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Les désagréments de la non-délivrance de l’authenticité des diplômes

Education – Récriminations                      

 

Voici plusieurs années que ces documents officiels ne sont pas disponibles au Cameroun. Au grand désarroi des postulants à de nombreux concours.

 

Au moment où les résultats des examens 2012 commencent à être publiés, les nombres des diplômés qui ne pourront pas recevoir l’authentique de leur parchemin va connaitre une augmentation exponentielle. Dans les semaines à venir ils viendront grossir les rangs des milliers de leurs prédécesseurs qui bousculent au quotidien devant la Direction des examens, des concours et de la certification du ministère des Enseignements secondaires (Minesec) dans l’espoir d’entrer en possession de leur diplôme ou recevoir une certification des copies qu’ils ont reçu précédemment. « Nous avons déposé les demandes de retrait d’attestation il y a deux semaines. Jusqu’ici, nous n’avons pas de suite », s’indigne un candidat venu de Yokadouma dans la région de l’Est. Plus loin, un autre candidat déclare que sa demande a été rejetée car elle est mal libellée. Les demandeurs d’attestations décrient les lenteurs administratives. « Il y a cinq ans que j’ai obtenu le Bepc mais je ne peux pas avoir mon diplôme », tempête un candidat venu de Maroua dans l’Extrême Nord. Tous aperçus dans les couloirs du Minesec.

Ces candidats aux différents concours d’entrée à la fonction publique sollicitent en vain l’acquisition des diplômes de Bepc (Brevet d’études du premier cycle) et du Cap (certificat d’aptitude primaire). Lesquels apprend-on, ne sont plus disponibles voici plus d’une dizaine d’années. A en croire un cadre au ministère des enseignements secondaires, la dernière délivrance des diplômes sus-évoqués avait eu lieu en 1998. « Depuis lors, cela n’a plus été le cas. Nous ne saurons en donner les raisons. Toujours est-il que cette situation met mal à l’aise de nombreux citoyens qui postulent à des concours », révèle cette source. Au niveau de la délégation régionale des enseignements secondaires du Littoral ainsi que de la départementale, ils sont nombreux, ces jeunes qui y défilent à la quête des attestations des Bepc et cap en lieu et place du diplôme. Dans l’espoir d’être servis, ils sont plutôt contrariés quand des responsables leur informent de ce que pour produire les attestations de réussite desdits examens, il faut tout simplement se rendre à la capitale politique.

« Je suis surprise que tout n’est pas fait de sorte à faciliter la tâche aux usagers. Non seulement, nous ne pouvons pas avoir nos diplômes, pire pour entrer en possession des attestations de réussite, il faut débourser au moins 10 000 Fcfa comme moyen de transport pour celui qui part de Douala pour Yaoundé. C’est absurde », fulminent de colère quelques Camerounais déambulant les couloirs des délégations précitées. De plus, quelques uns avouent qu’une fois dans la ville où réside le chef de l’Etat, obtenir une attestation de réussite émane d’un parcours de combattant. «  Cela peut parfois prendre deux semaines pour obtenir le précieux sésame. J’y ai été et je sais de quoi je parle. Je pense qu’il serait mieux que l’on décentralise la distribution de ces attestations comme c’est le cas avec le Certificat d’études primaires (Cep) et autres examens », suggère Rodrigue Nankam, de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université de Douala.

Une proposition qui mérite d’être prise en compte par les ministres de l’éducation. Ce n’est pas tout. Les étudiants de l’enseignement supérieur notamment ceux ayant obtenu le Brevet de technicien supérieur (B.T.S) et même la licence professionnelle sont également à la quête des diplômes. « J’ai obtenu mon B.T.S. en communication d’entreprise en 2007, En lieu et place du diplôme j’ai reçu de la part des autorités à Yaoundé une attestation de réussite. Même si cette pièce est acceptable dans la constitution des dossiers pour divers concours il faut tout de même signaler qu’elle est différente du diplôme qui d’une extrême importance et nécessité », fait remarquer Angèle, citoyenne camerounaise.

Linda Mbiapa

 

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