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Fraude sur les âges
Ils ont été interpellés samedi 25 avril 2009 au moment de prendre part au concours des gardiens de la paix. Ils sont en détention à la division de la police judiciaire du Littoral.
Le bureau du commissaire principal de police, Vincent Minkoa Nga, chef de la division régionale de la police judiciaire du Littoral (Drpjl), ne désemplissait pas dans la journée d’hier, lundi 27 avril 2009. Il en était de même du poste de police qui donne accès aux différentes cellules. Ces deux bureaux étaient en effet très sollicités par des membres de famille ou parents des vingt six jeunes gens (hommes et femmes) qui ont été interpellés samedi 25 avril 2009 alors qu’ils prenaient part aux épreuves écrites du concours pour le recrutement de 1 200 gardiens de la paix, dans la région du Littoral. Parmi les candidats interpellés figurent deux enfants de commissaires de police (l’un encore en service et l’autre décédé) ; des enfants de fonctionnaires dont celui de cette femme agent à la sous-préfecture de Nkongsamba Ier qui a fait le déplacement de Douala ; mais aussi, un repris de Justice, venant de Njombé-Penja. Cette traque visait à expurger du concours des candidats frauduleux, sur instruction du délégué régional à la Sûreté nationale pour le Littoral, le commissaire divisionnaire Joachim Mbida Nkili : notamment, les cas des candidats ayant usé de fausses identités ou ayant falsifié leur âge. C’est cette pêche qui a abouti à l’arrestation des ces vingt-six candidats.
Les fraudes sur les identités se sont avérées difficiles à réaliser car en lieu et place de la numérotation, la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn) a choisi de disposer les photos des candidats sur les tables-bancs. “Tous ceux qui voulaient venir composer à la place d’un autre candidat repartaient discrètement pour ne pas se faire prendre”, affirme un inspecteur de police. A contrario, les cas de falsification sur les âges étaient les plus nombreux. “Ce sont les candidats qui présentent physiquement des faciès plus vieux que l’âge requis, pourtant sur leur carte d’identité ils apparaissent plutôt très jeunes. Une disproportion qui saute aux yeux. C’est le cas d’une personne de 35 ans ou de 40 ans qui est détenteur d’une carte nationale d’identité de 20 ans”, confie un officier de police.
Yaoundé dénonce
Les interrogatoires menés par le chef Drpjl en personne, ont permis à la police de confondre certains tricheurs qui seraient passés aux aveux. La plupart ont été incapables de décliner leur cursus scolaire, alors que certains se retrouvaient avoir passé le Cepe, diplôme requis pour ce concours, à 6 ans. Mais des irréductibles ont soutenu mordicus avoir l’âge porté sur leur carte nationale d’identité. Pour ces cas, le chef Drpjl demande aux parents d’apporter les pièces justificatives : acte de naissance, diplôme,… “On peut avoir fait des erreurs d’appréciation. Car, il y a des jeunes ayant la morphologie des personnes d’un âge supérieur au leur ”, reconnaît une source policière. Si certains ont interprété cette sortie comme un appel à corruption, ils ont été vite désillusionnés car 48 heures après, aucun de ces candidats interpellés n’avait encore été relaxé, malgré les interventions et pressions venant de très haut.
On évoque le cas d’un commissaire en service qui serait intervenu pour la libération de son fils en signant l’engagement de le présenter à chaque fois qu’il sera convoqué, mais rien n’y a fait. Pour l’instant, on ne sait toujours pas le sort qui leur est réservé. On précise toutefois que le parquet pourrait demander leur déferrement. Le centre d’examen de Douala serait le seul au Cameroun où ces arrestations ont été opérées. Nos sources à la Division régionale de la police judiciaire du Centre font état de ce qu’aucune arrestation n’a été faite dans ce sens à Yaoundé. “ Aucune instruction n’ayant été donnée par la hiérarchie”, déclare-t-on. Les mêmes sources critiquent cette opération qui s’est faite sur la seule base des soupçons.
Par Mathieu Nathanaël NJOG, Article publié dans Le Messager du 28-04-2009