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Musique - Spectacle
Jeudi 15 octobre 2009, un trio énergique a électrisé le Centre culturel français Blaise Cendra de Douala de son style afro musical qu’on qualifie déjà de rythme du futur.
Le Centre culturel français de Douala (Ccfd) a reçu en spectacle le jeudi 15 octobre 2009 en tête d’affiche musicale le groupe «No name crew» ou le groupe «sans identité». La salle de spectacle avait fait le plein d’œuf. Pourtant, le groupe n’a pas encore de galette musicale sur le marché. Mais, il est très connu et très adulé par les mélomanes qui ont fredonné chacun des titres interprétés dans une communication et une communion endiablées. Pendant deux heures, ils ont fait craquer le public avec leur répertoire riche, varié et très connu. Un répertoire amélioré et savamment cuisiné en dix ans d’existence où en attendant un meilleur producteur, le groupe «No name crew» s’est attelé a participé aux spectacles et tournées divers pour se faire un nom et donner à leur spécificité musicale une identité.
Les trois compères : Jiji Almady, l’initiateur du groupe ; Djado Mensi, le rappeur et Mawata, le traditionnaliste doublé d’une boule d’énergie, au propre comme au figuré, étaient accompagnés pour la circonstance de leur Dj André Mix. Ils ont illuminé la salle de spectacle du Ccf de Douala qu’ils ont transformé en discothèque d’un soir. Leur maitrise de la scène faite de figures chorégraphiques très mouvantes, démontre que le groupe «sans identité» a une solide maturité dans la gestion des spectacles. Et lorsqu’il faut ajouter à cela la profondeur de leurs textes revendicateurs et dénonciateurs, interprétés dans un mélange de sonorités urbaines (hip hop, reggae, rn’b…) et traditionnelles de l’Ouest du Cameroun (bend skin, tchamassi,…), au finale, donne une coloration toute particulière à leur style afro musical.
Cette fusion de rythmes s’entremêlent et s’entrechoquent pour en faire leur spécificité, mieux donner une identité, à ce groupe «sans identité». Ils disent suivre la voie des patriarches qui ont œuvré à la conservation de l’identité de notre Afrique. «C’est la musique des ancêtres pour vous ce soir », lance-t-il au public. Dans les textes on peut retenir des bouts de phrases poignantes et hilarantes : « Suivez le message des ancêtres africain qui vous demandent de rester fier » ; «L’Afrique pleure, l’Afrique meurt, oui les enfants battus pleurent, nous on veut la paix, on veut la justice » ; «Il y a des gens qui ne savent pas donner, même la salutation, ils ne savent pas donner, ils savent seulement répondre : ça va bière… » Et de conclure que : «ce n’est pas celui qui donne qui souffre…»
Après être entré en scène avec une chanson sur l’histoire d’un camerounais rapatrié en situation irrégulière (sans visa), ils vont sortir avec une interprétation de la chanson Nomtema d’André Marie Talla, mais en modifiant les paroles et gardant le beat. « Il s’agit pour nous dans cette reprise de rendre hommage à un aîné qui leur a toujours donné envie de faire la musique.»
Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager