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Affaire Mapouro - Un an déjà
Les funérailles du policier Hervé Michel Mapouro Njifon, tombé sous les balles du chef d’escadron Emile Bamkoui, ont eu lieu samedi 14 novembre 2009 à Foumban. Simultanément, son bourreau a organisé aussi des festivités à Yaoundé.
Cela fait un an que l’inspecteur de police Hervé Michel Mapouro Njifon, en service au commissariat de l’aéroport international de Douala, est décédé dans les conditions troubles et tragiques. La famille a organisé ses funérailles samedi dernier 14 novembre 2009 à Foumban. Parallèlement, le chef d’escadron Emile Joël Bamkoui, auteur de ce meurtre, organisait aussi à Yaoundé du vendredi 13 au dimanche 15 novembre des cérémonies à caractère pluriel pour saluer sa libération, se réconcilier avec les siens et pour exorciser le meurtre de l’amant de son épouse. Elles se sont s’achever par une messe d’action de grâce à l’église fraternelle presbytérienne sise derrière l’hôtel Grand moulin à Yaoundé. Certaines indiscrétions au ministère de la Défense laissent entendre que l’officier de gendarmerie va enfin porter les épaulettes de Lieutenant –colonel le 1er janvier 2010. Et est pressenti pour occuper les fonctions de chargé militaire à l’ambassade des Etats-Unis. Toutefois, la sérénité n’était pas de mise du côté du Chef d’escadron Emile Bamkoui.
Selon les membres de la famille Mapouro, l’officier de gendarmerie les aurait saisis à plusieurs reprises pour demander des excuses pour cet incident qui a conduit au décès de leur frère et sa disponibilité à leur apporter son soutien dès que de besoin. «Nous lui avons répondu que nous n’attendons rien de lui, si oui qu’il nous épargne des menaces qu’il avait proférées à notre endroit au terme de ses démêlées judiciaires», sérine un membre de la famille Mapouro. On se souvient que lors de la première audience au tribunal militaire de Yaoundé, Bamkoui s’était engagé à prendre en charge l’éducation de l’enfant de Mapouro qui n’était pas encore né. Par ailleurs, Bamkoui a exprimé son chagrin de savoir que son épouse Mme Bankoui née Mvoune à Ekoron Danielle, gardien de la paix principale qu’il appelle ironiquement désormais Mme (veuve) Danielle Mapouro et avec laquelle, il ne partage plus le même toit depuis cet incident, devrait être du déplacement de Foumban. «Sachant son épouse très fragile et émotive, il redoutait qu’elle craque et ne lâche le morceau. Vous savez, le nouveau code de procédure n’a pas permis que les témoins, notamment son épouse qui est la principale témoin, soit suffisamment exploitée lors du procès», affirme un membre de la famille du défunt.
Des remords
La famille est loin d’avoir digéré l’issue de ce procès. «Il n’était pas question pour nous de démontrer que Mapouro et Mme Bamkoui n’étaient pas des amants, mais de prouver que cet acte était un assassinat prémédité et savamment orchestré, qui a eu lieu hors du camp de gendarmerie de Mboppi et maquillé», ajoute la famille du défunt. Le jeudi 17 septembre 2009, la Chambre militaire de la Cour d’appel du Centre, statuant en matière criminelle va casser le jugement du tribunal militaire de Yaoundé du 5 mai 2009. Le réduisant quasiment à néant. En ramenant de 18 mois d’emprisonnement ferme à 5 jours de prison ferme la peine de Bamkoui Emile. Le ministère de la Défense propriétaire de l’arme du crime, sera condamné à payer 500 000 Fcfa à chacun des sept frères et sœurs du défunt, soit un total de 3,5 millions Fcfa de dommages intérêts. Au lieu de 10 millions Fcfa décidé par le premier juge. Germaine Mouchingam, fiancée du défunt et leur nouveau-né venu au monde après le décès de son géniteur, ont vu leur demande de réparation rejetée. La condamnation aux dépens de l’officier de gendarmerie, Emile Bamkoui est passée de la somme de 21 millions francs cfa à 100 000 francs Cfa. Pour en arriver à cette décision la Cour d’appel du Centre a annulé le jugement pris par le tribunal militaire pour violation de la loi. Tout en déclarant coupable Bamkoui de meurtre, la Cour lui a admis des circonstances et excuses atténuantes.
En effet, le chef d’escadron Emile Joël Bamkoui soutient que dans la nuit du 13 au 14 novembre 2008, il a retrouvé en flagrant délit d’adultère dans la chambre réservé aux visiteurs, l’inspecteur de police Hervé Michel Mapouro Njifon, à poils avec son épouse. Pour neutraliser ce dernier, il a ouvert le feu. Blessé à la suite des coups de feu, l’infortuné mourra au petit matin de ses blessures à l’hôpital Laquintinie. Les jurés de la Cour d’appel du Centre ont mis cela sur la négligence du corps médical. Pour les avocats et la famille Mapouro, il reste des interrogations sans réponses. En outre après que l’accusé ait plaidé coupable, et que le commissaire du gouvernement ait requis la peine à vie, ils sont restés sur leur fin face aux décisions successives.
Marlyse Sibatcheu, article publié dans Le Messager du 16/11/2009