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Affaire Pad
La gestion financière de Siyam au scanner. La division des affaires administratives et financières a mis à l’index pour complicité de détournement.
Martin Zibi, divisionnaire des affaires administratives et financières (Daaf) et Mme Tchatchou née Tchekam Cylviane, directrice financière avant d’être nommé chef de cabinet du l’ex-directeur général ont été à nouveau rappelés au box pour subir l’interrogation (examination in chief) et contre interrogation (la cross examination) sur la gestion financière de Siyam Siwe du temps où il était directeur général du Port autonome de Douala (Pad). Ils sont appelés avec tous les autres responsables de la Daaf de répondre des accusations de détournements en complicité avec le directeur général (Dg) et le directeur général adjoint (Dga) de la somme de 950.094.485 francs Cfa à travers une « fictive » caisse de mission, les dotations, les appuis et les contributions divers, tout en usant de l’infraction de dissimulation des pièces comptables. L’audience d’hier a été renvoyée pour les 26, 27 et 28 août alors que Mme Tchatchou née Tchekam Cylviane était appelée au box des témoins. Le président de la collégialité a décidé de porter le nombre de jours des audiences à trois pour accélérer la procédure qui tire allégrement vers son dénouement.
Le ministère public n’avait pas apprécié la décision du premier juge, tout comme les autres parties prenantes au procès. Tous avaient alors fait appel. Le Ministère public dans son appel entend obtenir l’alourdissement des condamnations pour les quatre accusés condamnés au Tgi. Mais aussi rattraper certains des accusés qui ont été acquittés par le premier juge. Notamment les responsables de la « superpuissante » division des affaires administratives et financières (Daf) et les quatre directions opérationnelles qui étaient placées sous son autorité.
Ewodo Noah parle enfin !
Les audiences du 12 et 13 août 2008 ont permis de soumettre à Martin Zibi, le Daaf qui comparait libre sous l’interrogatoire musclé du ministère public. La collégialité des deux avocats généraux qui occupaient le banc du ministère public n’a pas caché leur détermination à vouloir l’inculper. Ils l’ont chargé sur les décaissements faites disent-ils sans justificatifs, la dissimulations des demandes de paiement et le processus vicié des décaissements qui s’appuyait sur une règle statutaire qui favorisait des distractions. C’est le cas du principe encore en vigueur qui veut que la simple demande accréditive vaille jusqu’à ce jour justificatif. Il a opposé à toutes ses accusations des réponses soutenues que les jurées apprécieront. Seule fausse note, l’absence constatée depuis du sieur Kamdem qui occupait le poste de directeur financier et comptable. Il se susurre que depuis son acquittement au Tgi, il se serait aussitôt exil au Canada pour des raisons non élucidées.
Bien avant, le directeur général adjoint Simon Pierre Ewodo Noah avait achevé avec une interrogation et contre interrogation démarrées depuis la veille. En acceptant de parler sous serment, il a fait une volte-face qui n’est pas passée inaperçue. On se souvient que pendant les douze mois qu’avait duré le procès en grande instance, il avait opté pour le silence comme mode de défense. Ce qui ne l’avait pas servi puisqu’il avait écopé de 10 ans de prison. Cette fois, il a essayé de prouver que les décaissements dont il avait bénéficié ont été en partie justifiés et que celles qui ne l’ont pas été d’un montant de 16.607.113 francs Cfa avaient obtenu du directeur général, Etoundi Oyono Emmanuel d’être remboursé sur une retenue sur salaire.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 14-08-208