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Njombé/Penja
La suspension a expiré le 29 mai 2008. Le magistrat municipal retrouvera-t-il son poste ou sera-t-il révoqué ?
Le maire Kingue sous le menace de la révocation
Hier jeudi 29 mai 2008, cela a fait trois mois que le ministre de l’administration territorial et de la décentralisation a suspendu Paul Eric Kingue de ses fonctions de maire de Njombe-Penja. Conformément à la loi, la vacance d’un maire ne peut excéder trois mois. Délai au terme duquel le Président de la république est habilité a signé sa révocation. Qu’en sera-t-il donc dans les jours à venir ? La clôture de l’information judiciaire des deux plaintes qui valent au maire Kingué son incarcération reste encore la seule issue probable à cette entourloupette. Puisqu’il revient au juge d’instruction de décider à terme de le traduire devant la barre ou de déclarer le non lieu.
Initialement prévue le vendredi 16 mai 2008, l’information judiciaire de Paul Eric Kingue concernant le dossier sur le détournement de dernier public et faux en écriture privée a été clôturée le mercredi 21 mai par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Nkongsamba. Assisté de deux de ses conseils, le maire Kingue a été auditionné sans incident, malgré la forte mobilisation des populations de Penja acquises à sa cause et qui ont assiégé l’esplanade du tribunal. « Il a répondu minutieusement aux questions et plaidé non coupable », affirme Me Réné Manfo, son conseil.
A en croire ses avocats, ils ont confondu ses adversaires en produisant comme preuves de son innocence, les originaux des documents qui ont permis de révéler le faux établi par ses adversaires pour l’incriminer. Il s’agit pour l’accusation de détournement de derniers publics, de la décision N°25 l’autorisant de débloquer la somme de 1,5 millions de Fcfa relatif à l’organisation matériel de la cérémonie d’installation de l’exécutif et des conseillers municipaux qui a eu lieu le 25 septembre 2007. Une somme perçue par le prestataire Nguimfack Charles comme l’indique le document. «Nous sommes étonnés que l’on dise aujourd’hui que cet argent qui a été directement remis au mandant ait été détourné par le maire. Ce serait encore possible si la cérémonie n’avait pas eu lieu », déclare ses conseils.
Confrontation des éléments de preuves
Sur l’accusation de faux en écriture privée, notamment en ce qui concerne la signature du préfet du Moungo, il s’agit du document municipal N°27 portant recrutement à titre temporaire de quatorze jeunes pour un salaire mensuel de 25.000 Fcfa allant de la période du 22 octobre au 31 décembre 2007. Or, le document attaqué porte le N° 28 pour le même libellé et concerne le recrutement de onze jeunes pour la durée du 21 août au 31 décembre 2007. Plus encore, il porte des cachets ovalisés. Toute chose qui rend Me Manfo confiant quant à la suite du dossier. «La cause de mon client reste bien défendable. D’ailleurs nous attendons toujours le document original argué de faux et les preuves du détournement allégué », conclut-il.
Si les conseils du maire Kingue affiche un certain optimisme quant à la précédente plainte, il reste la plainte de pillage en bande. On apprend que l’information judiciaire est close depuis le vendredi 9 mai et communiqué au parquet. Les organisations des droits de l’homme qui s’intéressent à cette affaire s’étonnent qu’une fois de plus le code de procédure pénale soit violé. « Puisque le parquet n’a que cinq jours pour retourner le dossier assorti de son réquisitoire définitif, ce qu’il n’aurait toujours pas fait pour qu’on fixe le maire et les vingt autres personnes arrêtées dans cette affaire sur leur inculpation ou nom », lance un juriste de l’Acat. L’embarras du parquet viendrait du fait que le dernier témoin à charge, le nommé Ambomo Guy Modeste, tête de file des casseurs, qui est aussi arrêté dans le cadre des émeutes de la dernière semaine de février 2008 à Penja se serait dédié. Il aurait renié les déclarations faite à la brigade. En effet, il ne reconnaît plus avoir été commandité par le maire Kingué. « Je suis choqué du fait qu’étant passé aux aveux et ayant cité nommément les gens pour qui je cassais, ils sont entendus en mon absence », déclarait-il mercredi dernier au hall du Tgi.
Mathieu Nathanaël NJOG