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Expropriation - Giratoire Joss – Besseke
La Communauté urbaine de Douala spolie une famille d’un terrain de 5314m2 sis à la vallée de l’échangeur Joss pour le mettre à la disposition d’un opérateur économique. Les ayants droit dénoncent.
Hier, jeudi 10 juillet 2008, une horde d’agents de la Communauté urbaine de Douala (Cud) ont fait une descente musclée à la vallée Besseké en contre bas de l’échangeur Joss pour démolir les bâtiments et déguerpir les sociétés qui y sont installées. Motif, ce terrain a été cédé à Jean Claude Feutheu pour construire un hôtel international d’une valeur de 9 milliards de Fcfa. Ce projet entre dans le cadre de la politique d’assainissement (dudit site) et d’embellissement de la ville de Douala. Allez s’enquérir de la raison de ce déploiement des engins et du personnel de la Cud, Blaise Ntanda Daa, un des ayants droit de cette propriété foncière appartenant au défunt Dieudonné Ntanda lui a valu d’être molesté par la police municipale «Métropolis».
Les sociétés installées sur ce site crient à l’autoritarisme du délégué du gouvernement. «Notre demande de report du délai de 10 jours est restée sans suite et nous avions seulement été surpris ce matin avec l’arrivée des engins de la Cud qui ont aussitôt entamé de démonter la toiture et détruire les bâtiments». C’est dans une agitation indescriptible que les employés de chacune des sociétés essayaient de sauver ce qui pouvait encore l’être. Non sans décrier l’imbroglio qui a conduit à cette situation. «Nous étions liés par un bail commercial à la famille Ntanda, un de ses quatre matins une mise en demeure nous apprend que c’est un domaine de l’Etat cédé à un opérateur économique pour construire un hôtel cinq étoiles alors que notre bail est encore en cours », affirme Kamga, des Arts et métiers. Ils déplorent aussi les pertes que leurs sociétés vont enregistrer. «L’investissement consenti pour aménager notre espace va en perte et profit; notre marchandise va perdre 40% de sa valeur; les commandes de nos clients ne pourrons pas être livrées; mon nouveau site est encore en chantier et est dépourvu d’électricité. Pis encore, je ne pourrais pas payer mon personnel», relève André Ngamou, Pdg de TO Design.
Violation de procédure
Les ayants droits de la famille Ntanda, se sont mobilisés sur les lieux, impuissants, abattus et larmoyants; ils disent être victimes d’abus. «Dès réception de la mise en demeure, nous avons saisi le Chambre administrative de la Cour suprême où notre opposition de démolition a été enrôlée et l’audience a lieu le 17 juillet 2008. Mais, nous sommes étonnés que la Cud n’attende pas l’aboutissement de cette procédure et use des voies de faits pour nous spolier de notre propriété foncière », s’offusque Ntanda Daa. « Il ne fait pas de doute qu’il y a anguille sous roche. Cela doit être une affaire de gros sous», poursuit un membre de la famille qui semble mieux introduit. Pis encore, le matériau de mise en valeur a été emporté par la Cud.
Spoliation
Le 26 janvier 1986, feu Dieudonné Ntanda, ex-Pdg des Ets DA. Martin acquiert 73 machines industrielles se trouvant sur le site occupé par les anciens Ets A. Marty à la vallée Besseké, à hauteur de 41.440.000 de Fcfa versés au Trésor. Profitant d’une décision de mise en vente de gré à gré de ce site (en contre bas du pont Joss), en 1995 par le ministre de l’urbanisme et de l’habitat, Ahmadou Moustapha; feu Dieudonné Ntanda achète le terrain querellé d’une superficie de 7551m2 à 11.326.500 Fcfa. Les actes qui donnent droit de cette vente sont remis en cause par le ministre Halilou Yerima Boubakari qui remplace Moustapha. La Cud qui s’appuie sur cette position estime que le propriétaire est un occupant sans droit, ni titre.
Lorsque le chantier du giratoire Joss et entamé, il est question de démolir en partie les murs des bâtiments occupés par Omnium service pour élargir l’échangeur. Curieusement, Omnium service contraint de libérer le site est indemnisé par la Cud et pas les ayants droits. Au moment où toutes les démarches d’obtention de titre foncier échouent sur les prétextes qu’il relève du domaine de l’Etat. Ce que la commission Ad hoc chargé de statuer sur la question ne confirme pas. « Le terrain concerné est situé en dehors du titre foncier n°3625W appartenant à l’Etat du Cameroun », précise le procès-verbal du 4 mars 2008. Le délégué du gouvernement, Fritz Ntoné Ntoné, opte de céder ce site à la société hôtelière Djeuga Palace. « Jean Claude Feutheu envisage de d’ériger un hôtel de renommé international. Le montant provisoire de l’investissement est de l’ordre de 9.350.000.000 de Fcfa. Il est serait le plus important à Douala au cours de ces trente dernières années, avec effet de contribuer à la relance du tourisme », relève sa lettre d’appui adressé au ministre des domaines et des affaires foncières (Mindaf). L’accord du Mindaf se réjouit de la redevance foncière de 26.570.000 Fcfa qu’elle générera.
Mathieu Nathanaël NJOG Le Messager du 11-7-2008