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(Suite II)
La Participation directe de la France au Génocide
Malgré le fait que la France ait joué un rôle direct dans le génocide contre les Bamileke, la SCAPO a décide de s’abstenir de faire appel à l’inculpation de ses dirigeants politiques et militaires pour la simple raison que ce sont des français qui avaient eux-mêmes participé à ce génocide qui ont décidé de passer aux aveux en faisant publier des œuvres à ce sujet. N’eut été le courage de leur démarche, le génocide du Cameroun Français demeurerait dissimulé. Pour cela, la SCAPO les salue ! La SCAPO est aussi d’avis qu’il appartient aux français de décider du sort à réserver à leurs dirigeants en pareille situation.
La SCAPO veut saisir cette occasion pour lancer un vibrant appel au Président Nicolas Sarkozy, afin de l’exhorter à emboîter le pas de ses compatriotes soldats qui ont décidé, pour des raisons de conscience, de rompre le silence et dire toute la vérité sur les crimes qui ont été commis par les dirigeants de leur pays dans les jungles de l’Afrique Equatoriale. Il ne s’agissait pas d’une guerre conventionnelle, comme celle de Dien Bien Phu. C’était un génocide pur et simple ! Nous demandons au Président Sarkozy de tout mettre en œuvre pour qu’un tribunal soit créé, afin d’amener les criminels qui sont toujours au pouvoir au Cameroun Français à répondre de leurs actes. C’est la seule solution qui permettra à la France de rompre définitivement avec son passé gaulliste, et de regagner sa place d’honneur dans le monde. Pour nous, cela sera suffisant.
Le génocide commis au Cameroun Français a connu ses débuts avec le massacre des Bassa pendant la guerre insurrectionnelle qui a commencé vers 1955, et dont l’objectif était de mater le mouvement indépendantiste de l’UPC que dirigeait Monsieur Ruben Um Nyobe. Au moment où le Cameroun Français devenait un pays indépendant, le 1er janvier 1960, le mouvement de l’UPC était quasiment maté, mais le pays Bassa avait déjà enregistré plus de 200.000 de victimes. Ruben Um Nyobe et Félix Rolland Moumié, qui furent les grands leaders de l’UPC, furent également assassinés, respectivement en 1958 et 1960.
Pourquoi les Bamilekes étaient Visés
L’aspect le plus curieux du génocide des Bamileke est à la fois son intensité et le barbarisme qui l’a accompagné, mais aussi et surtout le fait que ce génocide est survenu après la réunification du British Southern Cameroons et du Cameroun Français, qui a été fêtée le 1er octobre 1961. Son intensité et son barbarisme s’expliquent par le fait qu’il a été perpétré par une division mécanisée de l’armée française qui fut déployée au Cameroun Français, sous les ordres du Président Charles de Gaulle, dans le cadre de l’accord de coopération qui fut signé par le Président de Gaulle et le Président Ahidjo, après l’accession du Cameroun Français à l’indépendance. Cette division mécanisée était commandée par le Général Max « Le Viking » Briand, un ancien de la guerre d’Indochine, et le Colonel Jean Marie Lamberton, qui jouait le rôle de stratège.
L’enquête qui a été menée par la SCAPO permet d’affirmer que la seule mission qui a été assignée a cette division mécanisée de l’armée française qui, de plus, était soutenue par l’aviation, était une extermination ethnique : il n’existe aucun indice qui permet de prouver que les villageois Bamileke, n’ayant pas accès à la mer, avaient la possibilité de s’approvisionner en armes de guerre modernes. Tous les documents de renseignement qui ont été consultés affirment que les rebelles (maquisards) qui luttaient en brousse n’étaient armés que de machettes et de pangas, mais aussi de pistolets automatiques de temps en temps. Par contre, l’armée du General Max Briand faisait pleuvoir sur les villages Bamileke du napalm dans le but de tout raser et tuer tout ce qui bougeait.
Les recherches menées par la SCAPO permettent aussi d’affirmer que le génocide des Bamileke est survenu après la réunification du British Southern Cameroons et du Cameroun Français parce que les Présidents de Gaulle et Ahidjo étaient tout les deux farouchement opposés à cette réunification. Cette opposition s’expliquait par l’affirmation que si le Southern Cameroons Britannique s’unissait avec le Cameroun Français, le poids démographique des Bamilekes, qui étaient les ennemis jurés du régime d’Ahidjo, croîtrait. Le mouvement de l’UPC tirait essentiellement sa force des Bamileke et des Bassa. Les autorités françaises considéraient que les Bamileke et le peuple du Southern Cameroons Britannique appartenaient à la même source ethnique, mais qu’ils étaient seulement séparés par des expériences coloniales différentes. C’est pour cette raison que la France ne pouvait ni accepter ni solliciter une fusion entre les deux territoires : elle aurait pour conséquence le renforcement démographique de la population des rebelles Bamileke. C’est pour cette raison que la France, ainsi que toutes les autres anciennes colonies françaises en Afrique Occidentale et Equatoriale, ont, conformément à ses consignes, tous votés contre la résolution 1608 (XV) du 21 avril 1961 de l’Assemblée Générale des Nations Unies portant sur la réunification du Southern Cameroons Britannique et du Cameroun Français.