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Sit-in des temporaires de la Camtel à Douala

Manifestation des temporaires devant la direction provinciale



Tension sociale -
Mouvement d’humeur

Une manifestation pacifique des agents d’intérim a paralysé le fonctionnement de la direction provinciale de la Camtel Littoral, hier, jeudi 9 octobre 2008.

 

Jeudi 9 octobre 2008, journée mondiale de la poste et et vendredi 10 octobre 2008, les agents temporaires de la Camtel Douala ont entamé un mouvement d’humeur qu’ils promettent maintenir sur la durée. «Il s’agit pour nous d’exprimer notre ras-le-bol. Nous entendons tenir jusqu’à ce que nous ayant gain de cause», affirme Roger Mbem, le porte-parole. Dès les premières heures de la matinée, une dizaine d’agents temporaires se regroupent dans le hall du siège de la Dpl avec des pancartes cartonnées pour se faire entendre pacifiquement et discrètement. Ils sont repoussés hors de l’enceinte où ils s’asseyaient devant l’entrée principale. Une présence qui va entraîner un important attroupement des curieux et la mobilisation des éléments du commissariat du 7è arrondissement.

Une situation qui a mis en branle tous les responsables de la Dpl Camtel. Chacun allant de son talent de négociateur pour dissuader les manifestants de mettre fin à cette manifestation. En vain. Même la réunion qui a regroupé, Mme Judith Achidi Achu, directeur provincial Littoral de la Camtel, deux représentants des manifestants et deux délégués du personnel (Ngoma et Tega) n’y a rien fait. «Nous entendons à travers cette manifestation que nous allons poursuivre tous les jours lancer un signal fort au directeur général de la Camtel pour qu’il se penche sur notre sort», déclare  Roger Mbem. Les agents temporaires qui sont au nombre de 300 dans un effectif de 700 personnes que compte la Dpl Camtel et qui revendiquent 3 à 10 ans d’ancienneté, réclament prioritairement leur intégration inconditionnelle conformément à l’article 123 alinéa 1 du code du travail. Cet article stipule qu’au-delà de six mois de travail, le temporaire devient de fait un employé permanent.

 

En outre, les agents temporaires réclament de meilleures conditions de travail et de sécurité sociale. Ils dénoncent, l’absence de congés et le non paiement de salaire lors des congés de maternité. Et déplorent le fait qu’ils subissent des abattements arbitraires sur leurs maigres salaires (qui varient entre 50.000 et 80.000 Fcfa). Par ailleurs ils s’étonnent que, pendant que toutes leurs démarches d’intégration restent lettres mortes, des recrutements parallèles sont opérés. « A ce jour, il y en a eu plus de 600 personnes, à compétence égale, sinon souvent inférieure La directrice est revenue hier avec onze nouveaux recrutements», souligne Marthe. Or, pour MM. Essomba et Agbeya, Directeurs à la Dpl, les recrutements effectués jusqu’ici, tiennent compte du profil des postulants.

Mme Judith Achidi Achu, directrice provinciale Littoral de la Camtel dit ne pas comprendre ce qui justifie ce mouvement. Cette tension couve depuis l’important mouvement d’humeur de juin 2008.  Les temporaires réclamaient l’application de la plate-forme mise en place en décembre 2007. Celle-ci prévoyait qu’au mois de juin 2008 tous les droits seraient déjà liquidés et qu’en fonction des besoins et des compétences des uns et des autres, certains devraient être retenus. «Mais les évènements de fin février 2008 sont venus ralentir le processus et les instructions gouvernement qui ont suivi ne permettaient plus qu’on mette à la porte plus de 300 camerounais », affirme Mme Judith Achidi Achu. Avant de poursuivre : «Bien avant déjà, les projets pour lesquels ils ont été recrutés sont arrivés, mais la direction générale de Camtel a estimé qu’on ne pouvait pas laisser autant de Camerounais dans la rue ». A ce jour, vingt temporaires sont partis sur la base des départs volontaires, mais leurs camarades décrient la base de calcul des droits sociaux. Puisque chacun a perçu 1,2 millions  Fcfa avec dix ans d’ancienneté. Curieusement le syndicat national des télécommunications est indifférent devant ces cas.

Mathieu Nathanaël NJOG publié dans Le Messager du 10-10-208

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