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Politique – Après les soulèvements sociaux
Ils sont à leur deuxième convocation à la Division de la police judiciaire du Littoral. Jusqu’ici seuls cinq ont été entendus sur procès verbal pour des infractions graves.
Lundi 24 mars 2008, cinq militants de différentes chapelles politiques répondent à une convocation du Chef de la division provinciale de la police judiciaire du Littoral (Dppjl). La deuxième en l’espace d’une semaine. Il s’agit de Robert Simo du Pds (Parti socialiste démocrate), Banda Kani (Manidem), Ngo Eheck (Chargé de la communication de Mboua Massock), Patient Parfait Ndom (membre du bureau politique de l’Upc) et Benjamin Zock (Nouvelle force de progrès). Leur chef d’accusation porte sur les infractions de : « Conspiration et réunion séditieuse en vue de porter atteinte aux institutions de la république ». Ceci au cours d’une réunion sécrète qu’on prétend qu’ils auraient tenue dans la nuit du 1er mars dernier en compagnie de Moukouri Moulema (Secrétaire général adjoint du Sdf), Djeukam Tchameni (Mouvement pour la démocratie intégrale) et Lazare Wowé (qu’on qualifie d’indic), les trois absents.
Les premières interpellations ont eu lieu les 13 et 14 mars dernier et seuls les quatre premiers avaient répondu présent. Ils ont été tous entendus sur procès verbal. Hier, lors de la deuxième convocation, un cinquième s’est ajouté à la liste, en la personne de Benjamin Zock. Il dit avoir été entendu dans la matinée sur procès verbal avant d’être convié dans l’après-midi pour répondre à la convocation d’ensemble. « Je ne suis pas dans la ville depuis plusieurs semaines, je l'ai prouvé avec les tickets de transports. Arrivé ce matin (hier lundi Ndlr), mon téléphone a sonné et on m’a demandé de répondre à une convocation à la Pj, au cas contraire on décernerait contre moi un mandat d’arrêt », déclare Benjamin Zock. Après soixante minutes passées dans le bureau du chef de la Dppjl, ils ont été remis en liberté. « Nous avons passé une heure à nous ronger les pousses. Il dit qu’il voulait vérifier toutes les informations, mais ce qu’ils ne peut pas faire dès lors que toutes les personnes incriminées dans cette affaire ne sont pas présentes », lancent-ils en chœur.
Chasse aux sorcières ?
Mais pour ces cinq militants de partis politiques, il ne fait aucun doute que leurs interpellations sont politiques et fait suite aux soulèvements sociaux de la fin de semaine de février dernier. « Dans leurs recherches des boucs émissaires, ils essaient de monter de toutes pièces des scenarii d’accusations qui ne sont vrais que dans leurs têtes », lancent-ils. Ce qu’ils soutiennent par des argumentaires. «Voyez-vous, nous ne nous connaissons pas tous et ils disent que nous étions à cette réunion avec Djeukam Tchameni que j’ai vu pour la dernière fois en octobre dernier et le même soir il voyageait pour l’Afrique du Sud », témoigne patient parfait Ndom. Dans la même lancée Ngo Eheck alias « Aïcha » dit ne pas connaître Moukouri Moulema avec qui ont avoir tenue cette « prétendue réunion séditieuse ». Ce qui les a conduit à la conclusion qu’ils subissent là : « Un harcèlement moral et financier », affirme Banda Kani.
A la Police judiciaire, on précise qu’il ne s’agit pas d’une affaire politique, car elle n’est compétente que pour des délits de droits communs. « En cas d’infraction, nous rassemblons les éléments de preuves, nous trouvons les auteurs et nous les livrons à la juridiction compétente qui juge et décide s’ils doivent comparaître livre ou sous mandat de dépôt provisoire », souligne un responsable, avant de préciser : « il ne nous revient pas de faire dans l’abstrait. Nous sommes là pour faire éclater la vérité ».
Mathieu Nathanaël NJOG