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Cinquantenare de l'indépendance du Cameroun
Comment avoir le sentiment que le régime au pouvoir dans cette célébration a marqué sa peur de restaurer l’histoire et d’honorer la mémoire des héros et martyrs de cette marche sanglante et laborieuse vers l’indépendance. Car cette histoire n’est pas connue et ce qui est grave, c’est qu’on observe qu’elle n’intéresse même pas ses propres enfants. Pourtant ailleurs, on en a profité de cette célébration du cinquantenaire pour restituer l’histoire. Ce qui n’est pas le cas au Cameroun. Puisque même le Chef de l’Etat n’a évoqué dans ses discours que la notion des martyrs, sans pour autant citer les noms. Et personne ne peut dire qui sont-t-ils et personne ne s’est chargé de nous rappeler de quoi parlait-il. Même pas la conférence « Africa 21 » organisé pour dit-on jeter un regard sur l’Afrique de demain, celui du 21è siècle. Curieusement, à l’occasion on a encore fait comme on sait bien le faire dans le régime de Paul Biya, ignoré les acquis. Sinon comment parler de l’Afrique de demain sans inviter les artisans du Nepad qui est un programme précurseur qui a des années d’avance sur la question. Ou encore, de faire participer la Libye qui est l’artisan du concept des Etats-Unis d’Afrique qui prend progressivement corps avec la mise en place de la commission de l’Union africaine.
Le Cameroun a une histoire qui n’est forcement pas écrite. Pourquoi ? Parce que l’histoire du Cameroun n’a jamais intéressé les différents régimes qui se sont succédés. Et pour cause, ses régimes successifs sont des régimes fantoches, qui n’ont rien nationalisme. Et pour cela ils préfèrent occultés l’histoire pour se faire prévaloir. Alors que c’est l’histoire du Cameroun c’est celle des Um Nyobe, celle des nationalistes. Quelques citoyens camerounais, des amis de notre peuple et quelques organisations, comme l’UPC et d’autres, font des efforts louables et méritoires pour que l’Histoire du Cameroun soit écrite, sue et connue. Il s’agit bien sûr, de la vraie Histoire du Cameroun, celle vécue par des Camerounais. Malheureusement, la volonté de France, a plutôt été d’occulter l’histoire du Cameroun. Il ne faut pas oublier que le régime camerounais est l’héritier direct du régime colonialiste français. Et le colonialisme français n’a jamais voulu et n’a accepté que malgré lui l’indépendance du Cameroun. Il ne pouvait pas souhaiter que l’histoire soit écrit, connue et su. Il s’est organisé qu’il en soit ainsi. A cause des charniers, des crimes contre l’humanité, commis par la France et la troupe coloniale. Mais c’est un combat perdu d’avance. Personne n’a le pouvoir d’arrêter la roue de l’Histoire. Vous voyez, notre histoire est embarrassante, la preuve le président de la République n’a pas voulu préparer le cinquantenaire. Quand on veut préparer le cinquantenaire d’un évènement comme l’indépendance qui s’est déroulé un 1er janvier, on ne l’annonce pas dans la nuit du 31 décembre, ni quelques heures avant. On le prépare longtemps à l’avance. C’est ce qui s’est passé pour le Ghana en 2007, pour la Guinée Conakry en 2008, on met des années à l’avance en place une commission qui prépare l’évènement c’est ce que le Sénégal, le Togo ont fait, la Côte d’ivoire est entrain de préparer, bref les autres pays. Il ne fait pas de doute que notre indépendance gêne les gouvernants, parce que c’est le camp qui a combattu l’indépendance qui est arrivé au pouvoir. Car nulle part dans le monde ceux qui ont combattu pour l’indépendance ont été mis de côté. Exception au Cameroun.
Le cinquantenaire devrait être l’occasion pour nous de faire enfin une réconciliation nationale, dommage. Mais l’indépendance est là, ce sont les plaies et une occasion de revisiter notre histoire. De manière à intégrer dans les manuels au programmes scolaire l’histoire réelle du Cameroun. Afin d’enseigner aux jeunes camerounais tout le bouillonnement politique qui n’avait pas seulement pour acteurs les nationalistes mais aussi ceux qui se trouvaient de l’autre côté avec leurs arguments. De sorte qu’on ait dans une symbiose tous les arguments et témoignages qui permettent de faire la meilleure restitution de notre histoire. Car les deux décennies qui ont précédé l’indépendance ont été très riches en histoire politique pour nous.
Mais, il ne faut pas perdre espoir, un jour viendra où ces peuples comprendront qu’ils doivent prendre leur destin en main. Ensemble dans une révolte patriotique, on arrivera à construire l’Afrique. Une Afrique unie et indivisible, comme pensait Kwame Nkrumah. Ayons confiance en l’avenir, mais pour cela, il faudrait que les pouvoirs publics reconnaissent être dans l’erreur, car c’est des erreurs d’hier qu’on construit l’avenir.
André Som