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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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« C’est ennuyeux lorsqu’on ne sait pas. »

Interview - Dr Samuel Mack-Kit

  

Médecin spécialisé en cancérologue et comme homme politique, président de l’Upc, il a bien voulu faire le tour de la question sur la gestion de l’information de la santé des hommes publiques et particulièrement du président de la république.

 

La santé d’un président de la république est-elle une affaire publique ou privée ?

La santé d’un président de la république est une affaire aussi bien publique que privée. Dans ce sens que la santé d’une personne est un problème qui concerne cette personne là et son médecin. De ce point de vue c’est une affaire privée. Maintenant lorsqu’on est un personne publique comme le président de la république à cause de sa charge il y a un certains nombres de précautions ou un certains nombres d’informations qu’on ne peut pas toujours garder sécrète. Dans ce cas, il convient de convenir avec lui dans quel cadre et de quelle façon les informations concernant sa santé doivent être rendu publique.

 

Dans ce cas quelle est la frontière entre le secret médical et l’information d’intérêt publique d’un homme d’Etat comme le président de la république ?

La frontière, c’est que ce n’est pas au médecin de décider de rendre publique les informations sur l’état de santé du président parce que c’est un homme public. Le médecin doit à son malade la réalité et la vérité de ce qu’il souffre. Et c’est à celui-ci en tant que homme public de prendre les dispositions pour informer l’ensemble de la société. Mais ce n’est pas de la responsabilité du médecin de rendre publique cette information.

 

 

Peut-on cacher indéfinitivement au peuple que son président est malade ?

En principe, je pense que non. Seulement pour répondre à cette question là, ce n’est pas au médecin de répondre à la question. En revanche, cela revient aux pouvoirs publics et à l’organisation de l’Etat de répondre à cette question. C’est l’ensemble de la classe politique du pays qui doit moduler cette question là. A mon avis, on devrait la rendre en quelque sorte obligatoire parce que le peuple a besoin de sa avoir si on président est en forme ou pas. Car, s’il est en forme c’est la preuve qu’il s’occupe de tous les affaires du pays, ou alors qu’il est malade et que de se point de vue là il est obligé de déléguer la gestion des affaires du pays à ses collaborateurs. Ce n’est donc pas au médecin d’en décider.

 

On a des exemples édifiant sous d’autres cieux

Si on prend quelques exemples publics à l’étranger. C’est le cas de la France où pendant longtemps la santé du président de la république a été quelque chose de tabou. Le public ne pouvait pas en parler. Compte tenu qu’il y a eu un précédent avec Georges Pompidou qui a été très malade, tous les médecins voyaient très bien lorsqu’il apparaissait à la télé qu’il était malade et on pouvait même faire le diagnostic de la maladie mais le peuple français l’a ignoré jusqu’à sa mort. Face à cette situation, l’opinion française s’était émue et les voix s’étaient élevées pour dire qu’elles voulaient désormais savoir si notre président de la république était en santé ou pas. Et même celui de nos dirigeants. C’est alors que le président François Mitterrand s’était engagé à rendre publique et à période fixe les informations sur l’état de sa santé. Malheureusement c’est un problème difficile, car on s’est rendu compte après sa mort que son médecin et lui avaient caché à la société française qu’il était malade et qu’il souffrait d’un cancer de la prostate. Cela ne l’a a pas empêché d’assumer ses responsabilités. Mais il reste une constance, elle a été cachée. C’est dire toute la complexité de la question.

Le dirigeant cubain, Fidel Castro, est malade depuis un moment, dans ce cas la situation est telle qu’on ne sait pas depuis combien de temps il est malade. Rendu publique, il a délégué les pouvoirs à son frère.  Il faut insister sur le fait que c’est à la classe politique du pays de décider en sorte que le problème soit résolu de façon harmonieuse. Du fait qu’il y a un double impératif à respecter. L’impératif de l’intimité de toute personne, car ce n’est pas parce qu’il est chef de l’Etat qu’il n’est plus une personne ayant une vie privée et l’impératif d’informer le peuple sur la capacité de celui à qui il a confié son destin à pouvoir à assumer cette charge là.

 

Pourquoi dans le contexte camerounais on admet difficilement que l’on admette qu’on parle de la santé du président. Pourtant il y a eu des cas comme l’incident de la guinée équatoriale. ?

Là c’est l’autre extrême qui est totalement stupide. Je veux dire que le président de la république est un homme comme un autre. Il a des malaises, il mange comme nous, il va aux toilettes tous les matins, il a le droit d’avoir des maux de tête, et même des indigestions. Ceux qui s’offusquent sont tout simplement stupide.

 

Doit-on s’intéresser de la santé du président surtout lorsqu’il est âgé ?

L’âge et la maladie, c’est deux choses différentes, il y a des gens qui a 80 ans sont bien portant que ceux qui en ont 60 ans. Ce n’est pas parce qu’il est âgé, qu’il doit être forcement malade. Il ne faut pas mélanger les deux choses.

 

Qu’elles peuvent en être les conséquences ?

C’est ennuyeux lorsqu’on ne sait pas. Selon les régimes, cela peut être dramatique, par exemple si au réveil, on dit que le président est mort. Cela va poser un gros problème de succession et de transition. D’où l’intérêt qu’on sache si le président est malade pour que les esprits commencent à se préparer à une transition. Selon d’autres régimes, la transition est tellement bien huilée, au point qu’un beau matin on apprenne que le chef est mort et comme le dit les français, «  le roi est mort, vive le roi !». Pour dire que le roi est mort s’est dommage, mais on sait ce qui va se passer et les choses se passent de manière harmonieuse. C’est variable, Il n’y a pas un seul cas d’école, soit que cela se passe très bien ou que cela se passe très mal.

 

Lors de son discours du 31 décembre 2007, le président Paul Biya n’avait pas la même mine que celle de son récent séjour en France. Avez-vous eu la même impression ?

J’ai constaté comme vous le président paraissait fatigué, pas à son aise contrairement à l’image qu’il donne d’habitude. C’est ce que je peux en dire.

 

Réalisée par Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

 

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