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Justice - Au tribunal
La première audience de la « nouvelle » affaire Titus Edzoa et ses coaccusés s’est ouverte hier au tribunal de grande instance du Mfoundi.
Il est un peu plus de dix heures hier mardi 27 octobre 2009, lorsque le collège de juges appelés à conduire les débats dans l’affaire Titus Edzoa fait son entrée dans la salle d’audience du tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé. A 10h12 mn, la présidente du tribunal procède à l’ouverture de l’audience. Au greffier incombe la tâche d’appeler les affaires. Une seule est inscrite au rôle et qui, par ailleurs, n’a pas été affichée. Il s’agit de l’affaire Ministère public et Etat du Cameroun contre Edzoa Titus, Abega Atangana Michel, Njiemoun Isaac et Mapouna. Tous les quatre, présents au box des accusés, sont poursuivis pour « coaction de détournement et de tentative de détournement de deniers publics, de coaction de corruption et trafic d’influence ». Des charges présentées à leur intention par le tribunal. Ces accusations (Cf. Le Messager n°2968 du Lundi 26 octobre 2009) sont formulées contre eux dans le cadre de la gestion, entre 1994 et 1997, du Comité de pilotage et de suivi du projet de construction des axes routiers Yaoundé – Kibri et Ayos – Bertoua, des fonds de l’organisation du 32e sommet de l’Organisation de l’unité africaine à Yaoundé, et de la signature du contrat d’extension de la Société nationale de raffinage.
Titus Edzoa comparait assisté de Mes André Bernard Ndem et Mballa Mballa « qui n’est pas encore là », au moment de l’identification. Michel Thierry Atangana a, entre autres, comme conseils, Me Rémy Baroux, avocat au barreau de Paris qui a élu domicile au Cameroun. Les avocats de Njiemoun et Mapouna « vont arriver d’un moment à l’autre », expliquent ces deux prévenus. Du côté du ministère public, l’on enregistre la présence de deux magistrats. Après identification des parties, le tribunal constate l’absence de quelques conseils de la défense. Suffisant pour motiver la suspension de cette audience d’après la présidente du tribunal. « Tous les conseils ne sont pas présents afin de permettre le bon déroulement de cette procédure », justifie-t-elle alors avant de suspendre l’audience qui va être reprise le 11 novembre 2009 à 9h pour « présence de tous les conseils et citation de l’Etat du Cameroun ».
Ambiance lourde
Afin de ne pas perturber le déroulement des autres affaires, « nous avons pensé prendre deux mercredis sur quatre », indique encore la présidente à l’intention des conseils. Ces derniers seront informés du chronogramme arrêté, précise-t-elle, avant de lever la séance. L’audience sera reprise dans deux semaines. Au total, l’on aura passé 10mn dans cette salle d’audience marquée par une forte présence de gendarmes. Une demi-douzaine de ces pandores a d’ailleurs escorté l’ancien Secrétaire général de la présence de la République vers un pick-up double cabine de marque Mitsubishi. Vêtu d’une chemise à fleurs verte, Titus Edzoa apparaît serein. L’homme s’est même permis un sourire voire, un rire une fois à bord de la voiture qui le conduit au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) où il séjourne depuis.
L’autre fait marquant au terme de cette audience est l’interdiction des interviews par un élément de la gendarmerie. Celui-ci identifiable à son uniforme a, à plusieurs reprises, ordonné aux journalistes présents de ranger leur matériel. Car « les interviews sont interdites. Pour toutes informations, rendez vous au cabinet du président », leur a-t-il fermement conseillé.
Nadège Christelle BOWA, article publié dans Le Messager