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Cnic : Le plaidoyer de Antoine Bikoro


Dorié, Directeur de la production et Antoine Bikoro, le Dg

Tension sociale -
Explications

Le directeur général a pris des dispositions pour éponger les arriérés des allocations des employés temporaires.

 

Le travail a repris son cours au Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic). Hier, lundi 6 octobre 2008, les activités se poursuivent en toute sérénité. Les employés temporaires sont aux postes de travail. Ceux qui n’avaient perçu leur salaire du mois d’août 2008 sont passés à la caisse. Le mouvement d’humeur ne s’est pas poursuivi. Le directeur général, Antoine Bikoro Alo’o, s’est employé pour éviter que la situation dégénère à nouveau : «Nous étions au courant de cette menace et nous avions pris les dispositions pour étouffer cette grève dans l’œuf ». Dans la matinée, le Dg du Cnic a rencontré les délégués du personnel de l’Union industrielle du Cameroun (Uic), une société rachetée par le Cnic, il y a trois ans. Samedi 4 octobre déjà, le Dg avait rencontré les délégués du Cnic. Le dialogue portait sur les enjeux de la mission d’assainissement à laquelle il a invité le personnel à contribuer pour redresser la société afin d’éviter la banqueroute. Car cette entreprise a présenté un bilan négatif de plusieurs dizaines de millions pour l’exercice 2007.

Dans la même lancée, Antoine Bikoro Alo’o a tapé sur les doigts des collaborateurs qui sont à l’origine de certaines blocages. Notamment, les instructions de liquidation des arriérés d’allocations congés du personnel temporaire des six premiers mois de l’année 2008. «J’ai trouvé qu’il y avait un mécanisme qui voulait qu’on cumule les droits des employés temporaires pour les payer en fin d’année. J’ai donné instruction de ne pas payer en retard et qu’on anticipe la paie. J’ai interdit les paiements additifs. J’estime que c’est injuste, car ce sont des gens qui sont recrutés par des contrats à l’ouvrage, et sont payés à la tâche. C’est pourquoi depuis juillet 2008, j’attache du prix pour que  leurs allocations congés qui représentent le 1/6è du salaire dû soit payé dans leurs soldes », affirme Antoine Bikoro. Il en va aussi de cette habitude qui date depuis l’ancien directeur, qui voudrait qu’on paie les temporaires un mois sur deux. «Les anciennes habitudes ont la peau dur. J’ai demandé que cette situation soit liquidée afin que les temporaires n’aient plus d’arriérés de salaire, mais je constate que rien n’est toujours fait », soutient Antoine Bikoro.

 

Procédure de recrutement rénovée

Il faut dire que le Cnic emploie près de 1500 employés temporaires fichés. Seulement, leurs sollicitations sont faites de manière ponctuelle, en fonction de l’importance des activités. « Lorsqu’il y a une activité importante, on nous appelle au quartier, on vient travailler et nous sommes payés à la tâche sur la base d’une fiche de pointage journalière », souligne Jacob N. Et depuis la prise de fonction du nouveau Dg par intérim, il a mis en place une procédure de recrutement pour éviter les emplois fictifs qui font perdre à cette société des dizaines de millions de francs au profit des réseaux qui se sont bien encrés.

Ainsi, lorsqu’un projet est annoncé, le chef de projet établi le devis. S’il est bénéficiaire, la direction générale valide. Et les besoins sont aussi posés. Le chef de bord ou de secteur fait la demande et les temporaires recrutés sont validés sur une fiche où quatre signatures sont apposées. En plus des deux précédents, il y a celui du chef de la production et du directeur général. Or, il se trouve que Dorié, le directeur de la production, vient de démasquer plus 400 temporaires recrutés sans que la fiche porte sa signature et la signature du Dg. « Ce qui rend de fait nul, ce recrutement. Et pénalise les temporaires qui ont effectivement travaillé. Mais c’est aussi par ce moyen que sont infiltrés les emplois fictifs », fait remarquer, Antoine Bikoro.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

 

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