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Opération Epervier - Douala
Nguni Effa sur des braises. Ambiance à la Scdp
Hier, lundi 31 mars 2008, alors que est opérée d’une vague d’arrestations à Yaoundé dans le cadre de l’opération Epervier II, c’est dans un climat de suspicion que les employés vaquent à leur occupation. Devant la guérite, trois employés (deux hommes et une femme) profitent de leur pause pour deviser sur les arrestations des hautes personnalités de la république et anciens gestionnaires des institutions publiques. Ils s’appesantissent sur les rumeurs faisant état de la présence de leur directeur général, Jean Baptiste Nguini Effa dans la liste des arrestations en vue. Le service de sécurité assuré par les agents d’une société de gardiennage de la place filtre au peigne fine toutes les entrées. Laissant présager une certaine inquisition.
Un climat qu’on comprend, lorsque certaines indiscrétions vont confirmer la présence dans l’entreprise depuis quelques jours des fins limiers du contrôle supérieur de l’Etat. Curieuse coïncidence. Ce qui vient encore rajouter aux suspicions et à la frilosité des employés. C’est ainsi qu’on apprendra que le maître des céans n’est pas au pays. « Il y a un peu plus de deux mois, Jean Baptiste Nguni Effa a fait une crise aiguë dans laquelle il a failli laisser la vie. Il a été contraint à une évacuation sanitaire dans un hôpital en Europe », confie un des collaborateurs, avant de poursuivre : «Il y a quelques semaines, il est revenu au pays avant de repartir pour un check up ». La même source nous révèle qu’il pourrait regagner le pays ce jour mardi 1er avril 2008. On va s’assurer que ce n’est pas un poisson d’avril.
Tension interne
Il est constant qu’au sein de cette entreprise, le climat est très tendu depuis près de deux années. On accuse certains cadres d’œuvrer pour obtenir le limogeage du Dg. Et on dit aussi Nguini Effa être victime d’une campagne d’un lobby au devant duquel sont portés les chefs sawa pour le positionnement des fils de la région à la tête des sociétés d’Etat de la capitale économique. On reconnaît à cet effet qu’en plus de la demande du contrôle de gestion des entreprises publiques qu’avait commandé le chef de l’Etat dans le cadre de la campagne d’assainissement, la Scdp reçoit une multiplicité des contrôles qui frise l’acharnement. «Depuis que je suis dans cette entreprise, je suis vraiment surpris par le nombre de contrôles de toute sorte que nous recevons ces dernières années et à des fréquences inimaginables », avoue notre source avant d’ajouter : «Il ne fait pas de doute qu’on cherche par tous les moyens à trouver les erreurs de gestions du Dg. Ce qui est inévitable lorsqu’on est dans une volonté de nuire quelqu’un qui a plus de quinze ans à la tête d’une entreprise».
Au mois de mars 2007, une affaire de vente frauduleuse des titres de la Scdp d’une valeur de 160 millions Fcfa que détenait la Caisse autonome d’amortissement (Caa) avait défrayé la chronique au point de conduire à l’audition du Dg et de tous les anciens et nouveaux cadres des services financiers de cette société à la division provinciale de la police judiciaire. (voir Le Messager du 27 mars 2007). La presse avait fait ses choux gras et certains confrères annonçaient l’arrestation imminente de Nguini Effa dans le cadre de l’opération épervier I. Dans l’entourage du Dg, on a vite fait de s’étonner que cette affaire connaisse en son temps une si forte médiatisation. Tout en précisant que c’est la Scdp qui y a eu gain de cause. Pourtant certains observateurs y voient toujours l’un des épineux dossiers qui pourraient l’emporter. « C’est une banale affaire où La Scdp était arrivé à obtenir qu’elle soit dédommagée ». Touetfois, ils reconnaissent qu’il y a des dossiers plus sérieux et concernant d’importantes sommes sur lesquels ils pourraient répondre et éclairer la lanterne de qui de droit dans une éventuelle confrontation. Est-ce ce qui pourrait justifier son retour annoncé en cette période chaude ?
Mathieu Nathanaël NJOG