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70% de la populations n’a pas accès à l’eau potable

Eau et environnement

Les Lions club Saphir a organisé un diner débat sur le thème : Eau et environnement, vendredi 23 octobre 2009. La situation est alarmante.

 

«70% des populations de Douala n’ont pas accès l’eau potable. Elles se rabattent aux puits et aux forages qui ne respectent pas les normes élémentaires de creusage, notamment le périmètre de protection qui doit se situer à environ 20 mètres de toute activité humaine», s’accordent Mamert Florent Loe, Directeur de l’urbanisme, de la construction et de l’environnement à la Communauté urbaine de Douala (Cud) et François Eboumbou, conseiller stratégie à la Camerounaise des eaux (Cde). Cela est dû au retard que le Cameroun a accusé dans l’investissement et dans la vétuste des équipements. On peut citer entre autre, les derniers travaux d’extension du réseau de distribution d’eau qui date de 1988, et le château d’eau de Koumassi qui date de 1936.  Conséquence la Cde qui a repris les volets production, transport et distribution et la commercialisation  de l’eau potable dans un contrat d’affermage a pour l’année 2008, desservi 106 localités, soit le tiers des villes du Cameroun, pour un total de 260 000 abonnés.  La Cde a ainsi hérité de la défunte Société nationale des eaux du Cameroun (Snec), des infrastructures de production et de distribution, détériorés datant de 1935. D’où la volonté de remettre progressivement à niveau pour les inexistantes ; et renforcer l’existant pour étendre la capacité de distribution et du réseau de distribution. Conséquence, la Cde ambitionne de porter à 800 000, le nombre de ses clients en fin 2010.

Ce déficit d’accès à l’eau potable a entrainé les populations à un approvisionnement archaïque, douteux et une forte activité génératrice de revenues au tour de l’eau supposée potable. Mais donc, les experts disent qu’elle est de plus en plus incontrôlée et très dangereuse. La délégation régionale de la santé du Littoral dit avoir recensé en 2008, 70 000 puits à Douala pour les usages familiales, voire communautaire. «Les tests effectués à l’institut pasteur sur la quasi-totalité des eaux vendues en sachets a révélé que ces eaux sont impropres à la consommation», affirme Dr Richard Esso, de la délégation du ministère de la santé. Car les sources d’approvisionnement restent douteuses. Les puits sont construits à côté des latrines, au versant des eaux versées, et eaux vannes (issues des matières fécales et des tombes). Pis encore, ces eaux sont consommées sans avoir subi aucun traitement si oui approprié. «C’est dire combien l’eau c’est la vie, mais également la mort, si on ne sait pas bien la gérer, car un certain nombre de comportements rend l’eau un danger», souligne Mamert F. Loe.

 

Zone épidémiologique

Dans ce cas, la Cde n’est pas aussi épargné. Elle se plaint de : - la position de la décharge du Génie militaire de Douala de la société Hysacam qui est situé au bassin versant des stations de captages de Massoumbo et Japon - de la construction du barrage de Lagdo qui annulé la nappe d’eau d’approvisionnement, ce qui rend difficile le captage et le traitement de l’eau dans cette région - la ville de Yaoundé pour sa part ne dispose pas de station de traitement d’eau. Au-delà de la consommation, l’eau est aussi très dangereuse pour l’environnement. D’autant plus que l’action de l’eau peut rendre le sol instable, entraînant l’érosion, et par ricochet des éboulements. D’ailleurs, un contrôle de la nappe phréatique de la ville de Douala, effectué par  l’Agence internationale atomique d’énergie a déterminé que le sol de la zone Kotto est pestique (trait à un infection de la peste), par conséquence déconseillée au creusage de puits et forage, confie Dr Richard Esso. Avant de conclure que Douala est une zone épidémiologique. Elle est exposée aux maladies causées par l’eau : choléra, conjonctivite, méningite, maladies diarrhéique,…

En organisant le dîner-débat sur le thème de : «Eau et environnement», le Lions club Douala Saphir avait pour objectif de «sensibiliser les populations sur les missions respectives des organismes et entreprises en charge de l’eau et de l’environnement», affirme Mme Crescence Nganti, la présidente. Les panelistes suscités auxquels il faut ajouter : Nouanjou Simon, de la Sabc et Pierre Joël Kamga de la Cde, sous la modération de Barbara Etoa ont également dans l’ensemble fait un état des lieux des institutions respectives chargées en approvisionnement en eau ; évalué les risques de la détérioration de la qualité à court et à moyen terme ; et de la problématique de la gestion des eaux usées.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Focal
 

Eau potable

Alerte 80% des camerounais n’ont pas accès

Selon le rapport de l’Institut national de la statistique du Cameroun (Ins), -40% des ménages sont raccordés aux réseaux d’eau potable et plus de 85% utilisent des modes d’assainissement individuel. Face à cette situation alarmante, l’Ong : Action pour un développement équitable intégré et durable  (Adeid) fait le tour des régions pour sensibiliser le grand public, mais aussi mobiliser les organisations de la société civile à la réflexion pour la rédaction du projet de plaidoyer pour un meilleur accès des populations à l’eau potable et à l’assainissement du Cameroun. Sa caravane a fait escale à Douala vendredi 30 octobre 2009. Le constat est cinglant, les populations sont en permanences exposées à des maladies hydriques. La Camerounaise des eaux (Cde) société d’affermage reconnaît ses limites, mais le met sous le compte de l’actif qu’il a hérité de la défunte Société nationale des eaux du Cameroun (Snec). Les infrastructures sont vétustes et délabrés. Toutefois, la Cde dit être engagé dans un processus visant à réaliser l’exploit réussit au Maroc, où elle a avec le concours de ses partenaires ramené le taux d’approvisionnement en eau potable à 100% dans les zones urbaines et 90% dans les zones rurales. Les travaux de captage d’eau à Tiko en cours et que réalise les chinois vont permettre de ramener dès janvier 2010 l’approvisionnement d’eau potable dans la ville de Douala qui de 30% actuellement à 50%. Mais en attendant, l’Adeid, les Osc et les collectivités décentralisées réunies constatent que la situation est alarmante. Le représentant du maire de Douala IVè a tiré la sonnette d’alarme face à la situation qui prévaut dans sa commune. Où les populations consomment essentiellement des eaux de puits et de forages non ou mal traitées, ce qui justifie la prolifération des centres de santés privés vers lesquels les populations recours pour se faire soigner des maladies hydriques.

 

 

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