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Affaire Pad
Détournements des deniers publics
La phase des débats a été close hier mercredi 14 janvier après la dernière cross examination à laquelle a été soumis le commandant Maurice Teguel sur le vingtième et dernier chef d’accusation de ce dossier.
La Cour d’appel du Littoral statuant en matière d’audience criminelle a clos hier mardi 14 janvier 2009 les débats sur les vingt chefs d’accusation qui constituent le dossier du procès opposant le ministère public et le Port autonome de Douala (Pad) à Siyam Siwe et les treize autres coaccusés. Après quasiment onze mois de procès, «les débats sont clos et on peut passer à la phase des réquisitions du ministère public », déclare Jonas Kamtchouing, le président de la collégialité. C’est alors que le calme qui avait caractérisé les débats jusqu’ici s’estompe pour laisser place à une montée d’adrénaline. L’un des conseils de Simon Ewodo Noah, ex Dga prend la parole pour solliciter l’introduction des originaux des pièces qui ont disparu dans le dossier, pourtant introduites à l’audience du 13 août 2008. Ce qui est accordé. Siyam Siwe aussi se lève de son banc pour demander la parole, en vain. L’un des avocats généraux représentant le ministère public fait remarquer que ces pièces sont des photocopies non certifiées.
Ce qui sort Madame Ewodo Noah assise au fond de la salle en compagnie de son époux de ses gongs. Dans une fausse discrétion fait des grands signes et donne de la voix pour attirer l’attention des avocats de son époux. Elle leur demande vertement pourquoi ils n’ont pas versé les originaux au dossier. Ewodo Noah aussi entre dans la danse, l’un des deux avocats constituent pour sa défense se rapproche de lui et après des mots d’assurance, demande de se tranquilliser. Mais Madame ne l’entend pas de cette oreille, elle va porter la revendication de manière véhémente aussitôt l’audience levée. Mais avant, Me Betang, conseil de Mme Tchekang Sylviane épouse Ntchatcho aussi prendra la parole pour demande la correction du plumitif de l’audience du 26 août 2008 qui porterait des déclarations que sa cliente n’a pas faite ce jour-là. Ce à quoi s’opposent les avocats du Pad qui ont gain de cause.
Peur chez les prévenus
L’avocat général André Yandja, qui dirige la collégialité du ministère public prend finalement la parole pour présenter les réquisitions. Il demande le renvoie d’un mois pour «mieux préparer les réquisitions dans un style judiciaire approprié, qui devra être précis sur les détails des différents volets de ce procès dont les débats ont duré un peu plus de 10 mois». Le président de la collégialité le leur accorde et renvoie alors la prochaine audience pour le 17 février 2009 qui sera essentiellement consacrée à la présentation du réquisitoire du ministère public. C’est la grande expectative chez les quatorze intimés et leur famille. Parmi lesquels quatre comparaissent en détention à la suite de leur condamnation en grande instance. Il s’agit de Siyam Siwé (ex-Dg), 30 ans ; François Siewé Nitcheu (cadre 25 ans) ; Etondé Ekoto (ex-Pca), 15 ans ; Simon Ewodo Noah (ex-Dga), 10 ans. Neuf autres comparaissent libres, c’est le cas du Commandant de l’armée de terre Maurice Teguel, actionnaire de la société Getrau ; Me Etienne Abessolo avocat ; les cardes du Pad : Jean Paul Nouga Wensitcheu; Mme Tchekang Sylviane épouse Ntchatcho; Martin Dingana; Babila Tita; Samson Mba Tsang Asa’ana et François Martin Théodore Zibi. Un seul n’a toujours pas comparu M. Kamdem qui est aussitôt allé en exil après qu’il ait été disculpé par le premier juge.
On sait que dans cette procédure en appel, le ministère public avait fait appel parce que pas satisfait des condamnations et des dommages infligés pour les chefs d’accusation où les prévenus ont été reconnus coupables. Et de la disculpation des prévenus dans d’autres chefs d’accusation. Il va donc de soit que dans leurs réquisitions à venir, le ministère public demandera d’alourdir les peines de ceux déjà en détention et l’inculpation de certains des prévenus en liberté. Avant que les avocats des accusés ne reviennent plus tard à la charge dans leurs plaidoiries.
Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager