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Prise en charge du Vih
Il existe une certaine mafia autour de la gratuité ou du respect des prix officiels des services autour du vih/sida.
Au pavillon du jour de l’hôpital Laquintinie à Douala, la major, Hélène Tagne, est formelle : “Le traitement ici est gratuit. Seul le test de dépistage coûte 500 Fcfa ”. Elle ajoute : “ Tout ce qui est subventionné est gratuit pour tout le monde ”. C’est, par exemple, le cas des traitements d’Aes (Accidents d’exposition au sang) dont bénéficie toute personne qui a eu des rapports douteux (viol, sodomie,…) dans les 48 heures qui suivent. Le but de cette pratique est de détruire le virus de l’immunodéficience humaine (Vih) avant qu’il n’arrive aux lymphocytes... D’ailleurs, “ le médicament approprié est décidé par le médecin ”, insiste-t-elle.
Malgré ces assurances, des patients indiquent que les prix des services qui tournent autour du Vih/sida connaissent une augmentation progressive. Dans son édition du 18 février 2008, La Nouvelle Expression affirme, par exemple, que le prix du bilan thérapeutique est passé de 3.000 à 24.900 Fcfa à Yaoundé. Le quotidien de la rue Prince de Galles à Douala poursuit : “ André Mama Fouda [ministre de la santé, ndlr] a été saisi ”. Si à l’hôpital Laquintinie l’on affirme que ce prix n’y connaît pas de hausse, il faut dire que d’autres services suscitent des questions.
Certains patients affirment par exemple que le coût des antirétroviraux a augmenté, notamment pour ce qui est des Atripla. Ceux-ci sont passés de 25.000 à 30.150 Fcfa. Mais le Dr. Julienne Meno, médecin chef de la pharmacie, lève l’équivoque : “ Tous les médicaments Arv subventionnés de première et deuxième ligne sont gratuits, sauf un, l’Atripla, qui est nouveau et pas subventionné ”. Pour ce qui est de son prix, “ nous avons une centrale d’achat qui nous informe du prix de vente au public. Le médicament étant nouveau et ne sachant pas les modalités de calcul, on a commencé par les facturer aux prix d’achat. Lorsque cette information a été donnée, c’est alors que le prix de cession au public a été établi. On ne peut pas parler d’augmentation de prix dans ce cas ”, précise le Dr. Julienne Meno. Elle reconnaît, toutefois, qu’il peut y avoir des brebis galeuses au sein du personnel qui donnent l’impression qu’un des médicaments Arv est rare et essaient de profiter de la naïveté des patients.
Les tests de dépistage constituent un autre goulot d’étranglement. Annoncé à 500 Fcfa, certains patients disent payer jusqu’à 10.000 Fcfa. Au laboratoire central, on tente encore de lever l’équivoque. “ Le laboratoire central est spécialisé pour les tests de dépistage Elisa. Nos tests sont plus précis que les tests à la bandelette qui coûtent 500 Fcfa et ils servent très souvent de confirmation. Nous utilisons des réactifs très coûteux ; c’est pourquoi nos prestations sont payantes ”, affirme un laborantin, avant d’ajouter : “ Nous ne sommes pas en contact avec les malades ; nous travaillons avec les prélèvements que nous acheminent le Cta ou le service de prélèvement qui sont au niveau des guichets où les paiements sont effectués ”.
Seulement, au lieu de 7800 Fcfa, le prix officiel des tests Elisa, les infirmières réussissent l’entourloupette d’extorquer jusqu’à 10.000 Fcfa aux patients. La mafia sur les services autour du Vih/sida est une réalité vivante, malgré les bonnes déclarations des dirigeants.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 19-02-2008