La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
AKONO
Depuis 5 mois environ, un lopin de terre situé dans le périmètre urbain d’Akono, en face de la mairie est l’objet de convoitise de la part de l’opérateur de téléphonie mobile Mtn (Mobile Telephone Networks). D’une superficie de 400 mètres carrés, le terrain litigieux est réparti en 2 parcelles limitrophes.
L’une des parcelles a été attribuée à Dieudonné Oyono, élite du terroir qui entendait y construire, d’après des sources concordantes, une radio communautaire. L’autre parcelle a été attribuée en 1984 d’après les mêmes sources à Tabi François, à l’époque, président de la sous-section Rdpc de la Mefou et Akono en vue de la construction de la permanence dudit parti politique. Plusieurs années après cette répartition territoriale, la radio communautaire n’a pas vu le jour. Une permanence du parti Rdpc a cependant été construite dans l’autre parcelle.
Considérant que l’autre parcelle de terrain n’a pas été occupée, la sous-préfecture, sous le couvert de la préfecture de la Mefou et Akono, a décidé de rétrocéder le lot à un postulant actif « étant donné qu’aucun terrain dans le périmètre urbain n’est à vendre » d’après le sous-préfet d’Akono Guy Léo Ngosso. Compte tenu de la volonté de Mtn d’étendre ses antennes dans la région, cette compagnie de téléphonie est apparue comme un acteur engagé. C’est ainsi que, par l’arrêté préfectoral N° 027/08 du 27 Février 2008, par le préfet de la Mefou et Akono, Pierre Ndounda, Mtn a été autorisé à implanter ses antennes « à Akono dans un site de son choix ».
C’est ainsi que, 5 mois après la signature du préfet, Mtn a opéré une descente sur le terrain. Il s’en est une assise entre une équipe de prospection de Mtn et les autorités administratives, municipales, et traditionnelles. Au cours de cette assise, Monsieur Nida qui pilote le projet d’implantation pour le compte de Mtn a jeté son dévolu sur la parcelle de terrain réservée à la construction de la radio communautaire et à celle abritant la permanence du parti Rdpc. Ceci a-t-il expliqué, « pour des raisons techniques et d’adéquation au type d’investissement ». Un choix qui a soulevé des réactions de désapprobation chez plusieurs autorités qui ont évoqué des « vices de procédures ». Le maire, Marie Hélène Ngoa, a dit n’avoir été informé ni de l’intention de Mtn d’implanter ses antennes à Akono, ni d’un rapport écrit de prospection effectué sur ledit site.
Confortant cette position, le premier adjoint préfectoral de la Mefou et Akono, Rachel Akono, a demandé à Mtn de « choisir un site moins polémique » et ceci, « de manière procédurière » sermonnant par la même occasion : « On ne bafoue pas l’administration ». Pourtant, le représentant de Mtn est resté inflexible. Pour lui, il n’est pas question d’abandonner cette « position stratégique ». Mais, face à la détermination des autorités, il s’est éclipsé de la salle sans crier gare.
La décision des autorités de surseoir à la validation du choix de Mtn dans la zone n’est pas du goût de tous les fils de la localité. C’est le cas d’Obama Ottou, commissaire de police retraité qui a crié son indignation. « Si Mtn vient à Akono, n’est-ce pas pour le bien de la population ? On peut construire la maison du parti n’importe où et pourtant, ce n’est pas le cas pour l’implantation des antennes. Le Directeur Général adjoint de Mtn est un fils d’ici. Il veut amener le réseau chez lui et ses frères refusent. Ça, c’est une éternelle lutte d’influence entre nous les Bétis » a-t-il crié en marge de la réunion.
Lutte d’influence, cupidité ou vice de procédures ? Un sac de nœuds que les parties devront dénouer. Pour l’heure, il est difficile de dire si Mtn renoncera à cette parcelle de terrain « stratégique » pour l’implantation de ses antennes. D’un autre côté, il y a comme une volonté manifeste de nuire à la démarche de l’opérateur de téléphonie si tant est que la maison du parti Rdpc est elle-même embroussaillée et mal entretenue. Dans l’indifférence apparente de ceux qui aujourd’hui, prétendent lui accorder un intérêt soutenu.
Source cameroun.be
Zénabou NKOUANDOU et Mohamadou HOUMFA