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Lapiro de Mbanga porte plainte pour tentative d’assassinat

Société – Justice

Un commissaire et un inspecteur de police vont comparaître pour répondre du chef d’accusation de tentative d’assassinat sur la personne de Lambo Sandjo Pierre Roger. L’affaire sera enrôlée ce jeudi 8 octobre 2009 par le Tribunal de première instance de Mbanga.

Le Chef du quartier 12 de Mbanga, Sa majesté Lambo Sandjo Pierre Roger de son nom d’artiste, Lapiro de Mbanga va comparaître ce jeudi 8 octobre 2009 au Tribunal de première instance (Tpi) de Mbanga. Cette fois en qualité de plaignant. Il poursuit en effet le commissaire de police principal (Cpp), Martin Essoua Essoua et l’inspecteur de police (Ip), Victor Tchokwi pour le chef d’accusation de tentative d’assassinat. Infraction qualifiée de crime et réprimée par le code pénal.

En effet, en début du mois de mars 2008, le car de la police du commissariat de sécurité publique de la ville de Mbanga en patrouille, avec à son bord le patron de l’unité, le Cpp Martin Essoua Essoua et quatre de ses éléments. Après avoir reconnu la voiture de Lapiro de Mbanga, le car de police va s’immobiliser et ses occupants vont rejoindre l’artiste dans un maquis en compagnie des amis. A en croire, les proches de Lapiro de Mbanga, c’est alors que l’inspecteur de police exige à la tenancière de lui donner une bière. Après l’avoir ingurgité, il demande une seconde bière en précisant de les mettre au compte du chef de quartier 12, mais ce dernier décline sa responsabilité et l’Ip Victor Tchokwi se met dans tous ses états sous le regard indifférent et complice du Cpp Martin Essoua Essoua. Dans son élan de colère, il sort son arme, le braque sur Lapiro et passe la balle dans le chargeur, mais lorsqu’il dégaine, la mécanique se bloque «miraculeusement». C’est alors que Sa majesté Lambo Sandjo Pierre Roger précipitamment joint le commissaire divisionnaire Victor Ndocki, secrétaire général à la Délégation générale de la sûreté nationale (Dgsn). Ce dernier demande de passer le chef de l’unité. Après un échange téléphonique, le Cpp rebrousse chemin avec ses éléments. Mais l’Ip Tchokwi va proférer des menaces de mort à l’encontre de Lapiro de Mbanga, tout en promettant de l’abattre.

C’est par la suite que l’artiste musicien réalisant que  le commissaire avait conduit ses éléments en mission commandée pour attenter à sa vie, va décider de d’engager une procédure judiciaire. L’artiste-musicien, qui porte fièrement le nom de cette ville et dont il est l’ambassadeur «plénipotentiaire» va déposer une plainte auprès du Procureur de la république du Tpi de Mbanga pour le chef d’accusation de «tentative d’assassinat», avec constitution de partie civile. Après plus de 19 mois d’information judiciaire, le juge d’instruction a inculpé les accusés pour les faits de l’accusation et les a renvoyé devant le tribunal. L’affaire est enrôlée pour sa première audience le jeudi 8 octobre 2009. Lambo Sandjo Pierre Roger a été notifié lundi 5 octobre de sa convocation à comparaître. Malgré son état convalescent, car apprend-on, à la suite de notre article du journal Le Messager n°2949 du lundi 28 septembre 2009, avec à la Une : «Lapiro de Mbanga en danger de mort», Dr Guy Sandjon de la clinique de l’aéroport a dépêché un de ses collègues à son chevet. Après avoir été mis sous perfusion, il se porte plus mieux et compte comparaître personnellement  apprend-on, de son avocat.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

Focal

Trop de coïncidences

Deux semaines plus tôt, les éléments du bataillon d’intervention rapide (Bir), dépêchés à Mbanga pour restaurer l’ordre pendant les émeutes de la faim de fin février 2008, ont tenté de franchir le portail du domicile de S.M. Lambo Sandjo. Ce sentant en danger, ce dernier a joint le général de brigade Douala Massango, commandant de la 2è région de gendarmerie au téléphone pour lui signaler la menace que représentait la présence de cette unité spéciale devant son domicile. Quelques minutes après, ils quittaient son domicile. Et deux semaines plus tard, Lapiro de Mbanga était interpellé et mis aux arrêts parce que, accusé d’être chef de file des groupes de jeunes survoltés qui avaient mis l’ordre public en mal et commis des destructions et pillage en bande. Ce qui lui aura valu la confirmation de la condamnation à la Cour d’appel du Littoral le 24 juin 2009 du jugement du tribunal de grande instance du Moungo de septembre 2008 : «3 ans d’emprisonnement ferme ; et en dommages et intérêts 200 millions Fcfa à la Société des plantations de Mbanga  (Spm) et 80 millions Fcfa au ministère des finances (Minfi)», pour le crime de «complicité de pillage en bande, de destruction de biens, d’attroupement sur la voie publique» dont il a été déclaré coupable dans des parodies de justice. Pour les proches de Lapiro de Mbanga, il ne fait aucun doute que cela faisait déjà trop de coïncidence. Et ils concluent que faute de pouvoir l’abattre, le rouleau compresseur du régime a déployé l’une de ses machines répressives qu’est la justice pour l’anéantir.

M.N. NJOG 

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