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L’Etat au centre d’un scandale international

Affaire des 38 marins camerounais abandonnés au Congo

Le jeu trouble de la Caisse autonome d’amortissement.  Braderie, arnaque, et détournement dans l’affaire du rapatriement des matelots camerounais qui se meurent à Pointe-Noire au Congo, depuis 2002.Plusieurs milliards Fcfa engloutis.

 

C’est le désarroi, la consternation, la détresse, qu’expriment les 38 matelots camerounais abandonnés au port de Pointe-Noire au Congo depuis 2006. Ce sont les survivants d’un effectif de 45 personnels (3 décédés et 4 revenus au pays), membres de six équipages détachés au Congo depuis le 25 Juillet 2000 avec une flotte de six chalutiers appartenant à l’Etat du Cameroun pour le fonctionnement de la société Congocrus. Une des nombreuses succursales de la Société camerounaise de leasing Maritime (Sclm), propriétaire des 20 chalutiers affrétés à la création  de Camecrus (au Cameroun), Congorus (au Congo), Mozambicrus (au Mozambique) et Sénégalcrus (au Sénégal).

Les inquiétudes des 38 marins camerounais sont encore allées grandissantes ces derniers mois, du fait que des trois bateaux arraisonnés pour cause de pannes, les deux chalutiers opérationnels (Idabato I & II respectivement immatriculés D 546 et D 570) ont été finalement vendus à Adama Diabo, opérateur économie burkinabé, par l’Autorité portuaire de la République du Congo avec l’onction de Evou Mekou, Dg de la Caisse autonome d’amortissement (Caa). Or, à la faillite de Congocrus en juillet 2002, la location des six navires était fixée à 8 millions Fca. Le troisième navire qui est dans un état récupérable et nécessite de petites réparations est aux oubliettes et s’abîme allégrement. En outre, Ils dénoncent le fait que, deux autres navires viennent de chavirer à quai courant novembre et Décembre 2009. Et un des deux chalutiers est entrain d’être dépiécé en ferraille. «Certainement pour effacer toutes les traces dans l’éventualité d’une mission indépendante qui serait en vue»,  affirme le porte-parole.

 

Des camerounais sacrifiés pour 1 milliard Fcfa

Plus encore, les matelots camerounais mettent à l’index la complicité des Cadres de la Caa et des autorités consulaires du Cameroun au Congo qui ont été impliqués dans la gestion de ce dossier. Et pour lequel, des dizaines de millions Fcfa ont déjà été consommés en guise de frais de mission pour se rendre à Pointe-Noire dans l’optique de résoudre ce que l’on qualifie dans les milieux économiques camerounais du plus grand scandale enregistré, dans le financement des Pme. Et dont Zogo Andela (et par ailleurs neveu de Paul Biya) est le principal accusé. C’est le cas Dieudonné Evou Mekou, Dg de la Caa (et par ailleurs neveu de Paul Biya), Nzeukou Jean-Claude, Conseiller technique n°1, Boniface Banamba, cadre, Guillaume Nseke, ex chargé d’affaire par intérim du Cameroun auprès de la République du Congo et Batha, premier secrétaire de l’Ambassade du Cameroun au Congo Brazzaville,

La dernière mission en octobre 2009, aurait consisté à faire démentir la vente de ces navires camerounais, ignorant royalement la situation des marins camerounais abandonnés depuis 2002 dans les conditions de misérabilisme ambiant. Obligés de se clochardiser et de se lancer dans la mendicité. Le collectif des marins a saisi le tribunal de commerce de Pointe-Noire aux fins de saisir de manière conservatoire des navires et cargaisons de la Sclm pour avoir à exécuter une décision de justice ordonnant le paiement de la somme de 201 653 729 Fcfa en principal au titre des arriérés de salaires et des congés dus par Congo Crus et la somme de 30 000 000 Fcfa à titre de frais, intérêts et dommages intérêts. Par la suite, Me Rosine Ntiette, avocats au barreau du Congo, et conseiller des marins camerounais avait obtenu de la justice congolaise en 2007 le rapatriement dans les conditions humaines de ces camerounais que l’Etat congolais qualifie d’indésirable. Le coût total de cette opération avait été évalué à 918 7146 667 Fcfa pour l’achat des billets d’avions et le règlement des arriérés de salaires. Quatre années  plus tard, les espoirs des marins camerounais de regagner le sol de leurs ancêtres et de rentrer dans leurs droits se sont à nouveau évanouis.

 

Un comité pour rien

En fin mai dernier, des sources introduites à la direction des affaires maritimes et des voies navigables révélaient que la résolution de ce dossier était imminente. Et confirmation nous a été donnée au premier ministère de l’accélération du dossier. En effet, nos sources soutenaient qu’un Comité interministériel chargé de la gestion du dossier des navires et marins camerounais au Congo, avait été mis sur pied par l’ex-premier ministre, Inoni Ephraïm par Arrêté n° 017/PM du 03 février 2005. « Art. 1 : Il est créé, pour compter de la date de signature du présent arrêté, auprès du Ministre chargé des finances, un Comité interministériel chargé du suivi et de la gestion de l’affaire des vingt (20) bateaux de pêche précédemment exploités par la Société Camerounaise de Leasing Maritime ci-après désigné « le Comité ». Art. 2 : Le Comité a pour mission d’étudier et de proposer au Gouvernement toutes mesures nécessaires à la récupération et au redéploiement des bateaux visés à l’article 1er ci-dessus. A ce titre, il est chargé de : - diligenter les procédures nécessaires à la récupération des bateaux et faire évaluer leur état ; - proposer toutes les mesures utiles en vue de la réhabilitation et du redéploiement desdits bateaux ; - suivre le contentieux né de la résiliation du contrat de rétrocession entre l’Etat du Cameroun et la Société Camerounaise de Leasing Maritime ; - proposer au Gouvernement toutes autres mesures nécessaires en vue de la résolution de cette affaire.»

Le Comité était présidé par le ministre des finances ou son représentant. Leur mandat était de six mois pour évaluer les moyens et procéder au rapatriement des marins camerounais empêtrés dans une situation sociale effroyable dont le gouvernement camerounais est à l’origine.  Comme tous les comités créés dans les mêmes circonstances, il a consisté à enterrer cette affaire. « Même l’actuel premier ministre  avait consacré un comité interministériel à la question en octobre dernier. L’efficacité des injonctions données et des recommandations prises sont restées un épée dans l’eau», conclut notre source.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

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