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Cinquantenaire de l'indépendance
La notion d’indépendance du Cameroun dans un tel contexte est prise avec beaucoup de pincettes. Pour beaucoup de nationalistes et d’intellectuels, il est difficile d’affirmer que le Cameroun est indépendant. Certes, le Cameroun a un drapeau, un hymne, un président de la République et le Cameroun est membre de l’ONU. Malgré tout, cela ne suffit pas pour soutenir qu’il est un pays souverain. D’ailleurs, nous rappelle-t-on, notre constitution, depuis 1960, n’est que l’adaptation conjoncturelle d’un décret du Gouvernement français, datant d’avril 1957. Et chaque camerounais est conscient du fait qu’aucune décision d’importance ne peut se prendre à Yaoundé, sans l’aval préalable du Gouvernement français. Récemment encore, la France a imposé une renégociation conditionnelle des accords de partenariats, seulement ce n’est jamais le plus faible qui tient l’égalité. L’égalité étant quelque qui se revendique, qui s’arrache. Si c’est celui qui est le fort qui vous propose qu’on soit égaux, c’est qu’il y a quelque chose de fausser. D’ailleurs nous rappellent les historiens, Il ne pouvait en être autrement. Sinon comment comprendre que le Cameroun qui était sous tutelle de l’ONU, n’a jamais pu organisé des élections libres sous la responsabilité de l’ONU, comme l’Union des populations du Cameroun (UPC) et plusieurs patriotes camerounais l’avaient demandées afin que seuls les vainqueurs soient ceux qui accueilleront l’indépendance. A la surprise de tous, le gouvernement français s’opposa à cette proposition logique et fut soutenue par la majorité de l’ONU. « C’est ainsi que l’Indépendance fut réceptionnée par ceux que le Gouvernement français avaient choisis et mis en place, après s’être assuré qu’ils ne feraient que ce qui lui convenait.», soutient un nationaliste.
On peut dans cette lancée comprendre pourquoi, il y a cette dépendance à la France. Et cela se justifie avec le fait que Sarkozy exige la présence des chefs d’Etat des pays francophones au 14 juillet prochain. Une manière bien trempée de la France de démontrer qu’elle est demeure encore maître de ses quatorze pays. C’est dire si les traces de ce néocolonialisme sont encore très fortes. Sinon comment expliquer que, nous soyons un peuple qui pense l’indépendance à la tête, mais quant-il s’agit de l’économie du pays ce n’est pas encore tout à fait l’indépendance. En cela, il y a encore la monnaie qui n’est pas notre monnaie. Le fait même qu’on ait une monnaie qui s’appelle la communauté française d’Afrique (CFA) pose un réel problème idéologique. « Ce n’est pas possible. Aucune puissance colonisatrice n’a fait une décolonisation comme celle des français », clame les nationalistes. On peut faire référence à la recolonisation du pays avec les privatisations et les cessions de notre patrimoine national à des investisseurs étrangers et notamment français. Ce qui fait que la forme d’économie camerounaise est restée néocoloniale, matérialisée par l’emprise des grands groupes français comme Bolloré sur la majorité des fleurons de l’économie camerounaise. Les organismes comme la Banque mondial, le Fmi et ne sont pas en reste dans cette recolonisation des pays africains. On comprend pourquoi les nationalistes ne cessent de citer les martyrs comme les Um Nyobé qui, parlant de cette indépendance, on prédit qu’elle était une coquille vide. Et de conclure que le Cameroun en particulier et les pays francophones en général sont encore dans la bataille de la conquête d’une seconde indépendance. « Car le peuple camerounais d’une manière générale se sent indépendant, les gouvernements eux ont signé des accords avec les puissances coloniales qui font en sorte que l’indépendance n’est pas totale », argue un historien.
Toutefois, il y a des patriotes qui pensent qu’on ne peut pas dire que nous sommes dans la même situation qu’il y a 50 ans. Même s’il y a un discours militant qui consiste à dire que tant que nous parlons français, nous avons la monnaie imposée par la France et par conséquent tant qu’on est dans le néocolonialisme nous ne sommes pas indépendants. Or soutiennent-ils, le peuple camerounais a pris la mesure de notre responsabilité dans la construction de notre destinée. Et de déplorer, que le discours tribunicien de dénonciation ne se soit pas émancipé des paradigmes des discours occidentaux. Parce que l’Occident a fait de nous une société figée, de mendicité, et si nous avons des difficultés c’est que les révolutionnaires ne l’ont pas compris. « C’est vrai que nous sommes dans une situation paradoxale et ambiguë, c’est que nous sommes dans l’universalisme du monde, mais où je considère que nous sommes dans une situation paradoxale que nous n’assumons pas », clame cette patriote.
Mathieu Nathanaël NJOG