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Littoral
Réunie en session extraordinaire le 6 janvier 2008, le comité exécutif provincial a porté le flambeau de la réplique aux motions de soutiens du Rdpc en faveur de la modification de la loi fondamentale du Cameroun.
Les interventions étaient musclées les unes des autres. Pour les militants, trêve de discours et passer à l’action. Ainsi il a été demandé l’organisation des marches mensuelles ciblant les domiciles des députés, et la descente de tous les camerounais, encore épris d’un grain de patriotisme à l’Assemblée nationale lorsque le régime en place déposera ce projet de modification de la constitution du 18 janvier 1996. Depuis la position sibylline du président Paul Biya lors de sa dernière visite en France, le Rdpc ne cesse à travers ses structures de base de multiplier les motions de soutiens demandant la révision de la constitution et notamment la levée du verrou de la limitation de mandat sous lequel leur candidat naturel sera confronté en 2011.
Jusqu’ici l’opposition camerounaise s’était montrée très discrète, à la limite, avait brillé par un silence complice. Après le traditionnel discours de fin d’année du président Paul Biya, réaffirmant cette détermination, les populations sont restées sur leur faim, à l’attente de la réaction des forces sociologiques et politiques. Après les communiqués de quelques acteurs de la société civile et même politique, les militants du Sdf de la province du Littoral, faisant un pied de nez à sa hiérarchie a convoqué une réunion de son comité exécutif dimanche 6 janvier 2008 avec pour seul point à l’ordre du jour donner « la position du parti face à la volonté manifeste du président Paul Biya de modifier la constitution pour devenir président à vie du Cameroun. »
Les représentants de toutes les structures statutaires du Sdf de la province du Littoral, avec une présence significative des élus locaux, les membres du comité exécutif national (Nec) et ceux du Shadow cabinet ont répondu à l’appel. En cœur, tous ont plaidé pour une opposition énergique au « plan machiavélique du président Paul Biya et des pontes de son régime. » Car, ils sont arrivés au constat que le président Paul Biya en promettant d’engager le processus de modification de la constitution et notamment du paragraphe 2 de son article sur la limitation de mandat, il « a fait de la provocation. » Et il ne fait plus de doute qu’il est « le commanditaire des fameuses motions », dira l’honorable Jean Michel Nintcheu, président provincial.
Méthodes fortes
C’est alors que des résolutions ont été prises et stratégies ont été adoptées pour faire de la résistance à ce parjure. Aussitôt les participants sont descendus dans la rue pour une marche de 2 Km pour manifester contre la détermination de Paul Biya de modifier la constitution. Cette marche a drainé près de 500 personnes, des militants du Sdf auxquels se sont joints au passage les habitants de Bépanda. « Paul Biya prétextant qu’il a reçu de nombreux appels pour le camp du [oui], il faudrait que nous lui disons [non] qui est sociologiquement majoritaire », soulignera Elimbé Lobé, vice-président provincial du Sdf. Avant de justifier cette initiative prise par la coordination provinciale du Sdf Littoral, anticipant sur la hiérarchie du parti et même sur tous les partis d’oppositions. « En tant que parti leader de l’opposition, le Sdf a une grande responsabilité dans cette action. Toutefois, le Sdf devra susciter un coalition de toutes les forces sociologiques et politiques en laissant de côté les batailles de leadership qui les opposent souvent» D’autres interventions fortes ont été adoptées, notamment, l’engagement du Sdf a utilisé, s’il le faudra, non seulement la rue, mais aussi à emprunter les méthodes des forces patriotiques de Côte d’Ivoire. «Le littoral est prêt à payer le prix qu’il faut pour empêcher la mort de la démocratie camerounaise», indique la déclaration finale de ses assises.
Mathieu Nathanaël NJOG