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L'ambassadeur du Congo au cameroun et la ministre de la santé du Congo
Santé
Coopération sud-sud /
L’expertise camerounaise de lutte contre la stérilité du couple, très prisée, se vulgarise dans le continent et limite de plus en plus les voyages sanitaires vers l’occident.
Samedi 27 septembre 2008, une délégation congolaise, conduite par Mme Emmanuelle Raoul, ministre de la santé, des affaires sociales et de la famille qu’accompagnait l’ambassadeur du Congo au Cameroun S.E. Eric Epeny Obondzo, Pr. Jacques Silo et le directeur de la santé du Congo, était en visite au Centre de procréation médicalement assistée (Cpma) de Douala. Le premier en Afrique subsaharienne. Cette visite entre dans le cadre de la coopération sud-sud. L’objectif est de monter à terme un Cpma à Brazzaville. Cette visite a précédé le stage d’imprégnation de l’expérience camerounaise dans la procréation médicalement assistée des médecins. C’est dans cette perspective que le Dr Guy Sandjon, promoteur de la Cpma de Douala va séjourner au Congo du 15 au 18 octobre 2008 pour participer aux premières journées congolaises sur la prise en charge de l’infertilité du couple.
Avant les autorités congolaises, les autorités burkinabés et Ivoiriennes avaient déjà profité de cette coopération sud-sud. Elle a permis avec le concours des médecins camerounais spécialisés en la matière de mettre en place dans chacun de ses pays un Cpma. Respectivement en 2007 à la Clinique La Grâce Marie de Ouagadougou du Dr Eric Konnyale et en 2008 à la Polyclinique Pisam à Abidjan du Dr Wako Sylvie. Des pourparlers sont encours pour que avec le Gabon et le Sénégal pour bénéficier de cette expertise. Au Sénégal, il est question de corriger le Cpma de Dakar que dirige le Dr Gérard Fayeni.
C’est depuis 1997 qu’une équipe de six médecins crée le premier Centre de procréation médicalement assistée (Pma) d’Afrique subsaharienne à la clinique de l’aéroport. Constituée des gynécologues Guy Sandjon, Ernestine Gwet Bell, Berthe Bollo et Monique Onomo et des biologistes Christian Pani et Nicole Akoun, cette équipe va très vite s’aguerrir aux différentes techniques de lutte contre la stérilité du couple (Microchirurgie tubaire, Coelio-Chirurgie, Fécondation in vitro et Transfert des gamètes, Insémination artificielle). Et le fruit de ce travail est promoteur avec la naissance le 14 avril 1998 du premier bébé par fécondation in vitro (Fiv) nommé Tommy. En 2004, cette équipe est reconstituée et comprend désormais cinq membres : les gynécologues Guy Sandjon, Berthe Bollo, Onomo et les biologistes Christian Pani et Carine Wafo Youta. Leurs travaux de recherches permettent au Cpma de Douala de s’enrichir de la toute dernière technique d’injection intra cytoplasmique de sperme (Icsi) avec le soutien du Dr Guy Cassuto du laboratoire Drouot à Paris, par ailleurs parrain du Cpma de Douala. « Grâce à cette technique de micro-injection, nous avons repoussé les limites de stérilité masculine dues aux spermes défectueux. Et cela a permis d’améliorer les résultats au point de faire grimper le pourcentage de 25 à 30% », affirme Dr Kafunda Munda gyneco- obstétricien. Ainsi trois techniques sont utilisées aujourd’hui au Cpma de Douala : L'iac (insémination artificielle avec sperme du conjoint) ; La Fiv (Fécondation In Vitro) ; et l'Icsi (intra-cytoplasmic spermatozoa injection). Cette technique est particulièrement adaptée dans les infertilités d'origine masculine. Les chances de grossesse sont de l'ordre de 25% par ponction. Ainsi les statistiques des onze années d’expérience de la Cpma de Douala font état de près de 3000 ponctions effectuées pour plus de 1000 grossesses obtenues et plus de 500 accouchements.
Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager