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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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Les vraies raisons du suicide du capitaine de Corvette Essomba

Mort d’homme – Garde présidentielle          

Officier de la garde présidentielle, il s’est tiré plusieurs balles dans la tête. Une mort suspecte que les renseignements militaires cherchent à élucider. Beaucoup de ses frères d’armes le décrivent comme un homme pondéré et travailleur. Notre enquête.

 

I- Suicide ou crime

Après la fameuse affaire de la mallette volée du chef de l’Etat, un autre drame est survenu le mardi 15 février dernier aux premières heures de la matinée à Etoudi, au Camp de la Garde présidentielle. En effet, un officier de cette unité d’élite chargé d’assurer la sécurité du président de la République a été retrouvé mort. Avec plusieurs balles tirées au niveau du cou avec sa propre arme de service. On a vite fait de déclarer cela comme un suicide. Mais d’autres avis restent dubitatifs sur la question et pensent à un règlement de comptes. Ceux qui soutiennent la thèse du suicide, affirment que cet officier, ancien chef du bureau administratif et financier, était presque déjà sous le coup d’une peine de privation de liberté, pour une histoire présumée de trafic de carburant. Le président de la République aurait donné son onction pour que la procédure judiciaire soit enclenchée. Interrogés, les membres de sa famille réfutent cette implication dans un vaste réseau de carburant de la Garde présidentielle  depuis les cuves de la Sonara. Or ceux qui soutiennent la version du suicide parmi ses proches, ses collaborateurs arguent que ce dernier fait l’objet d’une solide enquête judiciaire qui a débouché quelques minutes seulement avant l’acte fatal,  la perquisition du domicile du capitaine de Corvette Essomba.

Il n’en demeure pas moins qu’il traverse, depuis la découverte en septembre 2010, du vaste trafic de carburant de la garde présidentielle, une disgrâce. On y voit entre autres sa mutation du poste de chef de Bureau administratif et financier où il a servi des années durant pour celui de service général du camp de la Garde présidentielle à Obili. Mais aussi, sa mise à la disposition permanente du procureur de la République du tribunal de grande instance du Fako où il  a répondu à plusieurs convocations. Mais selon les informations exclusives de Aurore Plus, c’est lorsqu’il aurait appris que le chef de l’Etat a donné libre cours à la poursuite judiciaire de cette affaire qu’il a craqué. La perquisition de son domicile au camp d’Etoudi qu’il s’apprêtait à déménager dans les plus brefs délais  pour regagner celle d’Obili a été la preuve que les carottes étaient cuites pour lui. Toutefois, les fins limiers continuent à explorer d’autres pistes pour savoir si ce ne sont pas ses complices à la présidence de la République et particulièrement à la Garde présidentielle  qui l’ont assassiné ou contraint au suicide. Lui qu’on savait pieux et  très solide pour craquer  pour si peu.

Seulement on apprend que, la goutte d’eau qui a conduit le chef de l’Etat  à donner ordre pour que la procédure judiciaire aille jusqu’à son terme, a été l’incident qui avait contraint son escorte à accuser un grand retard au moment de venir le retrouver lors de son escale à l’aéroport international Douala de retour du cinquantenaire de la République fédérale du Nigeria. Retard  avait-on appris et relayé dans nos éditions précédentes pour rupture de carburant dans les cuves de réserve de la Garde présidentielle. Et pour cause, les enquêtes ouvertes avaient dévoilé qu’il s’y opérait un vaste trafic de carburant au niveau des essenciers de la Garde présidentielle. Au point que des mesures exceptionnelles avaient été prises pour que les véhicules d’escorte se ravitaillent dans les stations services à la sortie de la ville. Sacrilège ! Un malheur ne venant pas seul, le couple présidentiel était contraint après plus de quatre heures d’attente vaine de partir de Douala dans un véhicule non indiqué et avec une escorte légère.

II- Pris dans l’étau, il rend les armes                 

Il ne fait pas de doute que travailler à la Garde présidentielle (Gp) offre beaucoup d’avantages surtout lorsqu’on y occupe un poste de responsabilité. Mais, appartenir à cette unité d’élite à quelques postes que ce soit même comme de rang, livre le militaire dans un milieu où s’il fait bon vivre la suspicion et la méfiance sont grandes.  La protection du président de la République et les membres de sa famille, étant une mission très sensible. Dès la moindre suspicion pour quelque dossier que ce soit, alors le concerné est sujet d’un certain acharnement sans pareil, allant de la filature, fouilles systématiques, affectations disciplinaires, jusqu’à la sanction extrême… Se retrouver dans des situations critiques peut conduire au suicide. C’est ainsi que depuis la découverte d’un vaste trafic de carburant à la Gp, tout le personnel exerçant dans le circuit était sur le grill. Et le capitaine de corvette Essomba Roger Emmanuel, bien plus que tous les autres. Les enquêtes menées depuis la Légion de gendarmerie du Sud-Ouest sur instruction du procureur de la République et la perquisition de son domicile ont révélé l’implication de cet officier dans ce vaste réseau. Permettant de lever tout équivoque sur les accusations qui pesaient sur sa complicité avec les autres maillons de la chaîne qui croupissent à la prison de production de Buea attendant les hautes instructions pour donner un coup d’accélérateur à la procédure judiciaire qui avait déjà clos la première partie de la procédure.

Tout part avec l’interpellation dans la nuit du 6 au 7 septembre 2010 aux environs de 21h30mn, par les éléments de la Brigade de gendarmerie de Muyuka et sur dénonciation des agents de sécurité de la Sonara, d’un camion de marque Mercedès immatriculé LT 512 AQ. Il partait en direction de Kumba et transportait 15 000 litres d’essence super. Le contrôle des documents va indiquer que ce carburant est enlevé au dépôt de la Sonara avec les bons de carburant de la Garde présidentielle. Plus grave, le chauffeur dudit camion et son assistant vont prendre la clé des champs au moment de son interpellation. La dénonciation fait état de ce que la fréquence des enlèvements du carburant au dépôt Sonara avec ses bons suspects de la garde présidentielle sont non seulement fréquents mais sont faits par des personnes civiles et des camions civils. Curieux ! Le véhicule est mis à la fourrière. Et les fins limiers flairent déjà l’implication dans ce vaste réseau des personnalités haut placées. C’est ainsi que le responsable de la sécurité de la Sonara, Nkeh Kevin va recevoir  une enveloppe contenant la somme de 500 000 Fcfa qui aurait été envoyée par le capitaine de Corvette Essomba Roger Emmanuel, alors chef de bureau du Budget et  des Finances de la Gp aux fins de libérer ledit camion.

 

L’enquête

Aussitôt informé, le directeur général de la Sonara saisi le Commandant de la Légion du Sud-Ouest en mettant à disposition les 500 000 Fcfa. L’affaire est aussitôt portée au procureur général de la Cour d’Appel du Sud-Ouest. 48 heures plus tard, le chauffeur du camion fugitif, Tapeu Marcel va se présenter à la Sonara, commis par son patron pour récupérer le camion sur le prétexte que l’affaire était arrangée. Interpellé et interrogé par les agents de sécurité de la Sonara, le chauffeur Tapeu Marcel passe aux aveux et affirme que l’essence de la Garde présidentielle allait être livré à des trafiquants. Et indirectement les rebelles de cette zone. Mis au parfum, par une plainte du Dg de la Sonara, l’affaire qui avait été préalablement confiée au Commandant de Compagnie de Limbé, le chef d’Escadron, Etelé Enondji Dieudonné est repris en main par le Commandant de la légion, Colonel Oumarou Ngalibou sur instruction du commandant de la 2è Région de gendarmerie de Douala. Ce qui a permis de révéler à titre d’exemple que d’avril 2009 à janvier 2010 ce trafic a fait sortir 1,6 million de litres (voir tableau ci-dessous).

Or du 11 août  2010 au 6 septembre 2010 la Garde présidentielle a enlevé à la régulière et pour sa consommation 15 000 litres de carburant toutes qualités confondues. Avec des bons signés par ordre par le capitaine de Corvette Essomba Roger Emmanuel, le chef du Bureau du Budget et des Finances de la Gp. Curieusement, les bons de carburants à enlever pour le compte de la Gp sont signés par le commandant de cette formation, le Capitaine de Vaisseau Mendoua. Ce n’est qu’en cas d’absence, que le capitaine de corvette Essomba avait autorité de signer par ordre. Or les enquêtes révèlent que ce dernier a continué à signer ces bons par ordre même lorsque le titulaire était en poste. Irrégulier ! Au final, les enquêtes révèlent que le Capitaine de Vaisseau Mendoua a signé les bons pour un total de 20m3 et le capitaine de Corvette Essomba en a signé pour 15m3. Fort curieusement, certains de ses bons portaient la même date malgré la différence dans la numérotation, permettant d’établir que Essomba détenait un carnet de bon parallèle.

André Som

 

Encadré

Des hauts responsables de la Sonara complicités

L’enquête a permis de démanteler quasiment le réseau animant ce trafic de carburant à la Sonara avec les bons de la Garde présidentielle. Outre le chauffeur du camion, Tapeu Marcel ; certains membres du personnel de la Sonara parmi lesquels des cadres ont aussi été interpellés et placés sous mandant. Il s’agit entre autres de Bakinde Arnaud basile, Ebong Ngole Wren Ebong, tous agents de la Sonara et Nlend Jean Yves, chef service des marchés intérieurs à la Sonara, l’une des plaques tournantes de ce réseau en complicité avec le Capitaine de Corvette Essomba.

 

 

Extrait des relevés des stocks sortis au compte de la Gp

- Avril 2009 : 15 camions citernes ont sorti au total  300 000 litres pour un montant de 180 millions Fcfa environ ;

- Octobre 2009 : 14 camions citernes ont sorti 280 000 litres pour un montant de 168 millions Fcfa environ ;

- Novembre 2009 : 15 camions citernes ont sorti 300 000 litres pour un montant de 180 millions Fcfa environ ;

- Décembre 2009 : 21 camions citernes ont sorti 420 000 litres, pour un montant de 252 millions Fcfa environ ;

Janvier 2010 : 19 camions citernes ont sorti 380 000 litres pour un montant de 228 millions Fcfa environ.

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