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Association Santé
Le Centre Orchidée home et plusieurs autres acteurs de soutien aux enfants autistes ont entamé une large campagne de sensibilisation.
En prélude à la 3ème journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, qui se célèbre tous les 2 du mois d’avril, le lycée Dominique Savio a abrité samedi 14 mars 2009 une conférence débat sur le thème : «l’autisme n’est pas irréversible». Elle était animée par la psychothérapeute Malika Adam. Elle-même mère d’un enfant autiste. Il était question de montrer que l’autisme n’est pas une fatalité, mais un handicap qu’on peut remédier, mais pour cela, il faut aux parents des enfants atteints par ces troubles envahissants du développement un peu plus de patience. «Il est prouvé aujourd’hui par de nombreux scientifiques que l’autisme n’est pas irréversible. Qu’avec des apprentissages et rééducations spécifiques, ainsi que d’un accompagnement soutenu, l’enfant autiste pourra trouver sa place au sein de la société, y compris à l’école et au travail», affirme Malika Adama. Elle entendait faire partager son expérience de parent d’une fille autiste qui a réussi son intégration sociale. Mais pour cela, «il faut absolument passer l’information que les personnes touchées par l’autisme ne sont pas dans un cycle incurable, mais qu’ils peuvent parfaitement sortir de ce cercle douloureux pour eux et pour leur famille», insiste-t-elle. C’est pourquoi, elle soutient avec force et arguments que l’autisme n’est pas une maladie, mais un syndrome. «L’autisme a des origines neurologiques, liées en suite à des troubles neuro-comportementaux. Les parents ne sont génétiquement pas responsables de l’autisme de leur enfant», soutient la conférencière devant un public composé de médecins, promoteurs de centre d’éducation des déficients mentaux, des enseignants et des parents.
Structures d’accueil insuffisantes
Seulement, il faut que les enfants présentant des troubles envahissants du développement soient pris en charge et plus vite ce sera, ils auront une chance de s’intégrer. Car il y a des techniques expérimentées qui commencent à prouver leur efficacité. Malheureusement, les classifications internationales (CIM 10 ou DSM IV) validée par l’Oms sont encore difficilement appliquées. Au Cameroun, la plupart des médecins appliquent encore des anciennes classifications françaises des troubles mentaux (CFIMEA). «Elles conduisent à des diagnostiques, des dysharmonies psychotiques ou des psychoses au lieu de poser un diagnostique d’autisme ce qui amène à des mauvaises prises en charge et à une attitude attentiste des équipes médicales au lieu de mettre en place une rééducation spécialisée et soutenue», révèle Malika Adam. Il existe sur Douala plusieurs associations à l’instar du Centre Orchidée Home, Cameleon, Anaïssa,… oeuvrant dans la récupération des enfants autistes.
Le Centre Orchidée Home (Coh) qui est pionnière en la matière au Cameroun a annoncé lors d’une conférence de presse donnée le 9 mars 2009 l’organisation «des journées camerounaises de l’autisme» qui se dérouleront du 31 mars au 2 avril 2009. Avec un accent sur la formation des médecins aux techniques de diagnostics précoces de l’autisme. Une formation qui sera assurée par le Dr René Tuffreau, pédopsychiatre. Pour la présidente Marie Melanie Bell, le but est de sensibiliser davantage les acteurs de la santé, de l’éducation, les familles et la communauté nationale à ce handicap, qui hélas est d’autant moins pris en compte qu’il est nié. L’enfant étant souvent considéré comme atteint d’un maléfice.
Depuis 2007 que le Coh organise des campagnes de sensibilisation, les statistiques montrent l’importance de mobiliser d’autres partenaires publics et privés. A ce jour 500 familles d’enfants autistes ont été recensées, 115 parents et médecins ont montré leurs intérêts à comprendre ce syndrome, 107 enfants ont été diagnostiqués et attendent une prise en charge. Le Coh a une capacité d’accueil de 16 places. C’est dire que les structures d’accueil sont encore largement insuffisantes à Douala et partant au Cameroun.
Mathieu Nathanaël NJOG