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Batailles pour le contrôle de 13 milliards

Institution - Conseil national de la jeunesse

Les élections du Conseil national de la jeunesse démarrent le 6 et 7 novembre 2009 par les communales. Les rapports de la Direction générale de la recherche extérieure épingleraient le ministre de la Jeunesse.

 

C’est désormais un secret de polichinelle : l’arrestation du jeune Tchabet Rodrigue (voir Le Messager n° 2973 du lundi 2 novembre 2000), candidat à la présidence du Conseil national de la jeunesse du Cameroun (Cnjc)est la conséquence d’une bataille qui oppose la Direction générale de la recherche extérieure (Dgere) et le ministre de la Jeunesse (Minjeun) au sujet de la mise en place de cette institution créée par le président de la République. C’est que, les rapports envoyés à la présidence de la République par les renseignements généraux reprennent les récriminations et les frustrations des associations des jeunes qui décrient le mécanisme ayant conduit à l’adoption des textes ; la confiscation des débats ; la non prise en compte des amendements dans la mouture finale ; le chantage ; l'intimidation ; la manipulation et la corruption qui auraient émaillé la procédure d'adoption des amendements du projet des textes du 16 janvier 2009.

Conséquence, plus de 300 associations de jeunes réunies autour d’un mouvement unificateur ont engagé une campagne de boycott et même de création d’une plate-forme rivale au Conseil national de la jeunesse du Cameroun. Les rapports de la Dgre, selon une source généralement bien informée, feraient aussi étant de ce que les pontes du régime s’activent à fausser le processus électoral depuis la base pour positionner leurs protégés (progénitures) dont certains ont été ramenés de l’étranger et disséminés dans les associations fictives, créées rapidement dans les provinces où ils iront briguer des mandats dans les bureaux départementaux et régionaux. Selon Abega Mbellé, leader associatif et président de la Fondation conseil jeune (Fcj), la détermination du Minjeun et de certains pontes du régime d’avoir une main mise sur le Cnjc est un enjeu financier de 13 milliards Fcfa que devra débloquer l’Etat pour l’implantation des structures régionales du Cnjc.

 

Commanditaire

Mais, selon des sources informées, les rapports des renseignements généraux ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la réelle menace que représente le boycott annoncé par des associations des jeunes et les tripatouillages que les jeunes dénoncent. Dans la commune de Douala Vè, sur la centaine d’associations de jeunes déclarées, seules neuf ont été inscrites pour prendre part aux élections. C’est ainsi Rodrigue Tchabet dans sa sortie médiatique du samedi 23 octobre au cours de laquelle, il s’est fait le porte-voix des associations des jeunes et dénoncé les manœuvres de Mme Jacqueline Koyock, délégué régional de la Jeunesse du Littoral et du ministre Adoum Garoua, au point de demander la démission de ce dernier. Selon le concerné, la Dgre l’a contacté lundi 26 octobre alors qu’il était dans le bureau de Mme Koyock  qui lui proposait d’abandonner ses ambitions pour la présidence régionale du Cnjc.

«Elle a suivi comment la Dgre me demandait de me rendre à Yaoundé le lendemain mardi pour déposer sur les récriminations que j’avais faites concernant le processus de mise en place du Cnjc. Elle a tenté de me dissuader de ne pas y aller. En vain. C’est alors qu’en soirée, je vais recevoir le coup de fil téléphonique du secrétaire général du Minjeun qui me propose de ne pas me rendre à la Dgre, auquel cas de passer d’abord au ministère de la Jeunesse où le ministre m’y attend», soutient Tchabet. Proposition qu’il va décliner. C’est ainsi que le lendemain matin, mardi, il est interpellé par deux policiers en civil. « Ils disent être en mission commandée par le ministre de la Jeunesse. Ils vont me maintenir toutes la journée à la place Leclerc, en me proposant de leur donner 500 000 Fcfa pour me laisser m’échapper. C’est faute de céder à cette proposition qu’ils m’ont conduit au commissariat du 1er arrondissement où on dit ne plus les connaître. Et par la suite, ils sont allés perquisitionner mon domicile», raconte Tchabet Rodrigue, toujours incarcéré dans les cellules du commissariat du 1er arrondissement à Douala. Nos tentatives pour rencontrer Mme la déléguée se sont soldées par un échec. Dans ses services où le reporter du Messager est passé lundi entre 12h30 jusqu’à 15h, ses collaboratrices se refusent à tout commentaire. « Elle seule peut vous répondre », éludent-elles. De même, le numéro de téléphone qu’on lui attribue sonne indéfiniment dans le vide, renvoyant systématiquement le correspondant au répondeur. En attendant ses éventuels éclairages sur cette affaire qui s’attaque à sa probité morale, plus de 300 associations envisagent déjà de créer une dissidence, en mettant sur pied un Conseil national de la Jeunesse bis (voir article ci-dessous).

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

 

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