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Sorcellerie et justice populaire
Ils sont accusés d’avoir brûlé vive une sexagénaire pour pratique présumée de sorcellerie, et incendié la case de son amant. Conséquence les jeunes du village ont été contraints à l’exode ou à l’exil forcés.
Le village Bakwat réclame le retour sans condition de ses fils. Depuis la sordide affaire du lynchage en février 2008 d’une sexagénaire accusée de tuerie en série en usant des pratiques de sorcellerie, la gendarmerie s’est saisie de l’affaire et les jeunes, principales cibles ont pris la poudre d’escampette. La compagnie de gendarmerie du Moungo s’est saisie de l’affaire à la suite de la plainte de Beaudor Ngambi dont la case a été réduite en cendres par des jeunes révoltés du village Bakwat. Un an après, le 14 février 2009, Hermine Messima, membre de la famille Njanjo a reçu la convocation de se rendre à la légion de gendarmerie de Nkongsamba pour répondre des faits de complicité d’homicide volontaire et destruction de biens. Beaudor Ngambi, son beau-frère l’accuse d’être le principal commanditaire des actes odieux et macabres qui ont conduit à la mort de sa soeur de suite des actes de justice populaire perpétrés dans la nuit de vendredi 22 au samedi 23 février 2008. Ayant répondu à la convocation le 28 février 2009, au cours de son audition, elle a réfuté tous les faits mis à sa charge dans l’accusation. N’ayant pas d’éléments suffisants pour l’inculper, l’enquêteur l’a laissé repartir libre, tout en lui demandant de se mettre en cas de besoin à la disposition de la gendarmerie. Elle révèle aussi que l’enquêteur lui a fait signer un engagement la contraignant de signaler à la brigade de gendarmerie de Manjo, la présence de tout jeune de ce village qui a participé à ce forfait où qui aurait quitté le village au lendemain de ce forfait.
Malgré qu’elle a déjà affirmé et réaffirmé à la gendarmerie qu’elle n’était ni de près, ni de loin complice avec les auteurs de cet acte abject, même si elle reconnaît que la famille mettait à l’index la victime Régine Teke ; elle est régulièrement convoquée à la brigade de gendarmerie de Manjo pour être intimidée. Elle est accusée de ne pas coopérer. Pourtant, elle soutient qu’il lui était alors impossible d’identifier les auteurs de cette vindicte populaire massacre. L’enquêteur a voulu la rassurer qu’il n’était pas question de les interpeller, en revanche qu’il était question qu’ensemble, ils reconstruisent la case incendiée de Beaudor Ngambi. Auquel cas, la construction de cette case sera mise à la charge de Hermine Messima toute seule. Or, il est difficile pour elle de mettre à l’index un jeune de ce village, encore moins d’en rencontrer un. En outre, depuis qu’a eu lieu cette justice populaire horrible, en violation des droits de l’Homme et de la République, la menace du gendarme a déclenché une panique générale dans le village Bakwat par Manjo. La majorité des jeunes dont l’âge varie entre 18 et 30 ans, innocente ou présumée coupable a déserté cette bourgade de peur de représailles. Et la plupart d’entre eux sont portés disparus. Les uns proches de la famille Njanjo et les autres étant les habitants du village. Les parents sont depuis cette date sans nouvelle. On cite les cas de : François Xavier Elong, Mbenja Claude, Ewandja Théodore, Ewangue Salomon Ekoume Ewang Alain (fils du défunt Njanjo Joseph), Nyaka Marthe, Ndédi Calice, Bikek Dalide, la liste est loin d’être exhaustive. Une situation qui embarrasse les organisations des droits de l’homme, qui tout en condamnant la justice populaire ne comprend pas cette chasse hasardeuse d’une jeunesse aujourd’hui contrainte à jamais fugitive. Laissant au dépourvu la bourgade de Bakwat de sa force vive.
Mandjam toujours sous le choc
Les vieilles personnes réclament l’extinction de cette affaire qui remonte à la nuit de vendredi 22 au samedi 23 février 2008. Espérant ainsi que cela permettra à leurs fils et filles de donner signe de vie. Cette nuit là, le village Bakwat connaît un incident dramatique (Voir Le Messager du 06-03-2008). Dans un élan vengeresse, les jeunes en furie du quartier Mandjam avec la complicité tacite des habitants de ce village, prétend-on des sources proches de la gendarmerie, ont brûlé vive Mme Régine Teke, épouse Njanjo, sexagénaire, et mis le feu sur la case de Beaudor Ngambi, l’amant de cette dernière. Il n’aura la vie sauve qu’avec l’aide de son fils arrivé de Kumba pour les obsèques de l’inspecteur de police Jules Edia Njanjo. Ce décès de trop qui a mis le feu aux poutres. Avant que son fils ne parlemente, il va user de la machette pour résister aux assaillants, au point de trancher deux doigts à l’un de ses assaillants. Par la suite, il va se dérober par la porte arrière pour s’échapper à la furie des assaillants. Régine Teke et Beaudor Ngambi étaient accusés d’être les gourous d’un effroyable cercle de sorciers qu’on dit être à l’origine de la mort de la plupart des fils et filles du village Bakwat. Et particulièrement dans la grande famille Njanjo où dit-on, il était enregistré des décès et disparition en série des fils et filles qui étaient la fierté de cette famille. C’est le cas de Ndema Njanjo, Batoume Joseph, …la liste est longue, au point que les jeunes de ce village, en général et les membres de cette famille, en particulier, avaient tout simplement déserté le village pour éviter d’être tués par les sorciers où accusés d’être héritiers de ce pouvoir maléfique.
La goûte d’eau de trop a été le décès, le 10 février 2008 de l’inspecteur de police de 1er grade, Jules Ediah Njanjo, 45 ans, en service au commissariat central n°3 de Bonabéri. Lors de la veillée de ce dernier, une trentaine de jeunes âgés de 16 à 30 ans, décident de mettre fin à cette série de décès qui frappent ce village en général et en particulier la famille Njanjo à un rythme infernal. Les accusations étaient portées sur Mme Teke Régine, mère de l’inspecteur de police décédé. Ce qui a révolté les jeunes du quartier Mandjam du village Bakwat, et par ailleurs les a conforté dans leurs accusations, c’est qu’elle aurait contribué à l’élimination de tous ces enfants, ainsi que des enfants de ses coépouses. Deuxième épouse, dans un foyer polygamique de quatre femmes où elle a eu cinq enfants, dont quatre garçons et une fille, il n’en reste que le benjamin. Corollaire, on indique ainsi que le quartier Mandjam ne compte plus un homme de plus de 35 ans. «Ils sont tous morts de manière mystérieuse», affirme un des jeunes.
André Som, articlé publié dans L’hebdomadaire Aurore Plus du 6 avril 2010