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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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Un agent du Minfof a disparu en brousse depuis des mois

Sécurité - Disparition

Tatkebo Njiké Rommel travaillait pour les services décentralisés du ministère des Forets et faune à Mbanga lorsqu’il a disparu le 1er avril 2009 en brousse. Sa famille dans l’émoi, ses employeurs le renient.

Tatkebo Njiké Rommel, âgé de 34 ans, travaillait au poste forestier de Mbanga, où son travail consistait à traquer les scieurs clandestins en forêt. Selon son épouse, Mme Njiké Erode c’est lors d’une descente sur le terrain avec la brigade compétente qu’il a disparu le 1er avril 2009. Depuis lors, on n’a pas retrouvé ses traces, malgré les fouilles, les battues organisées dans la même forêt et même les consultations des marabouts.

La dernière conversation téléphonique avec son épouse, infirmière à Douala, alors que lui vit à Mbanga, remonte au 1er avril à 12h. Elle essaie encore de le joindre autour de 14h, en vain. Elle commence à s’inquiéter, car les deux avaient pris l’habitude de se faire signe toutes les 30 mns voire 1h maximum. En désespoir de cause, elle appelle autour de 19h Claude, le collègue de son mari, c’est alors que la femme de ce dernier décroche et l’annonce la disparition de son mari. Et Claude de lui raconter par la suite, qu’ils étaient trois collègues à se rendre à l’aide d’une moto en foret pour une patrouille de routine à Ndog II. Arrivés à un point où la moto ne pouvait plus avancer, Claude et Njiké entrent en brousse, tandis que Mama Moumie qui conduisait la moto attend sur place. Les deux repèrent des bruits de scie et se lancent dans cette direction. Ils saisissent la scie des coupeurs, et ces derniers leur indiquent qu’ils ne sont pas les seuls en brousse, et qu’il y avaient d’autres scieurs plus loin.

 

La disparition

Les deux agents, ne pouvant poursuivre leur traque en transportant une scie  lourde, Ils appellent Mama le collègue conducteur de la moto et lui demandent de se rapprocher à un point de repère accessible avec la moto. Arrivés au lieu indiqué, ils attendent une quinzaine de minute, et Mama ne venant pas, Njiké décide de s’avancer en forêt pour repérer le second groupe de coupeurs, quitte à ce que les deux autres le retrouvent après. Quand Mama arrive plus tard, ils suivent ensemble les traces de Njiké, c’est ainsi qu’ils arrivent au niveau des scieurs, mais ne retrouvent pas leur collègue. Ces derniers disent ne l’avoir pas vu. Tous ensemble, ils organisent une battue, mais vont abandonner à la tombée de la nuit.

 

L’épouse de Njiké se rend à Mbanga le lendemain, et en compagnie des collègues et du chef de poste forestier, refait le trajet, une fois, deux fois…un jour, deux jours…une semaine, un mois…et on est à deux mois. Une plainte a été déposée quelque temps après à la brigade territoriale de gendarmerie de Mbanga par le chef de poste, et le père du disparu a également saisi tant la hiérarchie que les forces de l’ordre. Mais à ce jour, aucune réaction officielle, pas même un communiqué annonçant la disparition de Njiké. Pire, le délégué régional du ministère des Foret et de la faune (Minfof) pour le Littoral que nous avons joint au téléphone affirme qu’«il n’est pas dans le fichier de mon personnel.» Pourtant des informations concordantes indiquent qu’il travaille au poste forestier depuis 4 ans. A Nkongsamba, le délégué départemental est absent, il aurait pris une mise en disponibilité pour se rendre aux Etats-Unis.

 

L’impuissance des marabouts

A Mbanga, le chef de poste forestier, Djongue Bernard que nous avons joint au téléphone, est ambigu sur son statut : «Je suis arrivé ici il y a 6 mois, et je l’ai trouvé sur place. On m’a dit qu’il était stagiaire, mais entre temps le ministre nous a envoyé une note pour dire qu’on ne les traite plus comme avant. On se débrouillait ensemble, juste en attendant », dit-il.  Malgré cela, il n’entend pas fuir ses responsabilités. «J’ai déjà tout fait, je suis même allé au Nord rencontré un marabout qui m’a dit qu’il est en vie, qu’il a été arrêté mystiquement en brousse. Il m’a dit qu’il devait sortir vendredi (12 juin ndlr), jusqu’aujourd’hui (lundi 15 juin ndlr) j’attends», conclut-il, optimiste. Optimisme aussi partagé par l’épouse de Njiké qui, armée d’une foi de sacristain, croit dur comme fer que son mari est encore en vie. Même l’évocation de l’exemple d’un fonctionnaire de l’Onu avalé par un boa dans la forêt en Rdc ne l’émeut pas. Mais est-ce pour autant une raison pour que l’administration forestière renie aussi facilement un homme, fut-il sans statut, mais qu’on a exploité depuis 4 ans dans ses services, et qui a disparu en portant les attributs de fonction, à savoir la tenue ?

Roland TSAPI, article publié dans Le Messager

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