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Une université pour résoudre quel problème ?

Maroua…

 

La création d’une université à Maroua est-elle une réponse aux problèmes des universités camerounaises aujourd’hui ? Voilà l’une des questions qui traversent l’esprit de la communauté universitaire au moment où la septième université d’Etat sort des fonts baptismaux. Pour répondre à cette question, il semble nécessaire de revisiter les problèmes généralement posés par les étudiants, surtout l’Addec, et les syndicats de l’enseignement supérieur. La dernière action bruyante de l’Association de défense des droits des étudiant est probablement la plainte introduite en justice contre le directeur de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication. Cette plainte posait le problème des frais très élevés (600.000 Fcfa) de certaines filières de formation dites professionnalisantes. Au-delà des frais de scolarité, le déficit infrastructurel, le manque de laboratoire et de bibliothèque de haut niveau, la carence d’enseignants, le défaut de programmes qui répondent effectivement aux besoins du marché de l’emploi, etc. sont des maux généralement portées à la connaissance des pouvoirs publics.

Sur ces questions, les textes du président de la République n’apportent pas de réponses précises. Au sujet des frais académiques, le décret organisant l’Université de Maroua indique qu’ils seront fixés par un texte particulier. Quant aux infrastructures, l’Université de Maroua démarre sur les chapeaux de roues, sans structures propres. Les laboratoires, bibliothèques et autres enseignants ne sont pas encore des acquis. De prime abord donc, la création de l’Université de Maroua n’est pas une solution immédiate aux problèmes qui se posent actuellement aux universités d’Etat. En revanche, elle constitue désormais un frein à l’engorgement des six universités d’Etat qui existaient déjà. Il s’agit aussi d’une opportunité d’emploi pour des centaines de jeunes qui vont y être recrutés, ou alors pour ceux qui y seront formés.

A la différence des autres qui avaient été bâties autour des centres universitaires préexistants, l’Université de Maroua sort ainsi de terre, on dirait ex-nihilo. Il lui faudra probablement plus de temps que les autres pour prendre effectivement forme et constituer une solution, même partielle, à la décongestion des institutions qui, aujourd’hui, concentrent chacune 30 à 50.000 étudiants, parfois dans un même campus !

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager du 12-08-2008

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