La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
Qu'une oligarchie s'accapare le pouvoir est déjà, en soi, mauvais, mais si, en plus, cette dernière le fait, non pas pour construire le pays mais, bel et bien, plutôt, pour le détruire, l'anéantir,... avec l’argent du contribuable et du pétrole, alors c'est la catastrophe. Tel est le cas au Cameroun
1- Le Cameroun en otage d'une oligarchie destructrice….
Qu'une oligarchie s'accapare le pouvoir est déjà, en soi, mauvais, mais si, en plus, cette dernière le fait, non pas pour construire le pays mais, bel et bien, plutôt, pour le détruire, l'anéantir, alors c'est la catastrophe. Tel est le cas pour l'oligarchie au pouvoir au Cameroun, en cette fin de règne du renouveau. Une oligarchie : vicieuse, pernicieuse, haineuse, égocentrique, destructive et ploutocrate tient en otage la République... avec l’argent du contribuable et du pétrole. Des malicieux pour certains, truands pour d’autres, ont compris le système. A leur tour, ils font désormais chanter cette oligarchie.
2- La République est en danger “ Dis moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es.”
Il ne faudrait nullement se bercer d'illusions. Les hommes prennent le pouvoir, avant tout, pour en jouir. Néanmoins, ils peuvent, se faisant, s'atteler à améliorer les conditions de vie de la population. En tout cas, c'est ainsi en Afrique. Dans le cas du Cameroun, c'est encore pire. Depuis l'accession de notre pays à l'indépendance, l'oligarchie au pouvoir s'est attelée, essentiellement, à s'enrichir de manière éhontée, sans se préoccuper des conditions de vie de la population.
3- L'or noir est éphémère, l'or vert est éternel
La première grande illustration de cette attitude a été l'exploitation du pétrole camerounais, après que le gouvernement français soit parvenu à obtenir d'Ahmadou Ahidjo, le président d'alors, de mettre fin au fédéralisme au Cameroun, afin de laisser à la compagnie française Elf, les mains libres pour cette exploitation.
Au lendemain de 1972, en effet, alors que les Camerounais s'étaient mis à se réjouir du démarrage de l’exploitation du pétrole de leur sous sol, le discours que le président de la République s'était mis à développer a plutôt consisté à leur demander de ne pas se poser de questions sur ce pétrole, sur les quantités produites quotidiennement, le montant de la vente de celui-ci, etc. Les Camerounais se souviennent encore de la singulière déclaration suivante du président de la République, qui leur était demeurée en travers de la gorge : " l'or noir est éphémère ; l'or vert est éternel ". Traduction : continuez à cultiver, sagement, l'arachide, le plantin, le macabo, l'igname.
C'est de là que proviendra notre salut, notre développement. “L'or noir " éphémère camerounais, pour sa part, a vu le produit de ses ventes non budgétisé. Scandale des scandales pour un pays pauvre et arriéré comme le nôtre. Le gouvernement de l'époque avait inventé une astuce comptable à la fois ingénieuse et inédite : le compte hors budget. Ainsi, jusqu'à une date toute récente, les recettes pétrolières du Cameroun n'étaient pas budgétisées. Il aura fallu une injonction énergique de la Banque Mondiale pour que cette aberration puisse, tant bien que mal, être corrigée.
De même, alors qu'il existe un ministère en charge des Mines et de l'Energie au Cameroun, le pétrole de notre sous-sol avait été placé sous la tutelle du Secrétariat Général à la présidence de la République, autrement dit, du président de la République en personne. Résultat, après que le premier président du Cameroun se soit retiré du pouvoir, les Camerounais ont appris, médusés, que celui-ci détenait, bien au chaud, dans un compte bancaire en Suisse, et sous son nom, s'il vous plait, la bagatelle somme de 900 milliards de francs Cfa. Choquant.
Mais, dans le même temps, le pays accusait, par rapport à d'autres ayant obtenu l'indépendance, au même moment que lui, et pauvres d'égale manière, un retard considérable au niveau des infrastructures. Moins de 2000 kilomètres de routes bitumées, peu d'hôpitaux, peu de lycées, une seule université, 22 années après la proclamation de l'indépendance, électrification rurale inexistante, pas de télévision, etc, etc. Et pourtant, que d'investissements n'aurait-on pas pu réaliser avec un tel pactole. Avec l'avènement du régime du renouveau, on se serait attendu à une correction radicale de ces disfonctionnements.
Malheureusement, il n'en est rien. L'opacité continue à régner dans l'usage des revenus pétroliers. Il aura fallu le scandale de l'acquisition de l'avion présidentiel pour que les Camerounais disposent, enfin, d'une explication sur ces derniers. 40 milliards déboursés, contre l'avis de la Banque Mondiale et du FMI, et par conséquent en catimini, pour cette affaire foireuse. Ils sont également en train d'apprendre, à travers d'autres scandales révélés par la presse, que les fonds du pétrole servent, également, à financer les campagnes électorales du président de la République. On fait semblant d’inquiéter les responsables concernés alors même qu’après leurs forfaits, ils ont plutôt eu des promotions. Choquant.
Source Journal La Cité Numéro 89 –Août 2008