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Des fous contre la modification de la Constitution

Bamenda


Au moins deux incidents ont failli perturber la fête de la jeunesse à Bamenda le 11 février dernier. Neuf heures trente. Un conducteur de moto taxi, transportant un de ses compères, passe en flèche à la place des fêtes sise à l’avenue commerciale. Ce dernier crie à tue-tête : “ Que faites-vous dans notre pays ? ” L’on comprend qu’il s’agit d’un message type Scnc qui revendique un certain droit à l’autodétermination. Les membres de ce mouvement estiment que les autorités qui président le défilé à Bamenda n’appartiennent pas au Southern Cameroons mais à la République du Cameroun qu’ils accusent d’avoir simplement annexé leur territoire. Au moment où le motocycliste fait sa parade, le gouverneur et tout son protocole, sous le mât du drapeau, exécutent l’hymne national.
Le deuxième incident est survenu un peu plus tôt lorsqu’un “déréglé mental”, pancarte recouvert du drapeau national à la main, force son passage dans la foule. À quelques mètres de la tribune, il déballe la pancarte, laissant entrevoir des écrits divers, mais tous relatifs à la révision constitutionnelle. On peut notamment y lire : “ Non à la modification de la Constitution ” ; “ Cette modification va provoquer l’effusion de sang ” ; “ Je suis le messie qui va remplacer Paul Biya en 2011”. Il est immédiatement maîtrisé par la police. Et la pancarte détruite illico. Non loin de là, deux individus – comme programmés – ventilent des tracts. Pendant que les gens se bousculent pour les ramasser, les bonshommes disparaissent. La police se contente de récupérer les tracts. Le message va également à l’encontre de la modification de l’art 6.2 de la loi fondamentale portant sur la limitation des mandats présidentiels à deux.
Un autre tract distribué par la Coalition des vrais partis et organisations de l’opposition (The Coalition of Real Opposition Parties and Associations in Cameroon), ce même 11 février, appelle à la ville morte vendredi 15 février. Cette manifestation, précise le tract, est un ras-le-bol contre l’inflation galopante des produits sur nos marchés. Au-delà de cette cherté de la vie, les rédacteurs du document non signé s’insurgent contre la révision de la Constitution telle que envisagée par le Rdpc au pouvoir.
 

Par Donat SUFFO
Le Messager du 14-02-2008


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