Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

Publicité

Le Snjc exige une enquête sur le décès en prison du journaliste Bibi Ngota

Liberté de presse

 

Dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 avril 2010, le directeur de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express a succombé des tortures et sévices de ses bourreaux

 

La nouvelle a fait le tour du monde dans la mi-journée d’hier suscitant consternation et désapprobation dans la corporation et par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme. Confirmant que le Cameroun est un terreau aux violations aux libertés. Triste réputation. Le Comité pour la Protection des Journalistes dans sa déclaration s’est « indigné par le décès de Bibi Ngota demande une enquête immédiate sur les circonstances de sa mort et l'assurance que trois autres journalistes en prison bénéficierons d’un traitement médical adéquat.» Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) n’est pas en reste. Il a condamné ce décès atroce et honteux pour le régime en place. Elle qui avait déjà dans sa déclaration de rentrée sociale du 10 avril 2010, vu le Cameroun amorcer allégrement une marche vers cette triste réputation de mauvais élève de pays où les journalistes sont bâillonnés, menacés de mort et le pie rets arrivé. Au cour de ces assises où Jean-Marc Soboth avait été remplacé au poste de 1er secrétaire exécutif par Alex Gustave Azebaze désigné pour assuré l’intérim au même poste pour une durée de six mois, une déclaration avait été prise, dans laquelle, le bureau exécutif national du Snjc élargie au conseil syndical et représentants des régions avait exigé du gouvernement : «l’arrêt immédiat et inconditionnel des harcèlements politco-judiciaires, les arrestations, incarcérations  et mauvais traitements des journalistes au Cameroun; actes qui ont pris de l’ampleur ces derniers mois de même que  les multiples manœuvres d’intimidation visant à brider la liberté d'exercice des journalistes camerounais», observés à l’approche de l’élection présidentielle de 2011 

 

Dans le communiqué qui a sanctionné la réunion urgente du Bureau exécutif national tenue hier jeudi 22 avril à Douala, le Snjc a dénoncé : «l’incarcération de plusieurs journalistes condamnés ou non et exigent leurs libérations immédiates comme signe d'apaisement en vue de rendre opératoire l’appel lancé au gouvernement dans le but d’entamer un processus inclusif devant déboucher le plus rapidement possible à la dépénalisation des délites de presse.» Avant d’appeler «à la mobilisation par toute la corporation de tous les moyens pacifiques de protestation afin que la suite de la mort de notre confrère ne soit pas mise aux oubliettes.» Tout en invitant ses partenaires nationaux et internationaux «à soutenir son combat en vue de la fin de violations systématiques de la liberté d'informer, de même que la fin de l'impunité des auteurs et complices desdites violations.» Mais auparavant, le Snjc qui sort de sa torpeur et veut s’affirmer comme le mouvement syndical défenseur des droits et intérêts de la des journalistes et de la profession  demande au Gouvernement « la mise en place d'une commission d'enquête indépendante en vue d'examiner et déterminer les circonstances de l’arrestation, la détention de ces journalistes ayant déjà débouché sur la mort du confrère Bibi Ngota. - d'ordonner parallèlement l'ouverture d'une enquête judiciaire en vue d'établir les circonstances la détention et la mort du confrère Bibi Ngota; et de poursuivre les auteurs des négligences qui ont abouti cette issue fatale ainsi que les commanditaires présumés de cette interpellation qui  avait toutes les allures de règlement de comptes au sein du sérail poltico-administratif »

 

 

Feel back

En février 2010 Bibi Ngota est Interpellés avec trois autres journalistes, les nommés : Serge Sabouang et Robert Mintsa, respectivement directeurs de publication des bimensuels La Nation et Le Devoir, et Hervé Nko’o, reporter à l’hebdomadaire Bebela, alors qu’ils mènent une enquête dans une affaire de «retro-commissions» où seraient impliquées plusieurs personnalités de l'Etat intervenant dans la filière de la gestion pétrolière publique. Notamment, du ministre d'Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Laurent Esso. Sous sa demande, ils sont interpellés et détenus une première fois au secret dans les locaux de la Direction nationale du Contre espionnage (DGRE, ex-Cener) où, selon les témoignages de leurs familles, ils ont subi des tortures et sévices corporels atroces ayant mis à mal leur état de santé. Après l'émoi soulevé au sein de la Communauté nationale des défenseurs des journalistes et des droits de l'homme, ils ont été libérés avant d'être inculpés par la justice pour «faux et usage de faux, usurpation du sceau de l'Etat, etc » sur instruction du procureur de la République près des tribunaux du Mfoundi qui agissait sur plainte du ministre d'Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République, Laurent Esso.

En effet, ce dernier les accuse de détention d’un faux document «confidentiel», sur laquelle il est porté une instruction donnée par le Pca de la Snh qui n’est autre que Laurent Esso à l’Administrateur- directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, de payer une commission globale de 1,342 milliard FCFA au sieurs Dooh Collins, Antoine Bikoro Alo’o et Dayas Mounouné, respectivement consultant, directeurs généraux du Chantier naval et industriel du Cameroun, et celui du Port autonome de Douala. Une somme qui représente des «frais de commission» dans le cadre de l’acquisition d’un bateau-hôtel par la Snh. Seulement depuis sa détention à la prison centrale de Yaoundé, il y a deux mois avec ses compères, on a appris que son l’état de santé s’était dangereusement dégradé comme pour ses autres compagnons. Car lors de leur incarcération à la Dgre en février dernier, ils présentaient à leur libération de sérieuses traces de torture. Ils ont affirmé avoir été brûlées au chalumeau à la plante des pieds, avoir été tabassés au fer à béton, contraints à de longues nuits de veille et d’interrogatoire, non sans  subir des simulacres de noyade. Malheureusement, toutes les démarches de la famille pour obtenir un transfert sanitaire dans un hôpital afin de bénéficier un traitement approprié se sont heurtées à un refus catégorique des autorités judiciaires et pénitentiaires alors qu’on le voyait mourir à petit feu. C’est pourquoi le Cpj «rend les autorités camerounaises directement responsables de la mort de Ngota, qui s'est vu refuser un traitement médical approprié en détention. Nous demandons une enquête immédiate sur les circonstances de sa mort et l'assurance que trois autres journalistes en prison bénéficierons d’un traitement médical adéquat.»

 

André Som, article publié dans Aurore Plus 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article