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Syndicalisme
La journée mondiale pour le travail décent a été célébrée au Cameroun le 7 octobre 2009 de concert avec les 120 pays membres de l’Organisation international du travail.
«L’environnement social se dégradante de manière inquiétante dans les entreprises et notamment dans la capitale économique. C’est pourquoi il est urgent que les sièges des mouvement syndicaux se délocalisent de Yaoundé pour Douala pour être plus proches des travailleurs en détresse», affirme Louis Sombès, Secrétaire général exécutif de la confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac). Avant d’ajouter, «Malheureusement, le ministre du travail et de la sécurité sociale qui devrait prêter une oreille attentive sur cette situation sociale abjecte et qui se veut le chantre du dialogue sociale, laisse la situation dégénéré pourtant plusieurs dossiers portés à sa connaissance souffre sur sa table parce qu’il se consacre plus à la remise des médailles. Ce qui fait que dans le monde syndical, il est passé de monsieur dialogue sociale à monsieur remise de médailles.»
Pour Dr Essola, médecin inspecteur de la santé au travail du Littoral, le travail doit être conforme aux exigences minimales pour assurer la production de l’employeur. Et le cadre de travail devrait être décent car un employeur passe 90% de sa vie sur le lieu de travail. «L’Oit, le Bit et l’Oms ont mis dans leur charte le droit à un cadre de travail décent. L’Etat veille à leur application en jouant un rôle de régulateur pour l’accès à un travail décent.» Dr Essola soutient que c’est pourquoi tout un ministère du travail et de la sécurité sociale, et en son sein plusieurs divisions et directions spécifiques ont été créées.
Le «J’accuse» de la Csac
En revanche, Louis Sombes affirme que «Le Cameroun est un paradis de texte, mais un enfer pour leur application.» Il en veut pour preuve, la non application de la convention collective nationale des journalistes et professionnels des métiers connexes de la communication sociale au Cameroun qui est un cas patent de l’échec du ministre. Conséquence, il fait remarquer que la situation sociale dans les entreprises de presse se détériore de plus en plus. Et de conclure que «les patrons de presse qui passent pour être les grands défenseurs des droits de l’homme et des libertés sont devenus les plus grands délinquants économiques et sociaux.» Dr Essola va répliquer que cette convention sera appliquée, le gouvernement n’a besoin d’aucune pression. Dans la même lancée des dénonciations, Louis Sombès déclare que «le chef de la cellule de lutte contre la corruption au Ministère du travail qui est le plus grand corrompu.» Toutefois, dans sa litanie, on apprendra que le mouvement syndical a dû batailler dure pour obtenir quelques avancées que le ministre du travail a rendu publique le 6 octobre 2009. Notamment, la date de saisine des parties dans le règlement des conflits qui passe de 15 à 5 jours ; et la convocation des assises de la Commission de santé et sécurité au travail qui vient de siéger après 10 ans de léthargie et qui a porté de 45 à 98 la liste des maladies du travail.
C’était le 7 octobre 2009, à l’occasion de la journée d’information, d’éducation et de formation sur «le travail décent» qu’a organisé le Csac dans la salle de conférence du Gicam à Douala dans le cadre de la célébration de la journée mondiale du travail décent au Cameroun.
Mathieu Nathanaël NJOG
Focal
Les défis du travail décent
Selon l’Oit, le travail décent, est la possibilité pour chaque femme et chaque homme d’accéder à un travail productif dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. Les objectifs sont de : - pouvoir choisir son travail et s’assurer d’avoir un salaire juste - pouvoir être protégé en tant que travailleur par des lois et des organisations -pouvoir s’organiser entre travailleurs pour mieux se défendre - pouvoir dialoguer avec ses employeurs via des canaux reconnus et légitimés. La réalité est tout autre. Une étude de l’Organisation internationale du travail (Oit) révèle que «la moitié des travailleurs dans le monde gagne moins de deux dollars par jours et la moitié de la population mondiale n'a aucune protection sociale.» Au Cameroun, quatre camerounais sur dix sont pauvres, soit près de 6 millions d'habitants sur 18. Pour autant, les défis sont considérables.
C’est pourquoi, le sommet des Nations Unies de septembre 2005 a affirmé avec force la nécessité de promouvoir l'emploi productif et le travail décent pour lutter contre la pauvreté. Et l’Oit a décidé d’apporter son assistance aux Etats membres à travers un programme cohérent et intégré assorti d’un plan de mise en œuvre appelé Programme par pays de promotion du travail décent (Pptd). Adopté et instauré par le Cameroun en conformité aux éxigences du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp). Au Cameroun, l’exercice de formulation du Pptd a débuté au cours de la biennale 2008-2009 avec l’analyse des priorités nationales consignées dans les documents cadres. Il servira comme cadre de coopération entre le Cameroun et le Bureau international de travail (Bit) sur la période 2010-2015. Il donne au ministre du Travail une occasion et un socle pour s'engager dans un débat politique sur les objectifs économiques et sociaux de haut niveau, au-delà de ses missions spécifiques. Qui plus est, la valeur ajoutée du Pptd est de permettre un consensus entre le gouvernement, les travailleurs et les employeurs sur les politiques et les plans d'action nationaux.
M.N. NJOG