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Les élites du canton Bassa réclament l’éclatement du département du Wouri

Décentralisation – Revendication          

Dans une lettre adressée au président de la République, l’association Nsa’a du Wouri a réitéré cette demande qui date de plusieurs années déjà.

 

Seront-elles entendues ? En tout cas, les élites et forces vives du canton Bassa du Wouri, regroupées au sein de l’association Nsa’a ne perdent rien à renouveler cette demande qui leur tient à cœur depuis des années. Le prétexte tout trouvé est la politique de décentralisation que prône le gouvernement et dont les fils et filles du canton bassa du Wouri veulent en tirer le plus grand profit. Il ne fait pas de doute que les Bassa du Wouri se sentent en étroitesse dans l’environnement socio-politico-économique du département du Wouri. Un environnement où la préséance voudrait qu’auprès de l’administration, ils jouent pratiquement les seconds rôles après les cantons Bell, Akwa et Déido. C’est pourquoi, le Canton Bassa du Wouri qui regroupe 23 villages et s’étend sur les arrondissements de Douala 3è et 5è réclame à cor et à cri l’éclatement du département du Wouri en deux entités distinctes.

Pour les élites de l’association Nsa’a du Wouri, le département qu’elles appellent de tous leurs vœux va regorger en terme d’autochtonie les cantons Bassa et Bakoko. Et propose que cette nouvelle unité administrative soit dénommée «département  du Kondi». Nom emprunté à un cours d’eau qui traverse le canton Bassa. Et qu’il ait pour chef-lieu, Logbaba, actuellement chef lieux de l’arrondissement de Douala 3è, sinon le village Ngoma à PK 19, une zone périphérique ou une déclaration d’utilité publique de 1300 hectares vient d’être faites. Ce qui aura le mérite de « commencer à désamorcer la forte concentration de la population dans le vieux noyau urbain», soutiennent les forces vives du canton Bassa. Surtout qu’elle va apporter un développement urbain conséquent avec la construction des services publics.

 

Les atouts

Dans leurs argumentaires, les élites Nsa’a rappellent sur la superficie, le nouveau département du Kondi qui va s’étendre sur les actuels arrondissements de Douala 3è et 5è, occupent presque les deux tiers la superficie de l’actuel département du Wouri. Et regroupe une quarantaine de villages dont 23 issues du canton Bassa et une vingtaine du canton Bakoko. Et sur le plan démographique, il ressort de la lettre que la population du futur département du Kondi est cosmopolite et compte plus d’un million d’habitants. Tout en soulignant que «la cohabitation de tous ces groupes ethniques est parfaite et exemplaire,… socle d’une matérialisation pérenne de la paix et de l’unité nationale.» Pour ce qui est du découpage administratif, on y apprend que le nouveau département du Kondi pourrait être découpé en quatre arrondissements dénommés Kondi 1er, 2è, 3è et 4è avec pour chefs-lieux respectifs : Logbaba, Japoma, Kotto et Ngoma.

Comme atouts, les élites du canton Bassa du Wouri brandissent les avantages économiques de ce nouveau département. Avec une importante partie de la population vivant des activités agro-pastorales, et un territoire abritant le siège de la première zone industrielle du pays où sont implantées les sociétés industrielles de tous ordres. Et sur le plan éducatif, outre les nombreux établissements publics et privés de base et secondaire, cette unité administrative abrite l’université de Douala à Ndoghem I et  l’annexe dont le campus est en construction  à  Logbessou. Sur le plan sanitaire, le département de Kondi abrite en plus de nombreux établissements hospitaliers aussi publics que privés de différentes catégories, l’hôpital général de Douala. Et sur le plan sécuritaire, il va hériter de plusieurs unités de forces armées et polices (Génie militaire, commissariats  et brigades de gendarmerie).

André Som

 

Encadré

La position des Bakoko ?

Preuve s’il en faut que la création du département du Kondi est de loin une revendication prenant ses sources sur le mimétisme, sans aucune motivation. Au contraire, au regard de l’essence de la décentralisation, qui consiste à impliquer les populations dans la gestion des richesses de la cité et la volonté politique qui l’accompagne, pour rapprocher l’administration de l’administré, il ne fait pas de doute que l’avènement de ce département va accélérer le développement de cette partie du territoire. Ce serait «une voie royale pour atteindre de façon harmonieuse et profonde les objectifs de développement économique et sociale que la politique du renouveau ambitionne», précisent les élites Nsa’a. Et même de l’avis des experts, il ne fait pas de doute que la création de ce département va entraîner le désengorgement en tous points du département du Wouri dans sa configuration et son environnement. La seule interrogation porte sur le soutient et l’implication que les originaires du canton Bakoko, l’autre grand groupe ethnique qui va constituer ce nouveau département apporte à cette action. Pour l’association Nsa’a, initiatrice de cette revendication, il ne se fait pas tard pour que leurs homologues Bakoko accompagnent le projet si elles partagent la même vision.

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