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Nkongsamba revendique un centre universitaire

Enseignement supérieur

 

Réputée pour son agriculture, la ville aux deux monts est en pleine décrépitude depuis une vingtaine d’années. Les élites entendent la faire renaître par la revalorisation académique.

 

“ Nkongsamba est situé entre deux universités d’Etat, celle de Douala et celle de Dschang. On veut en faire une silicone, pour espérer susciter la délocalisation d’une faculté ou d’une institution universitaire technologique. Car, à l’exemple de l’université de Douala, déjà saturée, elle nécessite une délocalisation que nous sommes prêts à accueillir. Nous sommes près à mettre à disposition de très grandes parcelles”, soutient Ateba Bessala, professeur de philosophie au lycée technique de Nkongsamba et par ailleurs chargé des relations publiques au Cercle de réflexion de Manengouba (Crm). Un groupe d’animation intellectuelle créé, il y a quatre ans par Emmanuel Ngollo Ngama, le délégué du gouvernement de l’ex-commune à régime spécial. Hanté par ce projet de délocalisation.

Il ne fait aucun doute que l’ambition des membres du Crm est de faire de Nkongsamba, un point-franc universitaire. Et redonner au chef-lieu du département du Moungo sa place de pôle de savoir référentielle qu’elle a été de la décennie 40 à celle de 90. L’objectif est de permettre à cette ville agricole de redevenir ville académique. En effet, créé en 1947-1948 sous la dénomination de collège moderne de Nkongsamba, le lycée de Manengouba est le premier établissement public d’enseignement général du Cameroun. Il s’est s’illustré par la rigueur inculquée aux élèves et les résultats scolaires et sportifs ne se font pas attendre. Nombre de grands commis de l’Etat et cadres supérieurs y ont fait leurs bancs. Mais depuis plus d’une décennie, le lycée de Manengouba essuie les affres de l’agonie généralisée de la ville de Nkongsamba.

 

Axe d’absorption des jeunes bacheliers

En attendant que cet ambitieux projet de délocalisation se concrétise, un autre fils de Nkongsamba a anticipé en créant il y a deux ans une institution de formation professionnelle universitaire. “ L’idée est parti d’une audience que m’avait accordé Maurice Tchuenté, alors ministre des enseignements supérieurs. Allé lui demander la délocalisation de certaines filières de l’université de Douala pour Nkongsamba, il m’a proposé de commencer par créer une institution ”, avoue Raoul Gabriel Djankou Kuissi, promoteur de l’Ismam (Institut supérieur de management de Manengouba). Une aubaine pour les parents déjà paupérisés et dont l’exode des enfants qui aspirent à l’enseignement supérieur allait grandissant et les amputaient d’une main d’œuvre potentiel pour ce qui reste encore de travaux champêtres, tout ne devant une charge plus lourde.

Même s’il y a des jeunes qui ne voient pas d’un bon œil ces différents projets, parce que animés par la volonté de changer d’air et de ville, la majorité des élèves appellent vivement à l’ouverture des structures et infrastructures adéquates d’enseignement universitaire. “ En poursuivant mes études universitaires à Nkongsamba, je gagne en économie, car je n’ai pas la pression de la location, de la ration alimentaire et le stress d’attendre de mes parents un apport financier permanent parce qu’ils sont éloignés de moi. Et puis la ville est très propice aux études ”, souligne Josiane Dameni, étudiante de niveau 1 à l’Ismam.

Même si cet institut a pour slogan : “ formation locale, ambition internationale ”, il reste qu’il a encore du chemin. Premier défi, offrir plus d’opportunités. “ Malheureusement, il n’y a pas encore à Nkongsamba des établissements d’enseignement supérieur offrant des études de techniques en soins infirmières, en pharmacologie et laboratoires ”, lancent Mkpoumiens Assamahou et Sariette Djene, élèves en 1ère F8 au collège Socka Bongue. Avant d’ajouter “ Ce qui va nous obliger à poursuivre nos études à Douala, pourtant nous aimerions rester à Nkongsamba à côté des parents, cela réduit les dépenses ”. A Ismam, on dit être conscient des besoins grandissants, pour être passé de 22 à près de 90 étudiants en deux ans d’existence. 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG à Nkongsamba

Le Messager du 20-02-2008

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