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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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La grande muette ou la grande bavarde...

Cameroun :

Contre toute attente, c'est le général René Claude Meka qui, en premier, a rendu compte, à l'opinion nationale et internationale, des récents événements de Bakassi.

La cour du roi Pétaud " : voilà ce qu'est en train de devenir la République du Cameroun en cette fin de règne du renouveau. Un pays où n'importe qui se mêle de n'importe quoi, sans s'en référer à personne, tel que ça se passait sous ce roi de France bien connu, le roi Pétaud (en vérité il n'a jamais existé, mais c'est une expression de la langue française pour décrire la pagaille). Où a-t-on jamais vu, un soldat, fut-il général et chef d'état-major des armées, rendre compte au public, en lieu et place du gouvernement, d'événements qui engagent un pays entier ? Même dans les régimes militaires, cela ne se produit pas. C'est peut être en temps de guerre que l'on peut, peut-être, admettre cela.

 

Et même...  En tout cas, au Cameroun, cela se produit, sans que nul ne s'en offusque. Etant donné cela, il ne reste plus qu'une chose, fermer, carrément, le ministère de la communication, et le transformer en un service du ministère de la défense, ou plus exactement, de l'état-major des armées, René Claude Meka ayant brûlé la politesse jusqu'à son patron direct le ministre de la défense.

 

Militarisation du Renouveau?

Cette irruption d'un soldat dans la vie politique camerounaise, nous ramène à la polémique latente qui se déroule au Cameroun, sur la place et le rôle de l'armée nationale dans notre pays. Paul Biya s'en est, dès les premières menaces subies par son régime et en provenance de la population, servie. Tout au long de l'année 1991, l'armée s'était substituée à la police pour " rétablir l'ordre ", mission principale de la police.

 

 Il s'est basé sur une définition pernicieuse, en tout cas valable uniquement en régime despotique, à savoir, la graduation des hommes en armes au Cameroun, en " force de première catégorie ", la police, " force de deuxième catégorie ", la gendarmerie, " force de troisième catégorie ", l'armée. A vrai dire, il n'existe pas de catégories dans les forces. Chacune a sa mission, qui en fait sa raison d'être. A la police, le maintien de l'ordre en zone urbaine. A la gendarmerie, le maintien de l'ordre en zone rurale. Et à l'armée, la protection des frontières nationales, que celles-ci soient terrestres, maritimes, ou aériennes. Mais, au Cameroun on a tout mélangé. Notre armée, dès le début de l'indépendance, a été utilisée pour consolider le régime en place.

 

Le régime d'Ahmadou Ahidjo, rejeté par la population, n'a pu se maintenir que par l'intervention de l'armée, qui s'est ainsi transformée en armée de guerre civile. Les nombreux généraux que compte le Cameroun à ce jour, ont été ainsi les complices de la dictature qu'a instaurée Ahmadou Ahidjo, dans notre pays, de 1958 à 1982. Ils ont participé à toutes les campagnes militaires, non pas contre quelque invasion extérieure que ce soit, mais, bel et bien contre les Camerounais, c'està- dire leurs propres compatriotes. Et la police, pour sa part, s'est transformée en officine politique qui ne s'occupait plus, uniquement, du maintient de l'ordre, mais, bel et bien, de traquer les opposants politiques, jusqu'au-delà des frontières nationales.

 

 Avec l'avènement du régime du renouveau, nombreux avaient été les Camerounais qui avaient pensé que les choses rentreraient dans l'ordre. Que non. C'est la continuité qui a plutôt prévalu. Donc, 1991, l'armée est dans les rues du Cameroun pour sauver le régime du renouveau. Quelques années plus tard, elle est de nouveau déployée contre les Camerounais, pour combattre le grand banditisme au Cameroun. Ce fut la sinistre affaire des disparus de Bepanda. Comment cela aurait-il pu se terminer autrement, dès lors que les militaires sont de parfaits ignorants en manière de maintien de l'ordre ? Ils sont formés à manipuler la grenade offensive et défensive, et  aucunement la grenade lacrymogène. Bilan : 9 disparus ! Tout dernièrement, encore, au mois de février 2008, face à des enfants sans armes, les soldats et les chars ont, de nouveau, été déployés dans les rues du Cameroun.

 

Bilan: plusieurs dizaines de morts. Pis encore, qui pourra jamais nous dire combien de manifestants sont-ils tombés dans les eaux du Wouri, à Douala, ce fameux jour où ceux-ci avaient été pris en tenailles par la troupe ?

 

Jean Pierre Biyiti Bi Essam muet devant la grande muette

D'ordinaire, l'armée est qualifiée de "grande muette ", pour une simple raison, il ne lui appartient pas de fourrer son nez dans les affaires politiques. Bien mieux, elle est située au-dessous de l'administration civile. C'est  pourquoi, le dernier des chefs de district est le patron du plus gradé des généraux qui se trouve dans son unité de commandement. Il lui donne des ordres, et celui-ci se met au garde-à-vous devant lui, en claquant les talons. De même, c'est pour cette raison que les soldats, quel que soit leur grade, défilent devant les civils, lors des fêtes nationales. D'où vient donc qu'un soldat se mette à rendre des comptes à la nation d'événements qui se sont déroulés à la frontière ? Que restera-til, au ministre de la communication, à faire ? Répéter ce que le soldat a déclaré, ou alors la boucler ? Dans le cas d'espèce, on se rend bien compte qu'il l'a plutôt bouclée.

Et c'est bien dommage. Surtout qu'il a quelques temps avant, intimé l'ordre aux journalistes de ne pas parler des affaires de l'armée: la grande muette?

 

© La Cité : Pauline Biyong&

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