses démembrements régionaux, le Rjc vient de rendre publique son rapport final. Rapport adressé hier au ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Mintad), Marafa Amidou Yaya. Et dans lequel il qualifie d’alarmant le constat fait, ce d’autant plus que les proportions contribuent à mettre en mal les valeurs civiques et morales, transgresse la méritocratie et l’excellence et par ricochet compromet l’avenir et le développement du Cameroun. Et pour cause, ses mouvements sectaires qui sont maquillés sous plusieurs dénominations et aspects sociaux pour déstabiliser la jeunesse se caractérisent par : «la déstabilisation mentale ;  le caractère exorbitant des exigences financières ; la rupture induite avec l'environnement d'origine ; les atteintes à l'intégrité physique ; l'embrigadement des enfants ; le discours plus ou moins anti-social; les troubles à l'ordre public ; l'importance des démêlés judiciaires ; l'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ; les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics.»

Les lieux cibles étant : les Campus, les écoles, les associations et les églises, le Rjc sans avoir nommément  cité les sectes, a tout de même sollicité du Minatd «d’interdire formellement certains regroupements sectaires maléfiques qui embrigadent la jeunesse et nuisent au développement économique et social de la république sous le couvert de jésus ou de l’église. » Pis encore, pour une organisation de la jeunesse dont on peut reconnaître l’activisme dans la défense des droits et intérêts de la jeunesse, mais dont on peut émettre des réserves sur la légèreté de certaines de leur sortie publique, propose à la surprise générale que ce soit le ministère de l’Administration territoriale qui établisse une liste de ces sectes dangereuses et les publie en fait une large diffusion. Si le sujet est aussi sensible et de grand intérêt au regard des déviances observées dans nos cités, il reste que l’on se serait attendu que le projet de liste soit faite par le Rjc qui a été sur le terrain. Et qu’en allant plus loin, donne des exemples concrets de nuisance. Malheureusement, on relève que le rapport est resté très généraliste. Pour le Rjc, «l’heure est grave, et des jeunes intellectuels diplômés de l’enseignement supérieur abandonnent de plus en plus leurs études ou leurs emplois pour servir les supposées églises. »

 

Prise de conscience collective ou volonté de positionnement individuel

C’est dire si le malaise est l’environnement qui rend le terreau fertile à la propension des sectes et à l’enrôlement d’une jeunesse en déperdition et sans avenir. Un environnement pas favorable à l’éclosion des talents ; à une culture démocratique permettant d’avoir espoir à une alternance possible. Les postes de gestions et électifs tant confisqués par une caste de vieillards qui refusent d’aller à la retraite. Mieux qui n’œuvrent pas pour laisser une terre prospère aux générations à venir. Pourtant tous sont arrivés dans la gestion de la chose publique jeune voir très jeunes pour certains. C’est pourquoi, le Rjc rappelle dans ce rapport qu’elle avait déjà adressé en son temps un mémorandum à l’endroit des leaders politiques aspirant au pouvoir suprême en 2011. Dans lequel, il indiquait les aspirations de cette jeunesse revancharde. En énumérant les conditions et les garanties que devront leur donner les potentiels candidats : - Un gouvernement composé à 75% n’oeuvrent d’hommes et femmes âgés d’au moins 40 ans. Un plan détaillé avec échéancier pour l’emploi des jeunes et la lutte contre le chômage - Améliorer le système d’information sur l’emploi et la formation pour en faire des outils efficaces d’aide à la décision - Impliquer les jeunes dans le processus d’élaboration, de gestion, de suivi et d’évaluation des programmes de création de l’emploi au Cameroun - Une publication hebdomadaire du taux de chômage, un rapport mensuel de l’observation nationale de l’emploi et la création d’un institut de sondage -Un programme politique anticipatif et incitatif sur les 25 années à venir intégrant la reconstruction du tissu industriel national -Une nationalisation des entreprises de souveraineté que sont celles en charge de l’électricité ; l’eau et le téléphone - La nomination d’un jeune de moins de 35 ans auprès du chef de l’état comme chargé des affaires des jeunes auprès du président. Son rôle sera de vérifier chaque fois la bonne application des politiques des jeunes, et la prise en compte de leurs propositions – Mais aussi celle d’un ministre de la jeunesse âgé au plus de  37 ans. La mise sur pied d’un Conseil national de la jeunesse par les jeunes et pour les jeunes et non comme c’est le cas actuellement, une structure habitée par le népotisme et inféodé par l’Etat et le parti-Etat.

Car le Rjc constate que « les jeunes sont absents, ignorés et ne sont pas intégrés dans les instances où se décident leur avenir.» Avant de conclure : « Nous irons tous aux urnes en 2011, et croyez-nous sur parole, nous n’accepterons pas que notre choix ne soit pas respecté. Chez nous, les jeunes sont toujours dit "manipulés, bref nous n'avons jamais de motivation idéologique, sociale ou politique. Nous sommes des instruments que chacun utilise selon les objectifs qu'il s'assigne. Il est question ici de dénoncer cette caricature permanente. La jeunesse Camerounaise C'est une jeunesse qui se sent marginalisée et sous estimée, qui demande que ses aspirations soient reconnues. La jeunesse camerounaise refuse l'infantilisation, car ce type de vision réductrice, conduit à la stigmatisation. Nous voulons être une jeunesse à la fois libre et engagée.»

 

André Som, article publié dans Aurore Plus

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