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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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Que pensez-vous du discours du Mouvement J’OSE lors du coup d’Etat manqué du 6 avril 1984 au regard des procédures judiciaires ouvertes contre certains prévaricateurs?

Vox pop

Anicet Ekani, président du Manidem

Il n’y avait pas que le Mouvement J'OSE qui en parlait. Paul Biya est dans la continuation du régime d’Ahidjo. C’est ce dernier qui a nommé Paul Biya. Il y a eu des gabegies et des détournements de fonds publics sous Ahidjo. Peut-être ils n’avaient pas pris une ampleur parce que le pays a sombré dans la crise économique et obligé le Cameroun de se mettre sous les ajustements structurels. Ce qui a réorienté les fonctionnaires dans une course effrénée dans un enrichissement illicite.

A partir du moment où Paul Biya n’a pas voulu s’appuyer sur l’ensemble des Camerounais d’autant plus que pour contourner la nomenclature des anciens de son prédécesseur, il a tenté de se replier sur des personnes recrutées autour de sa région. On est alors entré dans un régime de petits copains et de coquins. C’est dire si c’était tout à fait prévisible.

Dans l’ensemble, il faut dire que “ l’Opération Epervier ” sert au régime de se maintenir. La pression des Camerounais du fait de la vie chère, qui ne voient pas leurs aspirations prises en compte, pousse le président de la République à se maintenir au pouvoir en arrêtant des bandits de grand chemin qui volent l’argent de l’Etat. Mais qui a nommé tout ces gens là et qui les a laissés s’enrichir illicitement ? Comme dans un film Western, les bandits commencent à être arrêtés par le chef bandit et la situation se dégrade. La situation se termine soit par l’extermination des bandits soit par l’attaque du chef bandit.

 

Achille Kotto, membre de la société civile

A cette époque je ne sais pas si le Mouve-ment J’OSE était conscient de ce qu’il disait. Cela peut être le hasard ou une vision qui permette qu’on en arrive là aujourd’hui. Mieux un constat tel que nous le faisons aussi en ce moment. Une chose est sûre, il y avait une volonté au départ. Car dans les années 86 et 87, il y a eu des arrestations simplement sur les signes extérieurs de richesse que laissaient entrevoir certaines personnes. Pourquoi n’a-t-il pas continué ? Tout simplement parce que le système ne le permettait plus. Aujourd’hui ce que nous observons est le fruit de la pression internationale.

La rigueur et la moralisation qui étaient le système mis en place par le président de la République ont malheureusement failli. Dès l’instant où on achète les consciences, on trafique les élections, et qu’on trouve les personnes pour réaliser ces sales besognes, on entretient une corruption morale. Dans ce contexte, le chef est incapable d’agir parce que son propre système ne permet plus de revenir en arrière. Il est difficile de scier la branche sur laquelle l’on est assis. Les statistiques révèlent que 95% des auteurs des détournements de fonds publics sont les fonctionnaires. Et parce que les horaires de travail camerounais y contribuent.

 

Kabang Walla, candidat Sdf à la députation

Le système Biya est la continuation du système Ahidjo. Monsieur Biya lui-même est un pur produit du système Ahidjo. Aujourd’hui au Cameroun nous avons besoin d’une véritable révolution pour changer ce système avec lequel cette pourriture de la société est arrivée. Car ce système est lui-même la continuité du système colonial. On n’a pas eu un moment de rupture avec ce que les colons nous ont laissé pour créer et inventer un système de gouvernance au service des Camerounais et pas d’une minorité.

Les personnes arrêtées ont certainement une grande visibilité, mais je pense qu’en tant que Camerounaise, je suis prudente. Car, arrêté quelqu’un qui était pendant des années ministre des Finances et qu’on l’arrête pour un motif qui date de près de dix ans lorsqu’il était directeur des Impôts, on a lieu de se poser des questions. Il faut se demander s’il a fallu tout ce temps pour que les services compétents se rendent compte de cette infraction. On ne voit pas encore mené une véritable lutte contre la corruption qui arrête des personnes coupables de manière systématique. On se demande alors si ce sont des arrestations politiques ou pour combattre la prévarication. Pis encore lorsque nous reconnaissons 1000 voleurs et qu’on en arrête que deux, personnellement je ne suis pas impressionnée. 

 

Par Propos recueillis par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager du 08-04-2008

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