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Les défis qui attendent Dominique Strauss-Kahn

FMI – Nouveau Directeur

L’ancien ministre français de l’Economie a été élu, vendredi 28 septembre 2007, à la tête d’une organisation internationale en pleine crise d’identité.

 

Les pays émergents réclament une meilleure représentativité et un meilleur traitement. Ils dénoncent l’échec des différents programmes d’ajustements structurels et s’appuient de plus en plus vers la Chine pour s’octroyer des prêts avec des meilleurs taux d’intérêts. Le Fonds monétaire international (Fmi) a des difficultés de financement. L’institution de Bretton Woods cherche de nouvelles sources de financement. Le nouveau directeur du Fmi, Dominique Strauss-Kahn (Dsk) arrive donc à la tête d’une institution fragilisée.

Le Français Dominique Strauss-Kahn (Dsk) aura fort à faire. Il en est conscient de ces attentes. “ Je suis déterminé à engager sans tarder les réformes dont le Fmi a besoin pour mettre la stabilité financière au service des peuples en favorisant la croissance et l'emploi ”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

On l’attend aussi dans la redéfinition des missions de l’institution. Bon nombre de pays n’ont plus besoin du Fmi. La plupart des anciens pays débiteurs (Russie, Chine) ont désormais assez de réserves pour se passer des prêts du Fmi. A l’heure actuelle, le Fmi est uniquement engagé auprès de la Turquie et de l’Indonésie. Résultat, les recettes que le Fonds retirait des prêts ont mécaniquement chuté. Le budget 2006-2007 s’est achevé sur un déficit de 105 millions de dollars. Le prédécesseur de Dsk, Rodrigo Rato, avait buté sur les voies à trouver afin de conduire à de nouvelles sources de financement. Au point d’opter pour la vente d’une partie du stock d’or du Fmi dont le produit serait placé sur des actifs ou la facturation de l’assistance technique fournie par le Fonds auprès des pays membres. "Il faudra changer la gouvernance du Fmi et réorienter ses actions : agir sur la régulation des marchés financiers, évoquer la sous-évaluation de l'économie chinoise, contribuer à un nouvel ordre économique et financier mondial", a précisé le député du Doubs, qui fait partie des proches de l'ancien ministre de l'Economie.

Le “ G24 ”, qui regroupe les principaux pays en développement et conduit par la Chine, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde ne cesse de porter ses récriminations sur le mode de désignation du patron du Fmi. Ce mode exclut une bonne partie des pays du monde. Il demande notamment une liste de candidatures plus ouverte, sur le modèle des Nations unies, où l’ensemble des membres participe à l’élection de leur directeur général, mais aussi aux décisions. A l’heure actuelle, les pays développés représentent près de 69 % des voix. Malheureusement, les pays comme la Chine, par exemple, malgré son rang de troisième puissance mondiale, dispose seulement de près de 3 % des voix. Avec 16,79 % de voix, les Etats-Unis disposent d’un droit de veto sur les décisions les plus importantes.

 

 

Focal

L’homme

A 58 ans, l'ancien ministre socialiste devient le quatrième patron français qui va diriger l'institution de Washington. Après Pierre-Paul Schweitzer, Jacques de Larosière et Michel Camdessus. La passation de service aura lieu le 1er novembre 2007. Economiste reconnu, M. Strauss-Kahn s'est toujours voulu l'avocat d'un "socialisme du réel". Né le 25 avril 1949, professeur d'économie et avocat d'affaires, ce polyglotte affiche une allure élégante et décontractée qui lui a souvent valu l'étiquette de dilettante, récusée par ses proches. Cette fois, il a décidé de ne pas apparaître comme le candidat du Nord contre le Sud pour prendre la tête de cette institution en crise de légitimité, M. Strauss-Kahn avait choisi d'attendre, à Santiago du Chili, le verdict des 24 membres du conseil d'administration. "Bienvenue au club, il y a du pain sur la planche ! ", avait déclaré peu auparavant Pascal Lamy, Français et socialiste, il dirige l'Organisation mondiale du Commerce (Omc) depuis 2005.

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le 01-10-2007

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