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Démenti la rumeur sur une éventuelle pénurie du sucre au Cameroun
En prélude au début du mois de ramadan, certains confrères ont vite fait de tirer la sonnette d’alarme sur une conjoncture que pourrait connaitre la production du sucre au Cameroun. Et pour remédier, à la solution, ils annoncent la levée de l’interdiction des importations.
Dans un communiqué arrivé à notre rédaction le 16 mars 2017, la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) filiale du mastodonte de l’agro-industrie française Somdiaa a réagi à une information relayée par la presse la semaine dernière et faisant état d’une menace de pénurie du sucre sur le marché camerounais avant et pendant le mois du ramadan. Démentant cette information, la Sosucam «informe les distributeurs, les utilisateurs et les consommateurs de sucre au Cameroun, de la disponibilité effective de plus de 32.000 tonnes de sucre dans ses magasins de stockage de Mbandjock, Nkoteng, Douala, Ngaoundéré et à son Entrepôt de Yaoundé (Descente Bata Nlongkak) dédié à la livraison des distributeurs spécialisés». Et d’ajouter que : «Cette disponibilité déclinée en différents types de sucre et multi-conditionnements permet un approvisionnement optimal des marchés nationaux, sur la période en cours et à l’approche du jeûne du Ramadan». Ceci non sans assurer que la Sosucam renouvelle son ambition de produire un sucre d’excellence, à travers des critères de qualité et de satisfaction des consommateurs aux normes des standards internationaux. A cet effet, elle annonce que la poursuite effective de sa campagne de production.
Depuis une dizaine d’années et quasiment à la même période, le leader du marché du sucre (Sosucam) fait face à une sorte de levées de boucliers des importateurs qui essaient de démontrer l’opportunité qu’il y a à obtenir l’autorisation d’augmenter les quantités du sucrer à importer sans que cela ne représente une menace à la survie de Sosucam. Dans cette bataille, la Sosucam qui a été racheté en 2010 par le groupe français Somdiaa pour booster ses performances, a obtenu en 2014 du Ministre du Commerce l’interdiction de l’importation du sucre au Cameroun. Une décision gouvernementale dont le but était de sauver l’industrie locale menaçait de fermer l’une de ses deux usines et de par ricochet de procéder au licenciement de 3 500 employés sur les 7 000 que compte la Sosucam, afin de faire face à une perte annuelle d’environ 10 milliards Fcfa. Cette interdiction jugée arbitraire par les importateurs locaux de la filière du sucre, les avait suffisamment outrés. Ces derniers ne cessent de soutenir que la production de la Sosucam qui est de 130 000 tonnes reste insuffisante. Non sans accusé la Sosucam de faire aussi dans l’importation déguisée du sucre.
Une accusation que ne cesse de démentir la Société sucrière du Cameroun qui rappelle que depuis 2010, lorsque le groupe Somdiaa, a été sommé d’importer du sucre de ses autres unités du groupe (CST au Tchad et Saris au Congo), elle a maximisé ses efforts dans la renouvellement de son unité de production afin d’atteindre le pic exigible, de 170 000 tonnes, suffisant pour satisfaire la demande locale. Ceci en dépit des contingences climatiques et souvent structurelles que sa filiale a du braver. Mais pour les acteurs de la filiale, il reste le Cameroun approvisionne les pays voisins (Nord du Nigéria, Tchad, Rca) en cette période de ramadan. Ce qui porte la demande globale à près de 250 000 tonnes. Un argumentaire que la Sosucam réfute et argue, ce sont des subterfuges pour alimenter le marché camerounais avec des importations officiellement destinées aux pays voisins, mais qui alimentent un réseau parallèle du marché local. Un marché fortement perturbé par la contrebande et les importations illégales en provenance principale du Nigéria.
A cela, «il faut ajouter la pénurie artificielle qui a vocation a suscité un trou d’air sur le marché camerounais afin de donner l’impression que la Socucam est incapable de satisfaire la demande», confie des responsables de Sosucam. Des sources proches des importateurs soutiennent qu’au regard de la demande global du marché local et des pays voisins, même en permettant l’importation 60 000 tonnes comme autrefois, les acteurs de la filière camerounaise du sucre sont loin de satisfaire la demande ce qui favorise la contrebande qui est forte dans la partie septentrionale du pays. Avant d’ajouter que la production du leader du marché du sucre a même connu une baisse d’environ 16 000 tonnes l’année dernière, en raison des conditions climatiques défavorables. La Sosucam soutient en revanche qu’elle entend porter sa production à 170 000 tonnes à la fin de cette campagne sucrière.
Mathieu Nathanaël NJOG