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Les avocats décident le boycott des prétoires

Menace - Barreau du Cameroun

La condamnation de Me Etienne Abessolo, avocat au barreau du Cameroun à 15ans d’emprisonnement ferme met le barreau en ébullition. Le Conseil de l’ordre a décidé d’une semaine de non port de la robe.

 

Le Conseil de l’ordre a siégé hier, samedi 13 juin 2009 d’urgence pour se prononcer sur la proposition d’un mot d’ordre de boycott des prétoires, arrêtée lors de l’audience criminelle de la Cour d’appel du Littoral de jeudi 10 juin 2009. Audience statuant sur l’affaire ministère public et le Port autonome de Douala (pad) contre Siyam Siwe et onze autres coaccusés, poursuivis pour coaction de détournement de deniers publics et complicité d’escroquerie foncière. Le Conseil de l’ordre était attendu sur la question. Heureusement, elle est allée dans le sens de la solidarité qui a prospéré depuis jeudi dernier. Le Conseil de l’ordre a décidé dès ce lundi 15 juin 2009 d’une semaine de boycott des prétoires. En attendant de voir l’évolution des négociations qui sont menées. Si rien n’est fait, une assemblée générale extraordinaire sera convoquée dans un mois pour arrêter une action plus forte. 

Il faut dire que pour les avocats présents à la Cour d’appel du Littoral jeudi dernier, la proposition portait sur un mois de refus de port de la robe.  La détermination des avocats étaient perceptibles jeudi dernier, au regard de l’importante mobilisation, le pied de grue à la Cour d’appel du Littoral,  et la manifestation pacifique effectué en plein audience. Ils protestent contre l’inculpation de leur confrère Me Abessolo Etienne. Après avoir regagnés la salle précipitamment à l’annonce de la reprise de l’audience, après 8h30 de suspension, pour le prononcé du jugement, ils sont ressortis par une procession silencieuse au moment où le président de la collégialité a commencé à lire la décision. Cela n’a rien changé au sort de leur confrère qui s’en est tiré avec 15 ans d’emprisonnement ferme. La même nuit, il a été conduit à la prison de New-Bell avec les autres condamnés à l’exception de Siyam Siwe qui a été ramené à la Légion de gendarmerie du Littoral où il est détenu depuis son arrestation en 2006 à l’entame de cette affaire.

D’aucuns regrettaient que les confrères de la défense n’aient pas profité du moment du prononcé du délibéré sur la culpabilité pour créer un incident judiciaire en refusant de plaider. «Ce n’était pas la bonne décision sinon au regard de la condamnation inévitable qui pesait sur nos clients, ils n’auraient pas compris notre attitude et nous auraient accusé de complicité avec leurs bourreaux pour aggraver leur peine. Il était judicieux pour nous de plaider les circonstances atténuante tout au moins», soutenait  un avocat de la défense. Avant d’ajouter «Il revient au barreau de prendre ces responsabilités, même s’il faut qu’on décidé de boycotter les prétoires pendant des mois.» Les avocats présents à la Cour d’appel jeudi dernier dénoncent le fait que leur confrère est inculpé pour avoir perçu légalement ses honoraires dans une prestation offerte en bonne et due forme. Et en outre que, motivant sa décision, le juge a soutenu que les avocats ne peuvent intervenir que dans les contentieux judiciaires et que dans le cas d’espèce la prestation offerte par Me Abessolo au Pad sous la direction de Siyam Siwé n’en était pas une. Les avocats estiment que c’est restreindre leurs prérogatives qui sont : le conseil, l’assistance, la défense des intérêts des personnes devant les juridictions … D’autant que tous y voit une volonté de clochardiser la profession d’avocat à qui ont veut lui retirer toutes ses prérogatives comme le prescrit la loi de 90. Surtout qu’un arrêté du Premier ministre, président de la commission des marchés publics cité par le président de la collégialité, va dans le même sens.

 

Focal

Ramer à contre courant

Seulement, avant cette décision du Conseil de l’ordre, on apprend que certains avocats sont fortement divisés sur la question. Parlant sous anonymat, la première opposition serait partie selon nos sources des confrères de la ville de Yaoundé. Ils développent des positions contraires au point de retourner plusieurs autres qui manifestaient hier. Ils estiment que la démarche est maladroite et tardive. «Ce n’est pas après la condamnation qu’il faut mener des actions, c’est faire preuve de mauvais perdant. Car lorsqu’on accepte d’être juger par une juridiction on s’est qu’on s’attend soit à une condamnation, soit à un acquittement », affirme notre source. Un autre d’ajouter : «A cet effet, c’est en aval qu’il fallait mener des actions auprès du ministère de la justice pour que notre confrère Me Abessolo soit extrait de cette procédure. Lorsqu’il a accepté de se faire juger en instance d’abord et par la suite à la Cour d’appel, c’est qu’il accepterait de se soumettre à la décision.» D’autres mènent le débat contradictoire sur l’objet qui fait problème. Ils vont dans le sens du ministère public pour reconnaître que la prestation de Me Abessolo était en elle-même délictueuse. «En admettant d’aller faire un recouvrement sur une subvention de l’Etat due au Pad qui est une entreprise étatique, il savait qu’il était dans une opération peu orthodoxe de gros sous. Surtout qu’il ne s’agissait pas d’une créance.»

 

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

 

 

 

 

 

 

 

 

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