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Enseignement supérieur - Le contexte
La création de l’université de Maroua est une diversement appréciée dans la communauté universitaire. Pourtant c’est la jubilation chez les populations bénéficiaires.
A deux mois de la rentrée universitaire d’octobre prochain, plusieurs universitaires s’interrogent sur l’opportunité de la création de l’université de Maroua. Surtout de l’urgence de la rendre aussitôt fonctionnelle. Car des sept universités d’Etat que compte désormais le Cameroun, cette dernière fille du renouveau est la seule qui est créée de manière ex-nihilo. Les autres sont issues de la reforme universitaire du 19 janviers 1993. Cette reforme avait conduit à l’éclatement de l’université de Yaoundé I pour donner naissance à l’université de Yaoundé II, et transformer les centres universitaires qui avaient des vocations précises pour leur donner un spectre plus large. Ainsi l’université de Buea maintient sa vocation anglo-saxonne ; celle de Douala sa vocation économique ; celle de Dschang sa vocation agronomique ; et celle de Ngaoundéré sa vocation agro-industrielle.
Pour Maroua, officiellement on parle d’une vocation « scientifique et culturelle ». Jacques Famé Ndongo rassure qu’elle répondra à la trilogie de l’université : « L’enseignement, la recherche et l’appui au développement ». D’autant plus que son école normale va aller au-delà de celle de Yaoundé en formant en plus des professeurs de écoles d’instituteurs,... Pendant ce temps, l’université en elle-même offrira les formations professionnelles soutenues par un département des arts et métiers liés à l’énergie solaire, la géophysique, la tannerie, l’industrie du lait et la climatologie pour ne citer ceux-là. En outres, il y aura les études classiques « approfondies » à l’instar du département des langues où on enseignera en plus des langues officielles, le chinois, le portugais, l’arabe et l’italien. Ce qui pourra lui conférer une vocation « internationale ».
Pour quelle solution ?
Des arguments du ministre de l’enseignement supérieur qui ne semblent pas convaincre certains universitaires. « Cette université vient résoudre quel problème ? », s’interroge un enseignant. Un autre de faire remarquer que «l’université est un moyen de développement et devait avoir une mission spécifique ». Il en ressort que la création de l’université à Maroua n’a rien de mal. Mais ce qui intrigue le plus, c’est le fait d’en faire une université comme les autres. « Le système universitaire devrait permettre à ce que si on bascule d’une université à une autre, on retrouve de la complémentarité et la cohérence. Or, si on fait les mêmes choses, c’est que cela ne solutionne aucun problème de développement », soutient un enseignant. Parce qu’elle n’apporte aucune valeur ajoutée.
A cela s’ajoute la précipitation politique qui accompagne sa mise en fonction. Pourtant elle ne possède aucune infrastructure et par ricochet aucun matériel didactique, tels que les laboratoires dont on connaît la primauté dans l’enseignement universitaire. Les perspectives sont portées à 2012. Pis encore, les dirigeants ne sont pas encore nommés mettre en application cette volonté politique. Les enseignants aussi ne sont pas encore recrutés, et il va se poser le problème de trouver les enseignants qualifiés dans les différences spécialités. Des problèmes que connaissent les facultés créées l’année dernière dans les universités de Douala, Buea et Dschang. En réplique aux affectations que le ministre annonce, les enseignants entendent déjà s’y opposer. Le cas de jurisprudence du Pr. Maurice Kamto qui avait gagné un procès pour s’opposer à une affection comme vice-doyen à Ngaoundéré est relevée.
Mathieu Nathanaël NJOG