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religion : Eglise Anglicane
Jusqu’ici dépendante de la province ecclésiastique du Ghana, le synode qui vient de s’achever a permis de marquer un grand bon vers un fonctionnement autonome.
La cathédrale « Saint Michel et tous les anges » de Douala a servi dimanche 16 décembre 2007 de cadre à la messe pontificale de clôture du synode spécial de l’église anglicane du Cameroun. Messe pontificale dite par Mgr Justice Akrofi, Archevêque de la province ecclésiastique de l’Afrique de l’Ouest. A cette occasion, il a ordonné deux nouveaux prêtres, les Père Dieudonné Djobahola et Jacobin Joseph Akengue ainsi que deux nouveaux diacres. Dans son homélie, il a insisté sur le thème qui conduit l’église anglicane en cette année 2007 qui tire à sa fin. « Avec Dieu rien n’est impossible (Luc 1 : 37) …Ceci étant toute chose est passible (Mathieu 19 :26). » Demandant aux chrétiens du Cameroun plus d’engagement et de laisser se réaliser la volonté de Dieu. Faisant allusion à leur envie de voir le Cameroun devenir u diocèse autonome. Ce qui n’est plus qu’une question de semaines, le temps de valider l’élection de l’évêque élu.
Entrée au Cameroun en janvier 1989 par décret N° 89/143, l’église Anglicane, étend progressivement ses tentacules sur l’ensemble du territoire national. D’une paroisse au départ, elle compte aujourd’hui vingt quatre 24 paroisses reparties dans six provinces du Cameroun : Littoral, Centre, Ouest, Nord-Ouest et Sud-Ouest. En une dizaine d’années d’existence au Cameroun, elle a effectué une progression remarquable, mais elle n’arrive toujours pas à se libérer du joug du Ghana, siège de la province ecclésiastique de l’Afrique de l’Ouest dont elle dépend. Ce qui justifie le déplacement de l’Archevêque Mgr Justice Akrofi, venu du Ghana, pour présider les assises du synode du diocèse missionnaire de l’Eglise Anglicane du Cameroun. A l’instar de celles qui viennent de s’achever.
Bientôt un évêque camerounais
Pendant quatre jours, du 13 au 16 décembre 2007, les chrétiens de cette église ont tenu les assises du synode extraordinaire du diocèse missionnaire de l’Eglise Anglicane du Cameroun. Le caractère extraordinaire de ce synode s’explique par le fait qu’il était essentiellement consacré à l’élection du premier évêque de l’église anglicane du Cameroun. Après la mise en place du comité dénomination le jeudi 13 décembre, les travaux de cette instance se sont poursuivi jusqu’au samedi 15 avec la restitution du rapport de ses travaux et l’élection de l’Evêque de l’église anglicane du Cameroun. Le Révérend Père Thomas Diboh a été élu à cette prestigieuse charge. Mais il devra encore attendre avant d’assumer ces fonctions. Car, après cette étape, il faudra encore attendre que cette élection soit validée par la plus haute instance de cette confession religieuse. C’est alors que pourra avoir lieu la cérémonie d’ordination.
« Je ne suis pas encore évêque, je viens seulement d’être élu. On espère que l’église va valider cette élection », se réserve encore l’intéressé, Père Thomas Diboh. Il évalue tout de même la mission qui sera sienne. « Cette charge est essentiellement lourde à porter, mais Dieu nous donnera les forces pour assumer cette charge qu’il voudra bien nous confier afin de mener à bien le peuple placé sous notre responsabilité », souligne-t-il. Cette élection arrive à point nommé pour mettre fin à une forte crise de croissance qui a secoué cette église ces dernières années. Dépourvue d’une autorité ecclésiastique ayant l’emprise sur le synode missionnaire du Cameroun, l’église anglicane nationale avait toujours à attendre que toutes les décisions et aides partent du Ghana. Ce qui ne favorisait toujours pas la célérité de son fonctionnement.
C’est le cas de la gestion des conflits internes. « Ces querelles montrent qu’il y a beaucoup de potentialités dans l’église. Et tous ces gens qui ont des compétences veulent les exprimer. Il importe de le canaliser pour que l’église en tire le plus grand profit », analyse le Père Thomas Diboh. Avant d’ajouter « la situation de notre église c’est qu’elle est composée de beaucoup d’expatriés. Si nous arrivons à asseoir l’unité de cette diversité, cela va faire la force de cette église pour que tout le monde se réjouisse dans la paix du christ. » En majorité constituée des communautés étrangères, notamment des pays anglo-saxons d’Afrique (Ghana, Nigeria,…), son unité a été sérieusement lézardée par des querelles intestines.
Mathieu Nathanaël NJOG