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Huit heures de détention administrative pour Mboua Massok

Mboua Massok arrêté

 

La marche engagée à Ndokoti samedi 12 janvier 2008 en hommage aux héros et martyrs camerounais avec un parfum d’opposition à la révision de la constitution  a été stoppée par les forces de l’ordre. Et le combat panafricain a été retenu toute l’après-midi.

La sous-préfecture de Douala IIIème, est quadrillée par un important dispositif des forces de sécurité. Toutes les unités des forces de maintien de l’ordre (Brigades de gendarmerie et commissariat de sécurité) opérant dans cette circonscription administrative sont mobilisées. Elles sont renforcées par une patrouille du groupement mobile d’intervention (Gmi) N°2. La quiétude de cette localité est fortement mise à mal. Les populations prennent peur. «Nous étions tous paniquées de se voir encerclé par un important dispositif des éléments de la police et de la gendarmerie fortement armés. C’est lorsqu’on apprend que l’activiste Mboua Massok qui en est à l’origine que notre adrénaline est redevenu à la normale », lance Mayemble. A chacune des quatre entrées, les passages étaient filtrés pour empêcher les  manifestants partisans de Mboua Massok d’accéder à la sous-préfecture où leur leader était mis en garde à vue administrative. C’est ainsi qu’Aïcha la responsable à la communication et plusieurs de ses camarades auxquels se sont joints les moto-taximen qui sont partis de Ndokoti après que la marche ait été dispersée pour suivre le combattant en scandant « libérez, libérez ! » ont été stoppés. Ce qui a failli dégénérer en une émeute.

Tout est parti de la marche qu’a organisé la Fondation panafricaine des devanciers, héros et martyrs dans le cadre « des journées d’honneur et de dignité » samedi 12 janvier 2008. Une marche interdite par les autorités administratives. « Nous ne savons pas ce que Mboua Massok veut. La marche était pourtant interdite, mais il s’est entêté de la tenir», lance une autorité policière. Le nationaliste panafricain engagé  ne se dérobe pas. « J’ai soupesé entre l’interdiction du sous-préfet et l’immense devoir de rendre hommage aux héros et martyrs camerounais que sont entre autres Um Nyobe, Moumié et Ouandie dont nous commémorons l’assassinat le 15 janvier prochain, j’ai trouvé que je ne pouvais pas respecter cette interdiction. J’ai décidé de marcher en assumant tous les conséquences », affirme Mboua Massok.

 

Dire non à la révision constitutionnelle

C’est ainsi qu’avant même que la marche débute, le carrefour Ndokoti était quadrillé par un important dispositif des forces de sécurités. Lors que la marche démarre, Mboua Massok et la foultitude qui vont spontanément se mettre à sa suite vont être stoppés après trente mètres par trois camions de police. C’est alors que la tentative d’emmener Mboua Massok de force abouti à un échec. Pendant ce temps, les éléments des forces de l’ordre essuie des jets de projectiles. Après quarante cinq minute de négociations, il faudra l’arrivée sur les lieux du sous-préfet Yampen Ousmanou pour que Mboua Massok consente de se rendre à la sous-préfecture en empruntant un taxi. Dans les bureaux du sous-préfet, il va subir un interrogatoire musclé d’une heure et trente minutes, mené par les éléments des services de renseignement. Au terme de l’interrogatoire, il sera placé sous surveillance sur la véranda de la sous-préfecture et ce n’est qu’à 20 heures qu’il sera libéré.

Une manœuvre qui consistait à l’empêcher de tenir le meeting pourtant autorisé qui était prévu au stade « Pindo » de Pk 12. Et pour cause, d’abord annoncé comme une des activité « des journées d’honneur et de dignité » où était prévu la présentation du 1er prix Moumié de la résistance et de la liberté au peuple camerounais, remporté par le combattant Mboua Massok en Suisse tout récemment. Il va en dernière minute changer de déclinaison pour y inclure entre autre articulation, une sensibilisation pour s’opposer à la révision de la constitution. « Les gens ont fait une mauvaise interprétation. Le meeting gardait sont thème central, seulement je ne pouvais ne pas évoqués à cette occasion les sujets d’actualité », rétorque Mboua Massok.  En effet, une note de dernière minute faisait état de cet appel « Jeunesse, femmes et hommes des classes victimes de la mal gouvernance du pays, cessons de murmurer. N’ayons pas peur d’agir. Unis, disons non à la révision de l’article 6 alinéas 2 de la constitution de 1996. » Ce que les autorités ont certainement le plus redouté. Et Mboua Massok de leur dire que « Paul Biya a déclaré l’année 2008, année de combat ce n’est que le début des manifestations.»

 

Mathieu Nathanaël NJOG

 

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