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Gouvernance (suite)
Qu'une oligarchie s'accapare le pouvoir est déjà, en soi, mauvais, mais si, en plus, cette dernière le fait, non pas pour construire le pays mais, bel et bien, plutôt, pour le détruire, l'anéantir,... avec l’argent du contribuable et du pétrole, alors c'est la catastrophe. Tel est le cas au Cameroun
6- L'enrichissement spectaculaire et scandaleux de la minorité au pouvoir aujourd'hui
La seconde grande illustration de cette attitude, est, aujourd'hui, la manière dont " l'élite " anti-patriotique s'enrichit, avec la complicité de l'Etat, en ces dernières années du régime du renouveau.
Dans le secteur para-publique, la nomination d'un directeur général de société, se traduit, automatiquement, dans les jours qui suivent, par une hémorragie financière, pour la société d'Etat, d'au minimum, 200 millions de francs cfa : achat d'une à deux VX, 70 millions X 2 = 140 millions, réfection totale jusqu'au mobilier, à coup de dizaines de millions, du domicile que venait, pourtant, d'occuper le prédécesseur,c'est à croire que celui-ci avait le corps entièrement couvert de gale et qu'il faudrait s'en prémunir, déblocage de plusieurs millions de francs pour offrir à boire et à manger aux personnes, ô combien nombreuses, qui viennent adresser leurs félicitations à l'heureux promu, etc.
Dans le cas de la nomination d'un ministre, l'hémorragie financière pour le trésor public est encore plus élevée. Dès que le nom du promu jaillit à la radio, le DAG du ministère concerné, refait, dans les meilleurs délais, l'intérieur de son domicile, commande des caisses et des caisses de champagnes et de whiskies pour couvrir la beuverie qui, des jours durant, va s'en suivre, déblocage par le ministère d'une somme variant entre 30 et 50 millions tenant lieu de prime à la nomination, de souhait de bienvenue dans le cercle restreint des bienheureux de la République, etc.
Une fois en fonction, usage abusif des " crédits de représentation ", (le trésor public camerounais autorise les membres du gouvernement à puiser, à leur guise, la somme d'argent qui leur convient, pour préserver la bonne image du Cameroun, chaque fois qu'ils se déplacent à l'étranger ; c'est pourquoi les ministres accompagnent systématiquement les délégations camerounaises à toutes les rencontres et réunions à l'étranger), et, naturellement, madame, le beau-frère, le cousin, deviennent, immédiatement, prestataires de services numéro un du ministère, au point ou l'on assiste, parfois, purement et simplement, à un transfert budgétaire au bénéfice de ceux-ci.
Sur un budget d'investissement de 10 milliards de francs, par exemple, il est fréquent de voir un ministre empocher, à travers se proches, prestataires en chef du ministère, 500 millions à un milliard de francs Cfa, voire plus, l'an. C'est de cette manière que s'expliquent les fortes sommes qui défilent aux oreilles des Camerounais, toutes les fois où un dignitaire du régime se retrouve entre les mains de la justice.
Avec ce pactole, les membres du gouvernement s'offrent, tous, des châteaux des mille et une nuits à travers la ville de Yaoundé, sans omettre celle du village. Une bonne partie de cette rapine est investie dans l'immobilier, à travers le monde, et planqué dans des paradis fiscaux. Dans le même temps, pas un seul comprimé de nivaquine n'est offert, gratuitement, dans quelque hôpital que ce soit au Cameroun ; de jeunes écoliers se retrouvent assis à dix sur une table-banc, le bitumage des routes se fait au compte goutte, la construction de logements sociaux est inexistante, etc. Mais, la destruction du pays par les " élites " camerounaises ne s'arrête pas là. Elle se poursuit au niveau des moeurs.
5- Moralité Zéro
Singulier sort que celui du régime du renouveau finissant. Il s'était placé sous le double signe de la " rigueur dans la gestion et de la moralisation des comportements individuels et collectifs ". Inutile de revenir sur la " rigueur dans la gestion ", le Cameroun ayant été, deux années consécutives, classé champion du monde toutes catégories de la corruption. Il importe plutôt de s'attarder sur la " moralisation des comportements ". Ce régime a plutôt produit tout à fait le contraire de ce qu'il avait annoncé.
C'est quotidiennement que des histoires de pédophilie et de pédérastie touchant de très hauts dignitaires du régime s'étalent à longueur de pages des journaux et médias. Le président de la République, lui-même, à la faveur d'un discours à la jeunesse un 10 février 2006 au soir, était monté au créneau : " c'est la vie privée des gens… " Quelques jours après, un jeune homme a été défenestré du huitième étage de l'hôtel Hilton. A ce jour, la quasi-totalité de ses proches collaborateurs est, une fois de plus, empêtrée dans un scandale du même genre. Aucun nom n'est épargné. Pour tout dire, au Cameroun, question moralité, les " Dieux sont tombés sur nos têtes "
Le pays est traîné dans la boue, à cause des agissements de quelques individus égocentriques. Dans un monde en pleine mutation, où seuls la compétence et la compétitivité priment, de quelle succession peut-on parler avec une classe politique pernicieuse? Seul le peuple doit décider.
Source Journal La Cité Numéro 89 –Août 2008